Le temps est sans doute venu pour le service du personnel de la RATP de s’interroger sur la capacité de réflexion réelle de l’équipe administrative qui, du fond d’un obscur bureau, décide de ce qui peut, ou non, s’afficher sur les murs de son métro. L’affaire du concert en soutien aux chrétiens d’Orient est en effet révélatrice de l’imbécillité qui semble y régner. À moins qu’il ne s’agisse d’une mauvaise foi crasse.
Car dans un monde où tout s’oublie sans que rien ne se perde, il fut évidemment facile, et de bonne guerre, d’exhumer certaines campagnes souhaitant au voyageur captif un bon Ramadan, ou faisant la promotion du Secours islamique.
Se retrancher dans un premier temps derrière le principe d’une laïcité quasi sanctifiée participait donc d’un système de défense confinant à la stupidité la plus totale dans le contexte international que l’on connaît. Quand la plupart de ceux qui pensent encore, tentent d’éviter que ne s’installe dans les esprits l’idée que nous vivons aujourd’hui une véritable guerre de religion, cet acte facilement qualifiable d’anticléricalisme primaire ne pouvait qu’attiser des tensions déjà si difficiles à contenir. Au fond, l’équation est d’une grande simplicité.
En dehors de tout préjugé dogmatique, lorsque des populations sont clairement massacrées pour ce qu’elles sont, nous avons le devoir de soutenir ceux qui ont pour but de leur venir en aide. Et que cette idée soit ou non difficile à appréhender, pour nous qui vivons aujourd’hui dans le confort d’une société au langage policé, les chrétiens d’Orient sont bel et bien désormais les victimes à part entière de la volonté meurtrière de quelques islamistes assassins bien décidés à détruire ce qui est autre.
Le parti pris de certains esprits étroits de la RATP doit aussi nous interroger sur le rôle sociétal des transports de voyageurs dans l’Hexagone, et sur la notion même de service public.
Oui, tout ce qui s’affiche sur les bus, autocars, tramways, métros et autres abribus a un impact sur le quotidien des voyageurs et sur leur perception du monde. Oui, ces transports sont peut-être l’un des premiers lieux où se joue le devenir du fameux « vivre ensemble » si cher à tous les sociologues. Non, le service public ne peut être confisqué au seul profit de la volonté doctrinale de quelques-uns, surtout lorsqu’elle se montre aussi bête.
