Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Un défenseur des transports à Bruxelles

Itinéraire Ils ne sont pas si nombreux, les députés, eurodéputés ou sénateurs à s’intéresser de près aux questions de transport. Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes et eurodéputé, est entré dans ce cercle très fermé et a reçu, le 18 mars à Bruxelles, la récompense du meilleur député européen de l’année dans la catégorie transports.

Aux élections européennes de 2009, Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes, s’était quelque peu fait prier avant d’accepter la 5e place sur la liste UMP-Nouveau Centre, menée par Dominique Baudis. En juin 2011, il succède à l’ancien député-maire de Toulouse alors nommé Défenseur des droits. Logiquement reconduit lors des dernières élections européennes à la faveur de sa deuxième place sur la liste UMP-UDI de la circonscription Sud-Ouest, conduite par l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, Franck Proust siège aujourd’hui au Parlement européen avec une ardente détermination.

L’influence de ce proche de Jean-François Copé, secrétaire de l’UMP de 2013 à 2014, s’est exercée au sein de deux commissions: l’une sur la filière automobile (rapports Cars 2020) et l’autre sur l’industrie aérospatiale. Il s’est rapidement emparé de la question des aéroports régionaux que l’Union européenne ne souhaitait plus voir subventionnés par les collectivités locales. « En 2013 et 2014, pour sauver les aéroports locaux, j’ai réussi à démontrer qu’au-dessous d’un million de passagers, ces aéroports ne pouvaient pas être à l’équilibre et qu’il fallait les soutenir en raison de l’enjeu économique. À l’échelle de l’Europe, sont concernés 200 000 emplois indirects », explique cet élu de terrain qui parcourt son territoire du Gard depuis 25 ans. L’argument a fait mouche. La Commission européenne est revenue sur sa réforme.

Un engagement au service des TGV

Vice-président d’un intergroupe baptisé Ciel et Espace, Franck Proust s’est ensuite appliqué à défendre l’aménagement du sud de l’Europe grâce à des liaisons ferroviaires à grande vitesse, entre Paris et Madrid, Milan et Barcelone, avec notamment la relance du dernier tronçon LGV en Languedoc-Roussillon entre Montpellier et Perpignan: « La construction de ces nouvelles lignes est un facteur d’aménagement du territoire et donc de développement économique pour le Languedoc-Roussillon, que je défends, comme pour d’autres régions. »

Les lignes TGV ont à ses yeux d’autres vertus: « La rapidité est vecteur de compétitivité. À ce titre, il faut rapprocher les territoires des métropoles. » Franck Proust espère que la connexion entre ces grands pôles urbains (à l’image de la traversée d’est en ouest, de Lyon à Bordeaux, par exemple), sans avoir à passer par la capitale, sera privilégiée dans les années à venir: « Il faut repenser les modes de déplacement. Toutes les transversales sont un problème en France. Les décisions ne correspondent pas toujours avec les besoins réels pour désenclaver un territoire », déplore-t-il. Et d’aller plus loin: « Les politiques de transport manquent de recul et ne servent pas nécessairement l’intérêt général ». La question des financements ne serait pas forcément un obstacle, l’Europe propose des solutions, mais pas toujours exploitées à bon escient. « Ce sont les États qui tranchent, l’Europe n’intervient pas, même si elle a ses priorités », s’agace-t-il.

Lauréat des MER Awards

Cet engagement a valu à Franck Proust d’être récompensé lors de la cérémonie MEP (member of european parliament) Awards, organisée à Bruxelles le 18 mars dernier. Il a reçu le prix du meilleur député européen de l’année dans la catégorie transports. À cette occasion, il a été le seul élu français – parmi les 18 députés primés – à être honoré par ses pairs.

Pourtant, cet agent général d’assurances de 52 ans ne cache pas qu’au début de son parcours politique, sa sensibilité naturelle n’était pas tournée vers le transport: « Je ne suis pas un expert. Mon champ de compétence est plus lié au commerce international. » Mais comme pour lui les infrastructures de transport sont des outils générateurs d’emplois « non délocalisables » qui structurent un territoire, il s’est pris au jeu. « Ma priorité, c’est l’économie. Le transport peut contribuer à lutter contre le chômage », défend cet homme pragmatique, « si l’on veut être performant et efficace, il faut se spécialiser. »

Le transport a trouvé en Franck Proust un nouvel ambassadeur.

Retour au sommaire

Auteur

  • Xavier Renard
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format