Stratégie À l’occasion du bilan annuel 2014, Scania France a affiché son optimisme sur le travail réalisé l’an dernier, et plus encore sur les résultats cars et bus que le constructeur anticipe pour l’année 2015.
Dans l’activité cars et bus, les résultats ne sont pas encore là, mais ils viendront », avait déclaré lors du bilan annuel de l’année 2013 le Pdg de Scania France, Mats Gunnarsson. Et 2015 pourrait bien être l’année qui lui donnera raison. Avec 43 immatriculations en 2014, contre 30 en 2013, le bilan cars et bus de Scania en France est bon, et tout porte à croire qu’il sera encore meilleur en 2015. « Nous sommes déçus, mais très optimistes pour 2015 », soulignait Julien Jarrossay, responsable cars et bus de Scania en France lors du bilan des immatriculations 2014.
La raison de cet optimisme tient en un chiffre: 100. C’est le nombre de véhicules inscrits au carnet de commandes du constructeur pour l’année en cours à fin février, soit plus du double de celui de l’an dernier. En 2014 justement, les résultats se sont déjà inscrits sur une tendance positive. Le Scania Higer A30 a été vendu à 30 unités en 2014, « un bon chiffre que nous souhaitons améliorer en apportant prochainement une version 61 places et une autre, encore à l’étude, de 63 places », la maxi-capacité sur ce segment restant la plus recherchée en France.
Même objectif d’accroissement des capacités pour le Touring, commercialisé à un seul exemplaire en France en 2014. Une nouvelle longueur de 13 m avait été présentée à l’automne à Autocar Expo Lyon, venant s’ajouter aux 12 et 14 m. Elle permet une capacité de 55 places, alors qu’une version 59 places toujours attendue au catalogue est prévue pour cette année.
L’an dernier, Scania a aussi mis l’accent sur les référencements et les potentiels de gros volumes. « Nous avons renforcé notre organisation pour répondre aux appels d’offres et nos démarches de référencement auprès des groupes ont abouti », rappelait Julien Jarrossay. Cela concerne notamment le Scania Touring chez Transdev, toute la gamme chez Keolis, le Citywide LE à l’Ugap (Union des groupements d’achats publics) et le GNV chez Agir (Association pour la gestion indépendante des réseaux de transport).
Le référencement au sein de la centrale d’achat Ugap du Citywide LE (low-entry) de 39 places a permis la signature d’une commande de 10 véhicules des transports publics de l’agglomération de Rouen, ils seront livrés en juin prochain.
À Tours, pour la première fois, des bus Scania circuleront sur le réseau Fil Bleu, il s’agit de 28 bus urbains Citywide LF (low floor) de 12 m commandés après un appel d’offres remporté en partie par Scania. Douze d’entre eux seront livrés courant 2015 à Keolis Tours, exploitant du réseau.
À Angers, sur les terres de Scania, son siège social en France y est implanté, Angers Loire Métropole a signé une commande de 10 bus Citywide de 12 m dont la livraison est prévue à partir du 3e trimestre 2015. Cinq Citywide articulés Euro VI ont déjà été livrés l’an dernier à l’exploitant Keolis Angers. De plus, le référencement du Touring chez les groupes ouvre aussi la voie à de possibles commandes dans le cadre de la libéralisation des lignes nationales.
Reste que, comparé aux autres marchés européens, la position de Scania en France est encore très en recul avec 0,8 % de part de marché, contre 3 % en Allemagne, 4,7 % en Italie et 9,2 % au Royaume-Uni. 2015 pourrait être l’année du rattrapage de Scania en France.
Le réseau après-vente continue de mobiliser les ambitions de Scania en France, source de revenus et d’image toujours de plus en plus importante, comme pour tous les constructeurs. C’est ainsi que Scania vient d’ouvrir un nouveau point service dans le sud de l’Île-de-France, à Fleury-Mérogis. Et pour diriger son réseau, le constructeur a recruté l’ancien directeur de General Motos–Opel en France pour occuper le poste. Yves Thépaut est en effet devenu directeur après-vente de Scania France depuis le 1er mars. « J’aspire à insuffler une dynamique commerciale dans l’activité », a-t-il expliqué dans un communiqué, « je souhaite que nous enrichissions davantage nos connaissances marché et client », notamment en faisant profiter les équipes de son « expérience dans le domaine des véhicules particuliers acquise chez GM ».
« Les années à venir sont prometteuses pour notre secteur, avec la loi Macron ou les énergies alternatives », confirme le responsable cars et bus de Scania. Il souligne aussi l’importance du GNV dans son catalogue. L’hybride n’est pas totalement délaissé, puisque Scania se distingue, depuis le salon IAA 2014 à Hanovre, en étant le seul acteur du marché à proposer un bus low-entry hybride.
Mais c’est bien le gaz qui suscite le plus d’intérêt chez le constructeur, gaz où il parvient à se démarquer du marché avec le premier autocar GNV: le modèle OmniExpress pour lequel « des essais chez de nombreux opérateurs sont programmés courant 2015 ».
Annoncé à Autocar Expo, Scania a fait aboutir son projet d’importer de Suède cet interurbain absent du marché français. Il est conçu en plusieurs longueurs, de 10,9 à 15 m, en deux et trois essieux, et en trois hauteurs.
Deux puissances de moteur sont proposées, 280 et 320 ch. Son autonomie est évaluée de 500 à 700 km en application ligne, ses bouteilles de stockage sont placées sur le toit avec un encombrement bien maîtrisé.
Cette offre vient compléter celle déjà existante en bus urbains: le Citywide GNV Euro VI de 12 à 18 m de longueur, avec des moteurs gaz développant 280 et 320 ch et dont les réservoirs peuvent être remplis à l’avant ou l’arrière. « Le gabarit du bus Citywide offre une des hauteurs les plus basses du marché », indique le constructeur, donnant la valeur de 3,16 m pour un bus standard (9 réservoirs de 135 litres) et autant pour un bus articulé (13 réservoirs).
