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Starshipper sera opérationnel dès la prochaine rentrée

Réunir L’enseigne Starshipper, du groupement Réunir, anticipe la loi Macron actuellement en discussion, et plus particulièrement son volet transport de voyageurs qui doit autoriser en France les lignes de cabotage aux autocaristes au-delà des 100 kilomètres. Pour préparer au mieux son entrée en vigueur, Starshipper va se structurer.

Créé en 1998, le mouvement Réunir avait pour vocation initiale de promouvoir les intérêts des petites et moyennes entreprises du secteur du transport routier de voyageurs, et de faire profiter l’ensemble de ses adhérents de l’expérience de ses membres. Dix-sept ans après sa création, le volet transport de voyageurs de la loi Macron lui fournit le champ d’application idéal.

Réunir fédère, à ce jour, une centaine d’adhérents, soit 200 entreprises pour 10 000 salariés et 8 000 véhicules, représentant 550 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous sommes devenus le 3e acteur dans le domaine du transport interurbain par autocars sur le territoire national », synthétise Alain-Jean Berthelet, membre fondateur et président de Réunir.

Depuis quatre ans, l’association Réunir s’est dotée de la structure juridique Réunir Services qui a créé et est propriétaire de la marque Starshipper, dans le but de gérer des lignes régulières par autocar. À ce jour, c’est la société des Courriers Rhodaniens (07) qui a ouvert le bal. Elle exploite depuis 2012 une ligne Lyon-Turin, une Lyon-Barcelone depuis l’année dernière, et depuis fin janvier 2015, une Lyon-Bordeaux en prolongement de la Turin-Lyon.

À ce jour, le cabotage français est très rigoureusement réglementé. La desserte d’une relation intérieure ne peut se faire qu’à une double condition: d’une part que le nombre de passagers soit inférieur à 50 % du nombre de passagers internationaux; d’autre part, l’activité générée doit, elle aussi, être inférieure à la moitié du chiffre d’affaires réalisé sur l’ensemble de la ligne internationale. Encore faut-il auparavant obtenir à la fois l’autorisation du ministère des Transports et ensuite celle de la ou des régions concernées. Résultat, pour la dernière ouverture de la ligne Lyon-Bordeaux par les Courriers Rhodaniens, les régions Rhône-Alpes et Auvergne ont refusé les droits de trafic entre les villes de Lyon et de Clermont-Ferrand, à l’aller et au retour. Pour le Lyon-Turin, c’est la même chose, pour les liaisons entre Lyon et Chambéry. « Des mesures incompréhensibles, incommunicables et inexplicables, voire incontrôlables. Ce sont des contraintes anti-économiques », analyse Alain-Jean Berthelet. « Il faut quand même comprendre que le transport de passagers par autocar supporté par un opérateur privé est économique, surtout par rapport à un transport par voie ferrée qui est subventionné », ajoute-t-il. Actuellement, ce sont les exploitants, adhérents du groupement Réunir, qui s’occupent eux-mêmes de ces demandes d’autorisations. Un modèle qui est appelé à évoluer.

Starshipper va se constituer en un pool d’autocaristes

Alors que la société Réunir Services est organisée autour de neuf pôles, dont celui des lignes nationales dirigé par Joël Arcondéguy (Le Basque Bondissant, à Saint-Jean-de-Luz 64), il est question que la marque Starshipper qui appartient à Réunir Services adopte un véritable statut juridique. « Nous souhaitons constituer un pool d’autocaristes concernés par l’ouverture de futures lignes régulières, voire aussi accueillir des investisseurs extérieurs intéressés par cette activité et qui souhaitent s’engager avec nous sur le long terme », envisage Alain-Jean Berthelet.

Cette société par actions simplifiées (SAS), dont le niveau et la répartition du capital ne sont pas encore déterminés, se chargera dorénavant d’instruire les futures demandes en se substituant à l’exploitant, comme c’est le cas aujourd’hui. « Nous sommes en train de créer un cahier des charges. Il faut que nous nous fixions les règles de répartition entre les différents membres de ce pool et que nous nous organisions pour les risques commerciaux soient mutualisés », ajoute le président de Réunir.

Cette nouvelle structure devrait voir le jour avant l’été. Bien que les précisions concernant le volet transport de voyageurs par autocars de la loi Macron ne sont pas encore totalement connues des professionnels, les grandes lignes apparaissent plutôt favorables: l’ouverture prévue par ce projet de loi, qui navigue en ce moment entre Assemblée nationale et Sénat, concerne en effet les relations interurbaines supérieures à 100 kilomètres. « C’est pour nous un véritable relais de croissance », se félicite Alain-Jean Berthelet. Un autocariste fera donc une demande d’autorisation via la structure Starshipper qui s’occupera de l’effectuer auprès de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) et soumettra ensuite l’autorisation à la décision des régions. « Sous un certain délai qui n’est pas encore fixé, une non-réponse vaudrait autorisation », précise Alain-Jean Berthelet. Même si la date du vote définitif de cette loi, et encore davantage celle de ses décrets d’application, reste floue, Starshipper va accélérer le mouvement.

Une dizaine de lignes, pour commencer

Starshipper sera prêt à exploiter des lignes régulières interurbaines dès la rentrée de septembre. D’ici là, il convient de préparer le terrain: « les adhérents de Réunir se montrent très intéressés par cette évolution et prêts à s’engager. Mais il faut nous organiser en fonction de notre capacité à quadriller le territoire, à créer un véritable effet de réseau. Notre implantation sur l’ensemble du territoire national est un véritable atout concurrentiel. Nous sommes présents dans toutes les grandes villes, à nous d’en profiter », explique le président.

Cette implantation pourrait fournir des opportunités pour créer des points de correspondance qui seraient, ou non, dans les centres-villes. Ils deviendraient, selon les cas, de véritables centres de mobilité connectés avec d’autres modes. Il y aura aussi de nouvelles contraintes, celle par exemple d’être soumis au droit européen du passager. Ce droit est assez contraignant, en particulier en matière d’accueil dans les points de prise en charge des voyageurs: chauffage, sanitaire, confort, etc. Points qui s’appliqueront dans l’avenir aux voyageurs des lignes Starshipper. Mais quoi qu’il en soit, la marque du réseau Réunir est bien décidée à s’engouffrer dans le créneau qui est en train de s’ouvrir. Dès le départ, une dizaine de lignes devrait donc voir le jour, à partir de la rentrée prochaine.

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Auteur

  • Jean-François Bélanger
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