Modularité Les nouveautés en autocars de tourisme de 10 à 12 mètres se sont succédées depuis plusieurs mois chez les constructeurs. Plus compacts, pas forcément moins chers, ces modèles mini reprennent les qualités des versions grand format pour accueillir 40 passagers. Revue des produits sortis récemment.
Qui peut le plus, peut le moins. C’est probablement le raisonnement des constructeurs d’autocars qui ont garni leurs catalogues de nouvelles longueurs, comprises entre 10 et 12 m. Le créneau n’est pourtant pas large: d’un côté les constructeurs de midicar inférieurs à 10 m, de l’autre les autocars interurbains ou de tourisme aux dimensions standards, à partir de 12 m de longueur.
Mais ces deux mètres de différence ont été captés par de nouvelles offres des constructeurs. Elles répondent semble-t-il à une demande, mais également au souci pour les grands noms du secteur de ne pas laisser échapper une clientèle déjà acquise avec les produits de 12 et 13 m vers des offres concurrentes. Petits circuits, réceptifs avec des groupes en nombre restreint, transfert VIP pour 30 à 40 personnes, véhicule passe-partout, etc. Les caractéristiques et les applications sont connues, et chacun s’applique à y répondre.
Mercedes-Benz a présenté, à l’occasion de Busworld Courtrai 2013, le Tourismo K, successeur du Tourino. Mais en réalité, le nouveau venu est un peu plus que cela. En l’intégrant à sa gamme Tourismo, le constructeur a souhaité le rapprocher de son modèle phare d’autocar de tourisme de 12 et 13 m. « Ici, c’est un vrai autocar, plus grand qu’un midicar, plus stable, plus confortable et qui partage la même architecture électronique que nos autres véhicules, comme les motorisations », explique Julien Calloud, directeur commercial France de Mercedes-Benz, « cela nous permet d’apporter une réponse complète dans le tourisme ».
Le Tourismo K ajoute quelques centimètres au Tourismo pour passer de 9,35 m à 10,32 m pour 3,37 m de hauteur. Une évolution logique, car c’est la plateforme du grand Tourismo qui est utilisée pour réaliser ce mini Tourismo à l’usine d’Hosdere d’EvoBus en Turquie (le Tourino était fabriqué par le carrossier portugais Caetano). « Le développement du produit est simple une fois que la version de 12 m a déjà été réalisée. La largeur reste identique, la motorisation également, il s’agit d’un segment de complément et cela permet d’être présent sur l’ensemble du panel de longueurs », poursuit Julien Calloud.
Une logique modulaire qui a également prévalu pour Setra. En complétant sa gamme d’autocars, le constructeur a joué sur les deux extrêmes de longueur en présentant le ComfortClass S 511 HD de 10,47 m, et à l’opposé, un format XXL avec le S 519 HD de 15 m de long. Avec le S 511 HD et ses 43 sièges, Setra a renouvelé son modèle d’autocar que la marque décrit sous l’appellation Club et qui succède au S 411 HD. Mais pour cette version, le modèle raccourci des S 515 HD a directement été développé à partir de la même plateforme de fabrication que ses grands frères et il ne fait plus l’objet d’un schéma de conception distinct. Une conséquence directe de la logique industrielle de conception modulaire initiée par Setra à l’occasion du lancement de la série 500. « Nous avons toujours été très actifs dans les petits véhicules de 10 à 12 m » rappelle Matthias Kussmaul, directeur commercial de Setra en France.
Situé à l’opposé en termes de niveau de gamme, le raisonnement de modularité industrielle vaut aussi côté chinois. Une version 10 m sera en effet ajoutée au catalogue Yutong par Dietrich Carebus Group (DCG) à partir de juin 2015, et complétera l’offre déjà existante en 9, 12 et 13 m. « C’est un segment de niche qui devient un segment à part entière, la demande est plus forte aujourd’hui », explique Laurent Gugumus, directeur général de DCG, « le véhicule permet de passer partout et ses capacités en termes de passagers et de soutes sont suffisantes ». Là encore, ce n’est pas le souci de proposer un produit moins cher sur le marché qui a motivé cette décision. « L’économie réalisée à l’achat n’est pas si importante que ça, peut-être aux alentours de 5 % comparé à une version 12 m », détaille le responsable de DCG. Décliné en version interurbaine IC et scolaire Ecolier, le Yutong EC 10 disposera des mêmes équipements et composants que ses versions allongées (moteur DAF notamment).
L’autre atout de ces versions mini est de partager les mêmes équipements que les grands gabarits. Carrosserie, essieux avant et arrière, roues et pneus, moteur et sa boîte de vitesses sont empruntés aux mêmes catalogues, facilitant également l’approvisionnement en pièces pour la maintenance.
Et le constat vaut également pour MAN qui a lui aussi décidé d’investir le segment en présentant à Autocar Expo le Lion’s Coach M. D’une longueur de 10,20 m pour une capacité de 40+1+1 sièges (ou 34+1+1 avec toilettes et kitchenette), ce Lion’s Coach Midi est carrossé par le portugais Caetano. Celui-là même qui réalisait le Tourino de Mercedes-Benz, avant que le groupe Daimler ne sorte du capital du Groupe Caetano et que la marque allemande ne décide l’an dernier de faire passer son produit midicar sous l’étiquette Tourismo K. « Le design, les équipements et les choix d’aménagements sont MAN », rappelle Alain Court, directeur général de MAN Cars et Bus France. On retrouve à bord deux versions de moteur MAN Euro VI DO836 (LOH 72 de 250 ch, LOH 74 de 290 ch) et la sellerie est scrupuleusement siglée MAN pour rappeler l’appartenance de ce nouveau modèle à la gamme Lion’s Coach.
De même chez Daimler Buses, le Tourismo K reprend la sellerie Travel Star Eco et le moteur Mercedes-Benz OM 936 Euro VI de 7,7 l de cylindrée qui figurent dans les Tourismo.
Pour le Setra S 511 HD, la liste des équipements et des composants est identique à celle des 515 HD, comme le système Predictive Powertrain Control (PPC), en option, ou encore le moteur Daimler OM 470 Euro VI de 394 ch. Les nouveautés apportées par la série 500 sont donc mises à l’échelle pour cette version Club, proposée en 43 sièges sans toilettes (ou 41 sièges avec), tandis que le classement en 4 ou 5 étoiles imposera une réduction du nombre de sièges à 36 et 32. On songera en plus à leur aménagement salon, encore plus adapté à ce genre de véhicules.
Un autre argument vient jouer en faveur de ces nouveaux minis. « C’est le segment du tourisme qui est visé, mais aussi le marché des lignes TER par la route, car les soutes à bagages ont de bonnes capacités avec 6,8 m3, c’est indéniablement ce qui fait la différence comparé aux midicars de moins de 10 m », souligne de son côté Alain Court de MAN à propos du Lion’s Coach Midi.
Car malgré la longueur raccourcie, ces minis conservent des capacités de soute intéressantes. Sur le Setra S 511 HD, le volume s’élève à 6,5 m3, mais peut être plus élevé en version porte arrière. « La porte arrière permet d’obtenir des soutes d’un seul tenant et de ne pas avoir à charge les bagages de l’autre côté du véhicule, côté route, en plus d’atteindre un volume total de 7,5 m3 avec ou sans w.-c. », donne en exemple Matthias Kussmaul. De même, l’installation des toilettes à l’arrière du minicar les rend plus accessibles en supprimant l’escalier pour y accéder. En contrepartie, certains sièges passagers perdent en confort: l’un se retrouve à côté des w.-c., l’autre, placé face au couloir, se retrouve aussi face à la porte des toilettes, à l’ouverture et à la fermeture.
Cars Rhône-Alpes
Une erreur s’est glissée dans nos éditions no 962 et no 963, décrivant l’Iveco Bus Magelys Pro “aux couleurs TER Rhône-Alpes” au lieu de “aux couleurs Cars Rhône-Alpes”. Pour rappel, la SNCF ne gère plus les lignes régionales intégralement routières en Rhône-Alpes, exploitées auparavant sous la marque “TER Rhône-Alpes”. Leur organisation a été reprise en gestion directe par la région entre décembre 2012 et décembre 2013, et ces lignes sont devenues les “Cars Rhône-Alpes”.
