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L’épiphanie territoriale

J’ai beau absorber le maximum d’informations et suivre la plupart des débats sur le sujet, j’avoue avoir encore un peu de mal à saisir l’exacte finalité des discours sur la réforme territoriale dont le deuxième volet est en cours d’élaboration. La distribution des compétences me fait diablement penser à une jolie galette des rois dont tous les convives veulent avoir la plus grosse part, histoire d’accumuler le plus de chance de pêcher la fève. À croire que cette dernière est bien le fameux Louis d’or que nombre de nos boulangers nous promettent chaque année en échange d’une forte augmentation de notre embonpoint et d’une baisse significative de notre pouvoir d’achat. Un autre point qui me chiffonne, et je ne suis pas le seul, concerne ces fameux conseillers départementaux que l’on nous demande d’élire en mars prochain. En dehors du fait qu’ils iront désormais en couple – espérons qu’ils auront quelques affinités – personne n’est en revanche capable de nous dire clairement aujourd’hui à quoi ils occuperont vraiment leurs compétences, et surtout si leur existence est réellement pérenne. Certes, le Sénat vient de se prononcer pour le sauvetage du département, mais l’Assemblée nationale le suivra-t-elle? En somme, élisons, élisons, on en fera toujours quelque chose!

Autre point qui me provoque encore quelques démangeaisons: celui de l’articulation des droits et devoirs entre les treize “super” régions sur les fonts baptismaux et la bonne douzaine de métropoles aujourd’hui existantes. Si, miracle de la persévérance, et peut-être de l’intelligence politique, le cas lyonnais semble plutôt bien fonctionner, pas sûr qu’il soit applicable partout. La bataille de chiffonniers qui se déroule en ce moment en Ile-de-France nous prouve tous les jours que, passé un fugace moment d’unité nationale, la défense des prés carrés passe toujours par la joute, fusse-t-elle verbale ou parlementaire. En somme, ni plus bête ni plus intelligent qu’un autre, j’ai le sentiment trouble que cet ensemble interminable de postures aboutira à un moment ou un autre à une nouvelle usine à vent, certainement fort coûteuse et globalement incompréhensible du quidam moyen. À moins que la patate chaude ne soit au final gentiment posée dans le panier des prochains cuisiniers, qui s’empresseront de l’éplucher.

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Auteur

  • Pierre Cossard
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