Mercedes-Benz Intouro Écolier M Immatriculé à plus de 500 exemplaires en 2013, l’Intouro Écolier fait sa rentrée en Euro VI.
Les quelques nouveautés apportées à la version scolaire continuent de placer l’Intouro au cœur du marché en France. Raison de plus pour réaliser le premier essai Bus & Car de ce best-seller de Mercedes-Benz.
C’était la rentrée des classes, et les autocars n’ont pas échappé à la règle. Pour Mercedes-Benz, son meilleur élève reste bien entendu l’Intouro, développé avec une motorisation Euro VI pour la rentrée 2014. Avec 500 à 600 exemplaires sur les 920 Intouro immatriculés en 2013, la version scolaire de l’Intouro, baptisée Écolier, se classe 2e du marché devant le Crossway d’Iveco Bus. C’est l’un des atouts majeurs de Daimler en France sur ce marché à forts volumes. Une pièce centrale du catalogue que Mercedes-Benz continue de faire évoluer, contribuant à le rendre incontournable. Lancement en 2006-2007 et production dans l’usine d’Hösdere en Turquie, la success-story de l’Intouro en France est connue: 4 500 des 6 000 Intouro sortis de l’usine Mercedes-Benz ont trouvé preneur en France (à octobre 2013).
L’Intouro a tout d’abord été reconfiguré sur son choix de longueur et de capacité. Pour profiter des développements des Intouro Euro VI fin 2012, la gamme a été réorganisée autour de trois longueurs (12,14 m, remplacement du 12,98 m par les 12,64 m et création du 13,32 m) et de deux séries d’équipement (Écolier pour le scolaire et Optimum pour l’interurbain et la ligne). Une maxi-capacité de 63 places s’est ajoutée au catalogue avec la version de 13,32 m de longueur, appelée Intouro L. L’aspect extérieur de l’Intouro, à part ses longueurs, ne connaît pas de révolutions. On remarquera les deux grilles de ventilations taillées dans le hayon arrière. Elles sont rendues nécessaires pour l’Euro VI, même si la grille de gauche n’a qu’un rôle esthétique. Toujours à l’arrière, les blocs optiques du Tourismo ont été intégrés à l’Intouro, donnant plus de hauteur aux feux de stop et de recul. On le voit, l’aspect extérieur de l’Intouro reste donc identique, sa ligne conserve ses qualités passe-partout de fluidité et il ne fait pas son âge.
Avec 59 places en version M de 12,64 m, l’Intouro prévoit la possibilité d’un espace UFR, soit en retirant le podest amovible au centre, soit en installant 4 assises rabattables, un aménagement classique. Possible également, la pose d’un élévateur au niveau de la double porte centrale, installé à la livraison ou en prédispo. À bord, les nouveautés sont plus nombreuses avec l’ajout de l’ESP de série (obligatoire à compter d’octobre 2014) et la révision du poste de conduite (position relevée de 60 mm, passage de l’écran de contrôle en couleur). On notera aussi une commande de boîte raccourcie et intégrée au cockpit façon joystick. Cela donne un aspect plus soigné et moins poids lourd, comparé au levier de vitesse apparent et courant jusqu’au plancher. De même, on n’oubliera pas, bien entendu, le nouveau moteur Euro VI, l’OM 936, proposé en deux puissances (299 ch et 354 ch). Enfin, en plus de la boîte mécanique GO-190, de la robotisée GO-250 8 et de l’automatique ZF Ecolife, un autre choix d’automatique est possible avec la Diwa.6 de Voith.
Nous avons pu essayer un Intouro M Écolier, représentatif du marché français pour le scolaire avec sa longueur de 12,64 m, ses équipements (pneus Michelin, double porte au milieu, boîte manuelle, ceinture deux points, sans climatisation). L’installation de baies ouvrantes sur une partie, ou sur toute la longueur comme ici, permet de compenser l’absence de climatisation. Les sièges modèle Interstar Eco, reconnaissables à leur dossier conique, sont standards, tout comme les rideaux (mais pas les tapis de sol du véhicule de l’essai). À noter que les éthylotests sont posés à bord par Evobus France. Cependant, notre Intouro Écolier M n’en avait pas.
L’Intouro se fond dans la circulation, quelles que soient les routes. Il l’a démontré sur ce parcours qui combinait autoroutes et départementales. S’il fête ses 7 ans, il conserve une ligne agréable et fluide. Sa couleur du jour, “mer de glace métallisée”, lui a de surcroît apporté une touche encore plus ligne ou tourisme.
Mercedes-Benz revendique le meilleur rayon de braquage avec 9 092 mm (entre trottoirs) pour le véhicule de l’essai. En effet, les nouvelles longueurs introduites sur l’Intouro n’ont eu aucun impact sur ses capacités, le constructeur ayant travaillé à partir de l’empattement. Fluide et sans à-coups, la tenue de route profite de l’association entre un moteur à l’aise sur ses 354 ch et sa boîte qui, bien que manuelle, se fait oublier. Le moteur reste discret, y compris pour les passagers de la dernière rangée, même si, lors des démarrages, il se fait plus rugueux à l’oreille. On appréciera les porte-bagages ajourés pour éviter les oublis de sacs au moment du départ vers l’école.
Testé sur un parcours habituellement réservé aux cars de tourisme, l’Intouro Écolier M s’est montré à l’aise sur les différents tronçons de l’itinéraire de 215 km, avec un lestage de 86,3 % de son PTAC de 19 t. Côté consommation, la mesure par débitmètre affiche une moyenne de 22,25 l/100 km.
Dans le détail, on s’aperçoit que l’Intouro scolaire est plus à l’aise dans un parcours interurbain avec 22,91 l/100 km sur la deuxième partie de l’essai, il atteint même la valeur minimale de 20,49 l/100 km sur la dernière partie, plus urbaine. À l’inverse, sa valeur maximale est réalisée sur autoroute avec 23,18 l/100 km. De quoi confirmer sa réputation d’autocar polyvalent.
– Longueur/largeur/hauteur
12,64/2,55/3,35 m.
– Moteur
Mercedes-Benz OM 936 Euro VI développant 354 ch (version à 299 ch disponible).
– Boîte de vitesses
Mécanique Mercedes-Benz GO 190-6 à six rapports avant et un arrière avec ralentisseur à eau Voith.
– Freins
À disque intégral avec ASR, ABS, ESP, BAS, EBS.
– Suspensions
Pneumatiques intégraux, roues indépendantes à l’avant.
– Réservoir
340 litres. AdBlue: 40 litres.
– Espace bagages
5,7 m3.
Essayer un Mercedes-Benz Intouro M sur le parcours tourisme de Bus & Car peut sembler incongru. En fait, cela a mis en valeur la polyvalence de ce véhicule. Il est apte à faire des lignes scolaires et interurbaines, comme à sortir le week-end pour des groupes et des excursions. Le tout est de le doter d’un minimum d’équipements de confort pour les passagers! Côté conducteur, la satisfaction est de mise car le “petit” 6 cylindres OM936 de 7,7 litres réglé à 354 ch s’est parfaitement accommodé de la boîte manuelle Daimler GO190-6, laquelle est actionnée sur les modèles Euro VI par un mini-levier en planche de bord.
Pour les plus exigeants, Mercedes-Benz propose en option un vaste choix de transmissions incluant une automatique (ZF Ecolife 6 rapports) et une robotisée 8 vitesses (la fameuse Powershift Daimler). L’embrayage est très progressif et sa commande bien assistée, mais il condamne tout repose-pieds! La visibilité directe est excellente, y compris dans les intersections à angles aigus. La rétrovision (pour les modèles France) profite de l’antéviseur, mais on ne peut que critiquer l’absence de rétroviseurs réglables à distance pour un véhicule devant passer de mains en mains!
La direction est parfaite: bon rayon de braquage, volant agréable, assistance bien tarée, ne changez rien! Le freinage est au-dessus de tout soupçon, mais le ralentisseur Voith SWR à eau a fait preuve d’un manque de puissance sur les premiers crans: il faut le solliciter au maximum pour obtenir un vrai ralentissement.
L’insonorisation est surprenante pour un tel véhicule. Sur autoroute, on entend bien le vent sur le pare-brise en raison d’un profilage digne d’un lit breton, mais sur route c’est le monde du silence… enfin presque, car les pneus Michelin du véhicule de l’essai se sont révélés épouvantablement sonores! L’équipement est minimaliste, au moins sur cette version Écolier. On notera un grand casier de rangement fermé, hélas situé au-dessus du conducteur, donc inaccessible lors de la conduite.
• agrément moteur
• confort de marche
• qualité de la direction
• volume habitable au poste de conduite
• puissance et progressivité du freinage
• commande de boîte ferme (pour ceux qui aiment)
• visibilité directe excellente
• vibrations moteur perceptibles au ralenti depuis le poste de conduite
• manque d’espaces de rangement accessibles
• commande de boîte ferme (pour ceux qui n’aiment pas)
• témoins d’éclairage absents ou invisibles
• pneumatiques Michelin trop bruyants
• ralentisseur Voith paresseux
• rétroviseurs à commande électrique en option
Piqués au vif par nos questions lors des essais précédents, les représentants de Mercedes-Benz nous ont donné une fourchette de prix concernant l’échange standard du filtre à particules: il sera d’environ 1 000 € dans le réseau France. L’échange de cette cartouche est prévu tous les 2 ans ou 180 000 km (en usage interurbain ou ligne scolaire). L’entretien (vidanges, filtres, etc.) est prévu tous les ans ou 90 000 km.
Le conducteur appréciera un capot dégageant haut, sans risque de s’y cogner la tête, même pour les plus grandes tailles, bravo! L’agencement des composants est parfaitement lisible et profite du grand espace disponible (le modèle d’essai était dépourvu du compresseur de climatisation des versions Optimum).
L’embrayage des Intouro Euro VI a été revu avec un actionneur central à commande pneumatique, ce qui supprime fourchettes, butées et servo-embrayage. Un bon point à terme pour les coûts d’utilisation. Mais pour les clients soucieux d’éliminer cette pièce d’usure, il existe l’option boîte automatique ZF Ecolife.
Filtre à air, contrôle et remplissage du liquide de refroidissement, remplissage d’huile moteur, contrôle et ravitaillement en fluide hydraulique de direction, accès aux courroies, tout est immédiatement accessible. Une bizarrerie toutefois: il n’y a pas de jauge manuelle pour l’huile moteur, alors que l’orifice est prévu.
Il y a un contrôle de niveau au tableau de bord (via les menus défilants, à appeler à la mise sous contact), mais la jauge manuelle doit être spécifiée… en option.
Toujours à propos des options, en voilà une autre appréciable qui était montée sur le véhicule d’essai: le réamorçage automatique en cas de rupture d’alimentation en gazole. C’est loin d’être un gadget en raison de la complexité des moteurs actuels à injection haute pression.
• agencement des organes pensé pour l’utilisateur
• très bonne accessibilité aux contrôles usuels
• porte de capot moteur offrant un grand dégagement
• ESP en série!
• intervalles de maintenance du filtre à particules serrés
• jauge à huile manuelle… en option!
• contrôle des jauges et des températures via l’ordinateur de bord fastidieux
