Non, ne comptez pas sur moi pour vous chanter un énième couplet sur les soubresauts de la politique française. J’hésite encore entre le rire ou les pleurs, et resterai donc discret sur ce sujet, du moins pour l’instant.
En fait, un phénomène beaucoup plus sérieux a retenu mon attention ces dernières semaines. Grâce à une fort belle mise en scène des médias télévisés, j’ai découvert avec horreur et stupéfaction que nous vivions dans un pays bien plus pollué que la Chine. L’ère de la micro, voire nanoparticule, a commencé. Que faire face à ce qui nous a été présenté comme un début de fin du monde, en tout cas en Ile-de-France? Confiant, ou innocent, j’attendais avec angoisse que nos pouvoirs publics prennent les mesures ad hoc pour nous sauver de l’extinction.
Las, Madame Hidalgo, maire de Paris, tout à sa croisade anti-diesel, n’eut de cesse de vilipender les assassins potentiels que sont les automobilistes, autocaristes et autres transporteurs qui firent un jour le choix mortifère de ce carburant… Et de réclamer à cor et à cri l’instauration de la seule mesure capable de nous sauver: la circulation alternée! Nous jetterons au passage un voile pudique sur les chiffres qui indiquent clairement que la circulation en question est pour 17 % dans l’accumulation de ces fameuses particules tueuses, le reste étant à la charge du chauffage, de l’industrie et des épandages agricoles, et ce, en provenance de toute l’Europe… Faisons contre mauvaise fortune bon cœur et acceptons l’idée que cette alternance peut tout de même être autre chose qu’une simple posture idéologique. Encore eut-il fallu la mettre en place en temps et en heure.
C’était là oublier bien vite les jeux politiques – toujours eux finalement – dans les alcôves climatisées du pouvoir. La ministre de l’Écologie, n’entendant pas se faire dicter sa conduite par l’élue parisienne, aura donc traîné des pieds pour accepter l’idée de l’alternance. Résultat, le pic étant atteint le 18 mars, les véhicules à l’immatriculation paire durent rester au parking le 23, jour où pluies et vents combinés avaient déjà chassé les fameuses particules… Rétrospectivement, je n’ose imaginer ce que donneraient ces gesticulations face à d’autres problèmes tout aussi dangereux, un état de guerre, une grave crise économique, ou une montée des extrémismes par exemple…
