Portrait Surfant sur la diversité de l’offre de transport, la start-up Wehicles propose une plateforme unique pour faciliter les déplacements des usagers en fonction de leurs besoins.
Transports en commun, taxis, VTC, covoiturage, etc. La liste des offres de transport proposées aux usagers est longue. « Considérer la mobilité comme un service est une réflexion assez nouvelle », constate Michael Thomas, fondateur de la start-up Wehicles. Tout a commencé en 2012: « Au départ, l’idée était d’offrir une interface unique qui permette aux usagers d’organiser leurs voyages indépendamment des modes de transports », raconte le chef d’entreprise de 38 ans.
Aujourd’hui à la tête d’une équipe de 9 salariés, dont 5 développeurs basés à Paris, Michael Thomas a entrepris de créer « une plateforme unique avec une approche de service orientée usage plutôt que modalité ». Contrairement aux opérateurs classiques, la colonne vertébrale de la start-up n’est pas l’offre en elle-même, mais l’architecture qui permet de l’héberger. « Le service n’est qu’un ingrédient. Nous n’avons pas vocation à préférer le covoiturage au train, au VTC, au taxi ou à la location de véhicules entre particuliers. Nous voulons proposer ces services, et le choix final sera celui de l’usager », explique-t-il.
Autre idée novatrice: partir de la raison du déplacement. « Pour aller de Paris à La Défense, vous pouvez utiliser les transports en commun, le vélo, prendre un taxi. Mais si vous vous déplacez pour le travail, pour faire un achat ou pour vos loisirs, vous ne ferez pas ce trajet de la même manière », illustre-t-il. À partir de ce constat, l’équipe de Wehicles a développé près de 8 millions de « points d’intérêts » en fonction des usages. Ils regroupent 167 natures de données différentes, des pharmacies aux gendarmeries, en passant par les hôtels, les points culture ou encore les administrations, le tout sur fond de carte.
À travers l’interface lancée en version bêta au mois de mai, Wehicles avance sur les plates-bandes bien gardées du géant Google. « Notre ambition, c’est d’opposer un concurrent européen à Google Maps », déclare Michael Thomas. La plateforme, volontairement discrète pour l’heure, devrait même couvrir le monde d’ici trois ans. Pour faire face à Google Maps, la start-up souhaite regrouper un maximum d’acteurs de la mobilité, en créant une plateforme interne pour chaque service. L’idée est de regrouper au sein d’une même plateforme des services de mobilité collaborative – tels que ceux proposés par BlaBlaCar, Drivy et autre Uber – avec des services de mobilité traditionnels, et de prendre une commission sur chaque transaction réalisée.
En 2012, pour réaliser cet ambitieux projet, Michael Thomas part à la chasse aux données. L’open data, ou l’ouverture des données de transport par les opérateurs et les collectivités volontaires, en est à ses premiers balbutiements. « Il y a eu deux ans et demi de travail acharné sur l’open data », se souvient ce professeur d’architecture de logiciels informatiques. « Nous sommes finalement arrivés à la conclusion que ces données ne sont pas exploitables industriellement. Au mieux, elles permettent des preuves de concept. L’open data à proprement parler n’a pas encore trouvé son modèle », constate-t-il amèrement.
Faute de mobilisation massive, le jeune entrepreneur s’en tient aux localités où « il y a une vraie volonté politique », se connecte aux calculs d’itinéraires d’une dizaine d’opérateurs français sur plusieurs villes parmi les plus importantes en France. « Il y a une révolution à mener », soutient le startuper. Il souhaite pourtant éviter toute « explosion fulgurante », l’idée est de « grandir petit à petit » et de rester indépendant. Partenaire de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans le cadre de la Fabrique des mobilités, Wehicles continue d’apporter sa contribution et son retour d’expérience dans le cadre d’un groupe de travail sur les données qu’elle anime.
Pour consulter le site: www.wehicles.com/map
