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Embarquez le wifi, pas les soucis!

Wifi à bord

Il se développe à grande vitesse sous la double demande des clients finaux et des autorités organisatrices. Pourtant, si le wifi se généralise, une grande diversité technique et d’approche se manifeste sur le terrain, que ce soit chez les constructeurs ou les équipementiers. Avec à la clé quelques potentielles désillusions…

L’industrie automobile regorge de témoignages croustillants de pannes liées aux rayonnements électromagnétiques: ainsi, cet antidémarrage codé monté en 1re monte chez Citroën dans les années 1990 qui refusait tout service si un téléphone portable se trouvait à proximité! Ou encore, ces pannes électroniques générales aussi soudaines que mystérieuses au début des années 2000 sur les Renault Laguna 2, incidents étrangement plus fréquents aux abords d’émetteurs de radiodiffusion ou de péages autoroutiers.

Certes, l’industrie automobile a appris que le blindage ECM de ses équipements devenait de plus en plus indispensable pour faire face à la profusion d’appareils électroniques portatifs (téléphones, tablettes, etc.) et à un environnement de plus en plus pollué par les ondes radio (multiplication de la RFID courte et moyenne portée pour les télépéages, systèmes d’aide à l’exploitation avec télécommunication en milieu urbain par exemple). La question de la réception et de la diffusion internet à bord des autocars et des autobus n’est donc pas à prendre à la légère.

La position des constructeurs

Ainsi chez Evobus le niveau d’exigence est-il assez élevé. Voici la réponse faite par le constructeur aux demandes de Bus&Car: « Pour les autocars Setra, tous les équipements à bord des véhicules doivent respecter la directive européenne de compatibilité électromagnétique 2004/104/CE. » Et il est précisé: « même pour une prédisposition électrique, l’usine Setra de Neu-Ulm exige les certificats de compatibilité électromagnétique des systèmes embarqués prévus en post-montage. » Au-delà de ces exigences relatives à la seconde monte, le constructeur propose à son catalogue deux options: « une préparation consistant en perçages sur le toit du véhicule à l’emplacement du montage des antennes wifi. Ces perçages sont réalisés avant cataphorèse pour garantir une protection anticorrosion maximale, même si le système complet est monté en France. » Ou bien, « le montage d’un système complet d’usine: le système Car-A-Wan à 2 cartes SIM (encore jamais monté à ce jour pour la France). »

Pour les autocars Mercedes-Benz, « les véhicules sont conformes à la norme CEM en vigueur au moment de leur homologation. Les équipements en seconde monte doivent être conformes aux normes de la directive européenne de compatibilité électromagnétique en vigueur et ne pas perturber le fonctionnement des véhicules. Mercedes-Benz ne propose pas de prédisposition particulière ni d’équipement embarqué disponible depuis l’usine en amont de la cataphorèse pour éviter d’endommager la protection. »

Evobus France précise ne pas avoir eu de demande à ce jour pour du wifi à bord des autobus. Mais on ne saurait être plus clair: c’est un avertissement sur la responsabilité des clients s’ils devaient faire installer de tels équipements à bord et que des soucis électriques ou électroniques apparaissaient!

Des constructeurs comme Iveco Bus ont, à l’image de Setra, prévu une option usine avec un précâblage (fil d’antenne et alimentation électrique) et le perçage du pavillon pour les antennes GPS/GSM. Mais la subtilité vient du fait qu’il faut spécifier cette option dans le devis de définition du véhicule, c’est alors la mention « Wifi à bord » sur les spécificités demandées par le client qui entraînera en usine la création d’un code technique prévoyant ce pré-équipement. Au tarif, il n’y a donc pas d’option prédisposition wifi apparente!

Moralité: lorsqu’un transporteur veut faire équiper son véhicule du wifi embarqué, il faut absolument en aviser au préalable la représentation du constructeur ou de l’importateur, car à l’image d’Iveco Bus, certaines prédispositions prévues départ usine n’apparaissent pas au tarif des options. Ces prédispositions constructeur ont un avantage en après-vente: elles facilitent les limites des responsabilités de chacun des intervenants, en particulier s’il faut faire des interventions sous garantie!

Pascal Ballais, de Prestige B&B, confirme qu’il prend systématiquement certaines précautions avec ces équipements, mais elles sont davantage d’ordre électrique qu’électronique: « Nos techniciens reprennent systématiquement une alimentation électrique hors tableau de bord. Y est obligatoirement associé un disjoncteur 5 ampères et une source venant soit du tableau électrique soit du boîtier à fusibles, laquelle est forcément alimentée en + contact. Je refuse le + permanent. » Autre détail auquel on ne pense pas forcément et sur lequel insiste Pascal Ballais: « Ces boîtiers émettent un peu de chaleur. Il faut donc prévoir un minimum d’espace pour laisser une circulation d’air », même s’il reconnaît que cette émission de chaleur n’est plus un vrai problème aujourd’hui: « les circuits intégrés de classe A ont une baisse très nette de la chaleur générée comparée aux tridiodes (ou transistors) d’autrefois. »

Le matériel: du plus simple au plus sophistiqué!

Pascal Ballais avoue monter les deux types de wifi à bord: le wifi simple, sans archivage en data center (en 3G ou 4G) et le wifi avec archivage. « Le simple fait de passer de la 3G à la 4G assure une grande différence en termes de débit supplémentaire. La différence de coût d’abonnement est sensible, mais dépend des négociations entre le transporteur et l’opérateur de télécommunications. » L’équipementier francilien se méfie des boîtiers wifi premier prix pour une raison technique: « pour fonctionner à bord d’un autocar, ils exigent des convertisseurs de courant ou des dévolteurs, ce qui multiplie les branchements », donc les risques d’avaries! Un modèle (dépourvu de l’archivage réglementaire) remporte aujourd’hui l’adhésion de nombre de clients: le Globesurfer.

Où mettre le boîtier?

Quant à l’implantation à bord, que ce soit chez Prestige B&B ou Icon.lu France SAS, on est formel: en matière de qualité de réception pour les passagers, la position du boîtier wifi est indifférente dans l’habitacle! On peut donc l’installer à l’avant du véhicule, près du tableau de bord, ou bien à l’arrière! L’installation au tableau de bord offre deux avantages et autant d’inconvénients: parmi les avantages, il y a la facilité d’accès au boîtier wifi (utile pour changer de carte SIM le cas échéant) et la facilité de branchement. Parmi les inconvénients, il y a les risques potentiels en matière de compatibilité ECM, et surtout, l’exposition du boîtier à la chaleur de la baie vitrée. C’est surtout vrai pour les boîtiers nomades compacts, et cela sera d’autant plus sensible que le véhicule circulera dans des pays chauds (sud de l’Europe, Maghreb). En matière d’installation, la seule implantation déconseillée concerne les armoires électriques: souvent métalliques, celles-ci peuvent constituer une cage de Faraday, affaiblissant d’autant la qualité de réception et d’émission des signaux.

Quel type d’antenne?

Pour une bonne qualité de réception du signal, il est vivement recommandé d’installer une antenne extérieure. Celle-ci est même obligatoire pour les équipements les plus performants (Icon.lu Moovbox M310 et M340). Pascal Ballais nuance: « en centre-ville, on peut s’affranchir de l’antenne wifi extérieure, surtout si l’on accepte une perte éventuelle du signal ». Bref, l’antenne de réception fixe a la préférence des installateurs et des équipementiers. Elle sera idéalement située sur un plan de masse réfléchissant, généralement la partie antérieure du pavillon. Pour les installations sur pavillon, la généralisation des matériaux composites (notamment chez VDL ou Irizar) rend nécessaire le montage d’une antenne amplifiée, laquelle coûte 2 fois plus cher qu’une antenne simple. Autre point à surveiller: l’installation dans les véhicules à double étage. L’antenne est à prendre en compte, mais aussi la position du boîtier wifi, car il lui faut de la place et garantir un bon accès technique.

En matière d’équipement, parmi la cinquantaine d’appareils disponibles sur le marché, le haut de gamme est aujourd’hui représenté par l’Icon.lu Moovbox M340. Il permet de connecter jusqu’à 25 passagers simultanément: la limite viendra de la qualité de réception GSM et de la bande passante fournie par le prestataire télécoms. Icon.lu France SAS a des abonnements avec des forfaits allant jusqu’à 20 Go par mois. Cet équipement comprend deux antennes extérieures afin de garantir une réception en continu (l’appareil recherche, comme un autoradio RDS, l’émetteur GSM le plus puissant). C’est aussi un terminal utilisable pour les liaisons internationales en autocar, puisqu’il comprend 8 emplacements pour cartes SIM! Les 4 modems lui permettent, techniquement, de traiter jusqu’à 400 Go par mois, en ajoutant autant de forfaits de téléphonie que nécessaire. Il est même compatible avec les SAEIV via ses modems (l’utilisateur choisit en fonction des besoins les ports dédiés au SAEIV, au wifi ou à la vidéosurveillance).

La double antenne d’émission est prédisposée aux véhicules articulés et aux autocars à double étage. Une offre alternative, moins coûteuse, est proposée par Icon.lu France SAS: la Moovbox M310, qui existe depuis plus de 10 ans chez Icon.lu en Europe. Les 2 cartes SIM permettent soit d’avoir une connexion transnationale (2 opérateurs de téléphonie) soit de dédoubler la capacité de réception 3G ou 4G (les antennes fournies sont compatibles UMTS et LTE). On gagne en capacité sur le forfait télécoms, mais pas en bande passante (donc en rapidité de traitement). Cet équipement utilise une antenne extérieure simple mais dispose aussi de la fonctionnalité Moovmanage qui permet aux clients transporteurs et aux monteurs de vérifier la disponibilité opérationnelle du système (utile en cas de réclamation de la part des clients). Moovmanage permet également de vérifier à distance le nombre de passagers connectés et l’évolution de la consommation des forfaits de télécommunication en émission et en réception. Les boîtiers M310 et M340 ont aussi une batterie tampon, une carte flash et une mémoire morte qui permettent d’éviter les pertes de données brutales à la coupure de l’alimentation.

En conclusion, le wifi embarqué dans les véhicules, à l’image de l’exposition au risque réglementaire (voir Bus&Car no 965) peut être défini à la carte, en fonction des besoins réels du transporteur, sachant que les longs parcours en autocar rendent quasiment indispensables la présence d’un wifi performant… et sécurisé!

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Auteur

  • Jean-Phillippe Pastre
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