La transition énergétique est en marche, le transport public routier est sous le feu des projecteurs à chaque pic de pollution, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’autobus! Dès le départ, il souffre d’un paradoxe: sa mission est de transporter tous les jours, en polluant le moins possible, des milliers de voyageurs grâce à des moteurs puissants, sonores et résistants, tels ceux qui équipent les camions… Un péché originel que la ville ne peut plus supporter, malgré les progrès apportés par la norme Euro VI (réduction des NOx de 80 % comparé à Euro 0) et un ratio émission polluantes/passagers tout à son avantage. Mais trop tard, le diesel est banni.
Cependant, plutôt que d’attendre le tout-électrique, les bus hybrides diesel-électrique incarnent parfaitement la nécessaire période de transition avant la prochaine étape d’un produit annoncé mais encore trop immature. L’hybride apporte une réponse prête à l’emploi, et surtout, il joue un rôle pédagogique de transition vers des modes post-thermiques. Élus, voyageurs et conducteurs peuvent déjà se familiariser avec ces bus qui arrivent et repartent en silence des stations. Des avantages que l’électrique amplifiera encore davantage.
Le progrès est donc déjà là, et il est fiable. C’est ce qui a motivé, dans ce numéro de Bus & Car, la réalisation d’un dossier de tests sur quatre bus hybrides déjà commercialisés en France. Car le développement de l’hybride laissera aussi le temps aux industriels constructeurs de se préparer à affronter la prochaine étape du tout-électrique. L’arrivée de puissants acteurs venus du ferroviaire (Siemens, Alstom ou Bombardier) ou d’ailleurs (Bolloré), plus avancés en technologies électriques, bouscule l’ordre établi dans les bus urbains. Et c’est sans compter les challengers comme Irizar ou les constructeurs chinois Yutong et BYD.
Avec le sommet sur le climat COP21 prévu en octobre 2015, Paris et la France seront en tout cas aux premières loges pour assister à un nouveau chapitre de l’histoire de l’autobus.
