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Alerte attentat, une adaptation au quotidien

Terrorisme Depuis le 7 janvier en France, le plan Vigipirate estélevé au niveau dit « alerte attentat ». Le commissaireJulien Dufour, chef de l’unité de coordination de la sécurité dans lestransports en commun (UCSTC), répond aux questions de Bus &Car sur la nature de ces mesures exceptionnelles dans les transportscollectifs.

Qu’est-ce que le plan Vigipirate en alerteattentat?

Julien Dufour: Le plan Vigipirate est un plan de préventionantiterroriste qui prévoit un certain nombre de mesures. Il s’échelonnaitsur cinq niveaux, correspondant à des postures différentes. Il y a un an, le17 janvier 2014, ce système a été refondé pour le rendre plusopérationnel et le diviser en deux niveaux: le plan Vigipirate, quiprévoit environ 300 mesures permanentes et additionnelles, et le planVigipirate en alerte attentat. Ce dernier est activé en cas de menaceterroriste particulière sur le territoire et concerne tous les aspects de lasociété: transports, nucléaire, cyber, réseaux d’eau, aérien, etc.Il ne peut être activé que par le Premier ministre, ce qui a été le cas le7 janvier après les attaques de Charlie Hebdo, d’abord enIle-de-France, puis en Picardie, et ainsi de suite.

En quoi consiste-t-il dans lestransports?

J. D.: Historiquement, les transports ont déjà payé un lourdtribut en matière d’attentat. À chaque fois, les réseaux font partie desdomaines sur lesquels nous sommes particulièrement attentifs, même si la menacen’est pas directement liée aux transports. Cette vigilance se traduit parune présence maximale de l’armée, de la police et des agents de sécuritéde la Suge* (SNCF) et du GPSR**(RATP). Nous sommes également en lien étroit avec les transporteurs partenairesen province. Ces effectifs sont particulièrement présents dans les gares ou surles points intermodaux qui drainent d’importants flux de population. Lestenues des agents sont particulières, ils portent des gilets pare-balles pluslourds et des pistolets mitrailleurs. Cette présence accrue a pour butd’être visible, pour montrer notre présence au public, dissuader etrépondre rapidement à toute attaque.

De quelle manière vous organisez-vous pour mobiliser de tellesforces?

J. D.: Cette posture n’est pas nouvelle. Pour le14 juillet, la fête de la musique ou tout autre événement de taille, leseffectifs sont déjà largement mobilisés. Les services de l’État sontpréparés à travailler 24 heures sur 24. La particularité de l’alerteattentat, c’est qu’il faut tenir cette posture maximale sur ladurée. Pour cela, nous avons la chance d’avoir des effectifs qui se sontimpliqués de manière admirable. La perte de nos trois collègues les 7 et8 janvier dans ces circonstances tragiques a marqué chacun d’entrenous, ce qui se traduit par un énorme engagement, quel que soitl’uniforme.

Quelles sont les conséquences de ces mesures sur les réseaux detransport?

J. D.: Les gens font plus attention, ils sont plus réactifs.Par exemple, on recense une augmentation des signalements pour colis abandonnéssur les réseaux. À Paris, la gare Saint-Lazare a même été partiellement évacuéesuite à une fausse alerte à la bombe. On note également une hausse desinterpellations pour apologie du terrorisme. Sur les réseaux de transport, deuxpersonnes ont été condamnées à six mois de prison ferme pour les proposqu’elles ont tenu cette semaine [du 19 au 23 janvier, ndlr]par exemple. En temps normal, ces propos auraient pu ne pas être signalés.

Comment ce plan se traduit sur les réseaux de province quin’ont pas de services de sécurité internes?

J. D.: C’est une adaptation au quotidien, en lien directavec les responsables de la sécurité de chaque réseau. Mon rôle est de faire lerelais entre le ministère de l’Intérieur et les transporteurs. Pour ceuxqui n’ont pas de service de sécurité, nous mettons en place des consignesde vigilance autour de questions pratiques. Quels sont les secteursprioritaires à sécuriser? Quels sont les moyens? Quelles plageshoraires faut-il choisir pour déployer les équipes? Quand procède-t-on àcet échange d’information? Etc. Les transporteurss’organisent ensuite, en lien direct avec les chefs de la police locale.Nous recueillons leurs remontées d’information, ce qui n’est pasquelque chose de nouveau, encore une fois. C’est dans ces moments-là quel’on voit l’efficacité du partenariat que nous avons avec lestransporteurs.

* Sûreté ferroviaire ou Surveillance générale.

** Groupe de protection et de sécurisation des réseaux.

Rappel des événements

7 janvier

Attentat contre la rédaction du journal Charlie Hebdo.

Bilan: 12 victimes, dont 2 membres des forces de l’ordre.

8 janvier

Fusillade à Montrouge. Bilan: une policière tuée.

Prise d’otage au supermarché Hyper Cacher, Porte de Vincennes.

Bilan: 5 victimes.

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Auteur

  • Capucine Moulas
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