Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Stationnement des autocars à Paris

Vers une augmentation drastique des tarifs

Mauvaise surprise Le conseil de la capitale a voté en décembre dernier le triplement des montants du stationnement autocar dans la capitale au 1er mai 2015. La mesure, inattendue, a provoqué les foudres des représentants de la profession.

En matière de stationnement autocar, la ville de Paris a décidé de mettre les bouchées triples. Le conseil de la capitale a voté en décembre dernier une réforme de taille : celle de multiplier par trois la quasi-totalité des montants de parking des autocars dans la ville, et cela dès le 1er mai 2015.

Cette augmentation concernera les utilisateurs abonnés, comme les occasionnels des Pass Autocar (titres de stationnements de la ville de Paris). Dans le cas d’un ticket à la journée par exemple, il faudra désormais débourser 139,30 euros contre 48,60 euros jusqu’à présent. Pour les abonnés, le système sera légèrement différent, puisqu’il augmentera surtout pour les véhicules les plus polluants. Le Pass demi-journée passera ainsi de 19,40 à 58,20 euros pour un véhicule de norme Euro V, mais il restera à 19,40 euros pour un autocar Euro VI.

Un impératif de santé publique

Aux yeux d’Anne Hidalgo, actuelle maire de Paris, cette politique, qui entre dans le cadre de la réforme du stationnement à venir et de sa volonté de supprimer les véhicules polluants de la capitale, se justifie avant tout pour des raisons environnementales. « À un moment où le contrôle de la circulation des véhicules diesels les plus polluants constitue un impératif de santé publique, il apparaît nécessaire de revoir la grille tarifaire applicable aux autocars de tourisme pour inciter davantage les professionnels à déclarer et réserver les autocars propres dont ils disposent à Paris », a-t-elle indiqué dans l’exposé de ses motifs en décembre dernier. L’élue a aussi rappelé qu’en 2014, « le tarif du stationnement des autocars de tourisme dans les autres capitales européennes est beaucoup plus élevé qu’à Paris (200 euros à Rome ou à Londres par jour, contre 32,50 euros à Paris). Le stationnement [de ce type de véhicules] à Paris, ramené à la surface occupée, est ainsi de l’ordre de 1,20 euro par heure, contre 3,60 euros aujourd’hui pour les véhicules légers au centre de Paris. »

Des autocaristes vent debout contre la mesure

Ces arguments avancés par l’élue PS ont cependant été loin de convaincre la profession. La Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) a ainsi fortement critiqué, dans un communiqué du 18 février dernier, « le coût exorbitant » de cette politique. « Cela représente des sommes très importantes pour les entreprises. En Île-de-France, certaines dépensent plus de 100 000 euros par an en parking. Elles devront payer à l’avenir plus de 300 000 euros ! », s’est ainsi insurgé Bertrand Bernini, président de NoMaTrans, le syndicat francilien d’autocaristes créé par la FNTV.

Quelques adaptations

Autre point de mécontentement, celui de « la méthode choisie pour la mise en place de telles mesures », indique la Fédération. Car rappelons-le, cette hausse substantielle a été adoptée en catimini, sans que les principaux concernés n’en soient informés. « Une réunion d’urgence a cependant été organisée peu après le vote avec la profession et certains élus, reconnaît Bertrand Bernini, et cela nous a permis d’obtenir quelques adaptations sur le texte initial. Par exemple, nous avons pu négocier le fait que les tarifs abonnés soient les mêmes pour les normes Euro V et EuroVI et nous avons demandé à ce qu’une dégressivité sur deux ans soit autorisée. » Il reste donc maintenant à faire acter tout cela.

Mais en dépit de ces quelques petites avancées, la FNTV ne compte pas en rester là et demande qu’à l’avenir, « la mairie de Paris adopte un mode de consultation partagée, associant les professionnels concernés par l’impact des décisions qu’elle prend avant de les annoncer ». Dans ce sens, l’organisation a indiqué avoir saisi l’Union internationale des transports routiers (IRU) dans le but de provoquer une mobilisation européenne à ce sujet. Elle indique enfin que « les entreprises de transport routier de voyageurs sont prêtes à s’engager dans des actions de mobilisation d’ampleur si elles n’étaient pas entendues. » Le ton est donné.

Retour au sommaire

Auteur

  • Shahinez Benabed
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format