Graphibus Le spécialiste de la communication dans les transports cultive l’art de travailler en famille. Après la reprise de l’entreprise par Karen en 2010, c’est désormais Christelle, sa sœur aînée, qui rentre d’Allemagne pour prendre la direction artistique de la société. Dans la famille Forget, Jacques reste cependant présent. En tant que président du conseil de surveillance, son regard vient toujours compléter celui de ses filles.
Dans la plupart des secteurs économiques, il existe des sagas familiales qui vont de pair avec l’évolution du métier. La famille Forget, à l’origine et toujours aux commandes de Graphibus, est de celles qui marquent le transport de voyageurs. En 2010, le créateur de l’entreprise, Jacques Forget, cède officiellement la place à sa fille Karen qui prend la présidence du directoire. En juillet dernier, sa sœur Christelle, en charge de la clientèle allemande de l’entreprise à Francfort, revient à Nantes et prend en charge la direction artistique. « Il n’y a pas, avec son arrivée, de changements fondamentaux dans la structure de direction et de fonctionnement de Graphibus, explique Karen, mais la venue de Christelle nous apporte un regard neuf, celui d’une femme, et une véritable complémentarité. »
Cette arrivée n’est pas la seule. L’équipe technique a elle aussi été étoffée avec l’arrivée d’un nouveau responsable d’atelier en la personne de Lionel Houtin, ce qui porte l’effectif de Graphibus à 43 personnes.
Autre événement important en cette année 2014, la double certification de l’entreprise. Si la clientèle habituelle des opérateurs de transport et des autorités organisatrices de mobilité connaît déjà ISO 9001, peu d’entre elles savent que Graphibus est désormais certifié EN 9100 pour l’aéronautique. « Les techniques que nous maîtrisons pour l’avion nous permettent d’innover dans les domaines du rail et des autocars et autobus », précise Karen Forget. « Les contraintes technologiques et qualitatives étant ce qu’elles sont dans l’univers aérien, l’expérience acquise nous permet de fournir aux autres secteurs des réponses de haute qualité, esthétiques et durables, tout en restant très compétitifs. Notre credo reste toujours le même: la qualité à moindre coût. »
L’offre de Graphibus portant depuis longtemps sur l’ensemble de la communication des entreprises (en résumé: du papier à lettre à la découpe des véhicules), la société s’est aussi dotée de sa propre cellule de photogravure pour conserver une unité dans les couleurs sur l’ensemble des supports concernés. « L’important pour nous, explique Christelle, consiste à maîtriser la chaîne technique de A jusqu’à Z. »
La clientèle historique de Graphibus, les autocaristes, représente 55 % de son activité
Dans le contexte économique difficile qui est aujourd’hui celui du secteur, l’offre de communication est-elle toujours perçue par les entreprises comme un élément essentiel à leur développement? « Le marché est en effet tendu, explique Christelle, il nous faut donc être tout à la fois créatifs, efficaces, économes et facilement reproductibles, en résumé, aller droit à l’essentiel. Cependant, faire simple est toujours compliqué, c’est pourquoi nous refusons de travailler au coup par coup. Les créations doivent être là pour durer, à la fois techniquement et en termes d’image. »
Si l’activité de Graphibus fait preuve d’une stabilité remarquable sur ses derniers exercices, les demandes de la clientèle évoluent nettement. « La communication digitale prend une importance grandissante, concède Karen, et même si nous n’avons pas de développeur en interne et concentrons notre action sur les aspects graphiques, nous sommes de plus en plus consultés dans ce domaine. »
Dans un autre registre, la certification ISO 9001 devrait logiquement lui ouvrir les portes des grands donneurs d’ordres. L’entreprise a par exemple remporté récemment le marché du déploiement de la marque Transdev en matière de signalétique sur les bâtiments, « un gros marché qui court sur 2014 et 2015 ». Preuve que la famille Forget sait trouver de nouvelles cordes à son art.
Contre 35 % pour les transports publics et 10 % pour l’aéronautique, pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros sur l’exercice 2014, stable par rapport aux années précédentes.
