Stratégie Le constructeur confirme ses ambitions en Europe pour 2015 en étoffant sa gamme de véhicules et en renforçant ses effectifs sur son premier marché export, la France. Plus de deux ans après sa création, Otokar Europe poursuit ses efforts pour faire émerger de nouveaux marchés sur le continent.
Une année 2014 en baisse, mais qui est loin d’avoir été catastrophique. Tel est bilan dressé par Otokar qui présentait ses résultats lors d’une rencontre avec la presse le 30 mars dernier à Paris. En effet, avec 422,5 millions d’euros générés l’année dernière (soit 5,9 % de profits nets), le constructeur turc accuse une diminution des ventes de 12 % par rapport à 2013. Ce résultat est surtout à imputer à ses ventes en Turquie qui se sont tassées. À l’export en revanche « les ventes, qui ont concerné 397 véhicules au total, sont en croissance », se félicite le constructeur. Au-delà de ces chiffres, 2014 a aussi été une année de consolidation et de développement du constructeur hors des sentiers turcs, notamment en France où il a continué de se structurer.
Au niveau européen, la France reste en effet le premier marché d’Otokar, bien avant l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou la Belgique. Mais à l’image des résultats globaux du groupe, l’Hexagone accuse lui aussi une légère baisse par rapport à 2013. Ainsi, le nombre d’immatriculations (hors DOM-TOM) a-t-il chuté de 4,9 % en 2014 avec 137 véhicules. Un chiffre qui, selon Denis Toublanc, doit cependant être remis « dans un contexte ou le marché global a baissé à − 15,2 % ». Pas de raison donc de s’alerter, d’autant que cela n’empêche pas le constructeur de se situer en cinquième position sur le marché français (et huitième dans l’activité de constructeur véhicule).
En plus du lancement d’une nouvelle campagne de communication, de la présentation de véhicules en France et de l’établissement de nouveaux points de services, Otokar Europe a vu ses effectifs renforcés dans tous les secteurs (commercial, pièces de rechange, service après-vente, marketing, comptabilité). Les 14 employés en 2013 sont ainsi passés à 21 fin 2014 et à 22 en mars 2015. Des formations à destination des techniciens ont été organisées. Elles portent notamment sur les nouveaux produits et les nouvelles normes.
Concernant la France, l’année 2014 a été marquée par la mise en place d’une nouvelle organisation commerciale. Le territoire a ainsi été découpé en zones (Nord-Ouest, Sud-Ouest, Nord-Est, Sud-Est et Île-de-France). L’équipe a accueilli deux nouveaux vendeurs et une assistance commerciale.
Pour l’année en cours, Otokar souhaite conserver le rythme de croissance de sa structure et de son catalogue. D’abord, en ce qui concerne les véhicules, la gamme existante sera étoffée. Le Navigo U Cummins sera ainsi proposé en 8,4 m et 37 places. « Cela correspond à quatre places de plus qu’un Navigo standard, explique Denis Toublanc, mais il reste moins cher qu’un 40 places tout en étant plus lourd, et plus robuste qu’un minicar. » De même, le bus urbain standard Kent C low-floor avec moteur Cummins, déjà commercialisé en Italie, Espagne et Allemagne, sera lancé en France cette année « dès que nous aurons la version Euro VI », indique le constructeur. Cette gamme sera complétée par une version de 10,8 m qui sera présentée au salon UITP Milan en juin 2015, et d’une version articulée de 18 m qui sera dévoilée à Busworld Courtrai en octobre prochain. Quant au Vectio C Cummins, il se verra rallongé en 10,1 m avec un changement de motorisation.
Côté services, l’organisation du SAV en France évoluera pour assurer une meilleure couverture du territoire par rapport aux ventes et au parc existant. Chaque zone du territoire sera pourvue d’un inspecteur SAV en plus du vendeur. La formation de plus de 50 techniciens est aussi au programme.
En France, 2015 sera la première année pleine ou Otokar fera cavalier seul, sans son distributeur Fast Concept Car. Pour rappel: le contrat de distribution qui unissait les deux acteurs avait été rompu début 2014, et depuis, le distributeur vendéen a noué un partenariat avec un concurrent turc d’Otokar, Isuzu Anadolu. Aujourd’hui, seul le contrat de service après-vente est encore maintenu avec Fast Concept Car. Cette rupture de contrat, « mauvaise nouvelle inattendue, sans être un problème sur le long terme », expliquait l’an dernier Ali Murat Atlas, le président d’Otokar Europe, ne semble pas inquiéter le constructeur qui maintient (un peu au dessus même) son objectif d’immatriculations pour 2015 à 150 contre 137 en 2014.
De bonnes nouvelles pourraient aussi venir des autres marchés européens. En effet, les résultats de plusieurs appels d’offres en Europe auxquels Otokar a répondu sont attendus. Si certains, comme celui de Malte en janvier dernier (qui portait sur la commande de 142 véhicules en conduite à droite), se sont soldés par un succès, reste maintenant à savoir s’ils seront rejoints par d’autres bonnes nouvelles pour le groupe. À plus long terme, et signe du maintien des ambitions du constructeur turc sur le marché européen depuis la création de la structure Otokar Europe fin 2012, Ali Murat Atlas ne cache pas sa volonté de faire déménager le siège de sa société, aujourd’hui implanté près de Roissy, dans un nouveau lieu en Ile-de-France, à proximité de Paris, « un déménagement qui pourrait être conclu en 2017 ».
