Lyon Le 19 novembre dernier, en gare de Lyon-Perrache, la région Rhône-Alpes accueillait officiellement sa première rame Regio 2N, livrée par Bombardier Transport.
Plus que la poursuite de la politique de modernisation du parc des matériels TER, cette première rame ouvre la voie à des services périurbains modernisés, préfigurant la création d’une sorte de RER de la métropole lyonnaise.
C’est la première des 40 rames Regio 2N que la région Rhône-Alpes a commandé à Bombardier Transport pour un total de 400 M€. Fêtée le 19 novembre 2014 en gare de Lyon-Perrache, elle était mise en service commercial dès le lendemain, avec six rotations quotidiennes aux heures de pointe sur le parcours Villefranche-sur-Saône – Lyon – Vienne
Les 40 rames commandées par Rhône-Alpes sont des rames dites courtes, 83 m de longueur, avec six voitures qui seront utilisables couplées en unités multiples de deux ou trois rames. Sur les 40 rames, 32 seront aménagées en version périurbaine (679 places dont 347 assises), comme la première, et 8 le seront en version régionale interville classique (699 places dont 386 assises).
L’affectation de la première rame (puis d’un grand nombre des suivantes livrées à la région jusqu’en juin 2016) à l’axe (Mâcon) Villefranche-sur-Saône–Lyon–Vienne (Valence) n’a rien de fortuit. Cet axe nord-sud
La desserte ferroviaire
À l’été 2015, l’itinéraire Firminy– Saint-Étienne–Lyon–Ambérieu (105 km et 21 gares, dont la partie Saint-Étienne–Lyon), avec plus de 20 000 voyageurs quotidiens, est le plus chargé des axes TER du réseau Rhône-Alpes. Il bénéficiera de l’arrivée des Regio 2N
Dans la mise en place d’un système ferroviaire périurbain, la gare de Lyon-Jean Macé joue un rôle pivot. Située au cœur du viie arrondissement de Lyonj entre les gares de Lyon-Part-Dieu et de Lyon-Perrache, elle a été mise en service fin 2009. Elle est desservie par les TER Lyon–Bourgoin-Jallieu-Saint-André-le-Gaz, Lyon–Villefranche-sur-Saône–Mâcon et Lyon–Vienne–Valence, autrement dit la plupart des relations qui seront parcourues par les Regio 2N. Gare intermodale par excellence, y compris en raison de ses systèmes d’information qui associent les TER et les transports urbains, elle est en correspondance avec la ligne B du métro (gare de Lyon-Perrache–Gare d’Oullins), la ligne 2 du tramway (gare de Lyon-Perrache–Saint-Priest), trois lignes de trolleybus et trois lignes de bus des TCL, l’opérateur urbain lyonnais (groupe Keolis).
Ces services périurbains, cadencés sur trois des lignes structurantes de l’étoile ferroviaire lyonnaise au sens large du terme, seraient le point de départ d’une offre de type RER pour la métropole lyonnaise qui a souvent été évoquée durant ces dernières années
« Nous sommes repartis sur de nouvelles bases, explique Pascal Protière, en charge des transports auprès de Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional Rhône-Alpes, puisque, si la création d’un Stif à la lyonnaise est utopique, nous disposons toutefois depuis 2013 d’un nouvel outil organisationnel avec le Syndicat mixte type loi SRU, le SMTAML (Syndicat mixte des transports de l’agglomération métropolitaine lyonnaise). Ce syndicat associe la future métropole lyonnaise
Comment améliorer l’offre sur les trois lignes qui seront desservies par les Regio 2N? « Il est aujourd’hui impossible de faire passer la cadence au quart d’heure, et même aux vingt minutes, durant les heures de pointe, explique Pascal Protière, en raison des difficultés d’accès au nœud ferroviaire lyonnais, puisque même en pointe il faut pouvoir ménager deux sillons fret par heure. »
Avant même la réalisation du contournement fret de l’agglomération lyonnaise, « il faudrait investir de 400 à 420 M€ d’ici 2020 pour résorber les goulets d’étranglement du réseau situés aux accès du complexe ferroviaire lyonnais, de Part-Dieu à Guillottière (centre), à Saint-Clair (nord) et à Saint-Fons (sud) », ajoute Pascal Protière. Il conçoit le lancement de tels investissements dans le cadre du CPER 2014-2020, actuellement en cours de négociations. L’État doit comprendre qu’il s’agit d’un problème national en raison de l’importance du nœud ferré lyonnais pour l’ensemble du réseau. »
Le 13 décembre 2014, date d’entrée en vigueur du nouvel horaire SNCF 2014-2015, les services commerciaux de cette première rame seront limités aux seuls jeudis.
Depuis 2013, plus de 5 M€ ont été investis par Réseau ferré de France pour adapter 41 quais aux nouveaux matériels dans les gares du parcours, dont 21 à Lyon-Part-Dieu et 12 à Lyon-Perrache.
Dans certaines des gares du parcours, les cadences des autocars départementaux du Rhône et de la Saône-et-Loire sont coordonnées pour être en correspondance avec celles des TER. C’est le cas des trajets Belleville-sur-Sâone–Beaujeu, Villefranche-sur-Saône–Salles-Arbuissonas et Vienne–Condrieu. La carte billettique multimodale régionale OùRA avait été testée sur ces relations train + car.
Comme pour Villefranche–Lyon–Vienne, on dégagera des rames Z 2N NG qui seront affectées sur les axes de la banlieue grenobloise et sur la ligne du Sillon alpin sud (Grenoble–Valence)
Auparavant connu sous le nom de projet REAL (Réseau express de l’agglomération lyonnaise). Il incluait les mêmes axes et objectifs intermodaux, avec la volonté de développer l’urbanisme (et le stationnement automobile) autour des gares.
La métropole lyonnaise absorbe peu ou prou le département du Rhône. Le syndicat mixte départemental qui coiffe la liaison rail-aéroport Rhônexpress est intégré dans le nouveau syndicat SMTAML.
Plus de 700 trains transitent quotidiennement par le complexe ferroviaire lyonnais, dont 250 trains de fret.
