Setra 415 UL Business Setra adapte son catalogue aux prix agressifs du marché français en créant une version Business de sa gamme UL. Basé sur l’Intouro de Mercedes-Benz, plus économique, motorisé en Euro VI, badgé Setra et équipé pour répondre aux appels d’offres, le 415 UL Business doit modestement remettre Setra dans la course à l’interurbain. Essai sur notre parcours Bus & Car.
Business is business », et Setra souhaite montrer qu’il ne l’a pas oublié. La marque met à jour sa gamme bien connue de cars interurbains MultiClass UL (Uberland). Depuis la fin 2013, à l’occasion du passage de ses motorisations en Euro VI, le constructeur ajoute une nouvelle déclinaison baptisée Business. Déclinés en trois versions (12,2, 12,7 et 13,38 m), les MultiClass 400 UL Business sont destinés à « apporter du business à nos clients plutôt qu’à proposer des voyages en business class », clarifie Matthias Kussmaul, directeur commercial France de Setra. L’offre existante des Setra UL ne répondait pas à cet objectif. « Ils ne rentraient pas dans les critères des appels d’offres en France et les donneurs d’ordre liés au cahier des charges sont peu attachés à la marque pour en demander à tout prix leur sélection », explique le responsable, « Avec les versions Business, la baisse de tarif se chiffre à 15 % et nos clients sont mieux positionnés dans les appels d’offres en termes de prix avec tout ce qui est nécessaire à bord. »
Comment expliquer cette baisse de tarif? Les listes de prestations et d’options sont plus réduites. On oublie les podestes réhaussables pour effacer les passages de roues, la face avant plus inclinée façon GT, les vitres surteintées, etc. D’autre part, la MultiClass est la seule des trois gammes Setra à conserver la ligne des séries 400. Un choix là aussi économique. « Les avantages en aérodynamisme de la ligne 500 se justifient moins sur des interurbains, et sur les marchés de lignes seul le donneur d’ordre décide d’avoir des prestations plus élevées, autrement ce n’est pas utile », souligne Matthias Kussmaul.
Mais un autre choix industriel majeur de Evobus concentre l’essentiel des économies: celle d’utiliser la carrosserie et le treillis du Mercedes-Benz Intouro pour concevoir le MultiClass 400 UL Business. Concrètement, seules les faces avant et arrière diffèrent entre les deux modèles réalisés sur les mêmes lignes de fabrication de l’usine Evobus de Hösdere en Turquie. « Cela nous permet de profiter de synergies, grâce à des développements déjà effectués par le groupe », assume le directeur commercial, « mais le MultiClass 400 UL Business conserve le look Setra avec une face avant comme UL classique ». C’est d’ailleurs sur ce point de l’identité que la marque compte pour séduire de nouveaux clients en France. « Il peut s’intégrer dans des flottes Setra déjà existantes, et nous voulons apporter une réponse à des transporteurs qui souhaitaient rester avec Setra dans cette gamme de véhicules interurbains et mixtes. » L’important est de gagner des parts de marché au niveau global avec l’Intouro en France, de ne pas cannibaliser les produits existants de la maison et de « chercher des affaires supplémentaires hors clientèles Mercedes-Benz ». Évaluées à 30 unités par an, les ventes du MultiClass 400 UL Business resteront modestes face à l’ogre Intouro, du moins en France, car la règle est inversée dans les autres marchés européens: les modèles interurbains de Setra dament nettement le pion à leur cousin de Mannheim.
Notre MultiClass 415 UL Business de 12,2 m de long était équipé du moteur OM 936 de 354 ch et d’une transmission automatique ZF EcoLife à six vitesses, tandis que la version standard est dotée d’un moteur de 300 ch et d’une boîte manuelle Daimler GO 190 à six rapports. Dans le catalogue, on retrouve également la boîte automatique maison GO 250-8 Powershift et la Voith Diwa.6. À noter que le véhicule est aussi homologué pour la Classe 2.
Il a le squelette de l’Intouro, mais le Setra MultiClass 415 UL Business présente un visage plus rond et affiche une ligne moins sèche: face avant qui ressemble à celle de la série 400, découpe plus arrondie des vitres latérales, arêtes moins tranchées de la face arrière, optiques Setra, tableau de bord, etc. Dernier point: le design de la série 400 passe encore très bien.
À bord, la capacité affiche un total de 51 passagers (51 + 4 d’appoint + chauffeur, ou encore 59 + chauffeur avec podeste amovible), des sièges de la collection Transit (en option, d’autres sièges type route et plus épais pour la France, fixes et inclinables), une climatisation de 32 kW (en option), des racks à bagages ouverts, un lecteur audio CD et des tapis de sols (en option). Pas d’UFR, mais un espace avec sièges relevables au centre. Les portes sont standards: une double centrale et une simple à l’avant. Sans surprise, la tenue de route est fluide, sans à-coups, grâce au couple moteur de 354 ch et boîte ZF.
Comparaison n’est pas raison et l’expression vaut pour les résultats de consommation du Setra MultiClass 415 UL Business et de l’Intouro M au cours de l’essai réalisé l’an dernier (Bus & Car no 961). Avec une moyenne de 23,71 l/100 km, il se place au-dessus de l’Intouro (22,25 l/100 km). La raison: des conditions météorologiques quasi dantesques sur le parcours (pluie incessante et vents en rafales sur la moitié du parcours). On relèvera une excellente performance du MultiClass 415 UL Business sur le premier tronçon (autoroute), à 22,58 l/100 km. Des résultats qui sont allés crescendo au fur et à mesure du parcours pour atteindre 24 l/100 km.
– Longueur/largeur/hauteur 12,20/2,55/3,35 m.
– Moteur
Daimler OM936 Euro VI de 7,7 litres développant 354 ch.
– Boîte de vitesses
Automatique ZF EcoLife AP à 6 rapports avec retardeur intégré.
– Freins AV et AR
À disque intégral avec ESP, BAS, ASR, ABS.
– Suspensions
Pneumatiques intégraux, roues indépendantes à l’avant.
– Réservoir
340 litres. AdBlue: 40 litres.
– Espace bagages
5,2 m3.
Setra entend positionner l’UL Business comme un autocar de ligne polyvalent, face à un Mercedes-Benz Intouro plus orienté services scolaires. Pour justifier ce positionnement, le catalogue d’options dispose d’un atout majeur: la boîte automatique ZF EcoLife 6 rapports (une option à 5 500 HT environ). Pour cet essai, elle est associée au moteur OM936 réglé à 354 ch (et €1 400 Nm de couple). L’ensemble bénéfice d’office d’un ralentisseur intégré à la boîte de vitesses automatique. Un ralentisseur un peu paresseux sur les 5e et 6e rapports, mais beaucoup plus vigoureux sur les rapports inférieurs. Cette vraie boîte automatique “lit”, littéralement, la route. À l’abord d’une montée, il n’est même pas besoin du rétrocontact (qui enclenche le rétrogradage). Sans passer le point dur de la pédale d’accélérateur, elle “sait” que l’on recherche la puissance et va travailler sur l’étendue complète des régimes moteurs. En agglomération, elle aide singulièrement les manœuvres et rend la progression très linéaire dans les bouchons. De la belle ouvrage! Sur autoroute, elle a fait des merveilles grâce à sa grande ouverture en termes de démultiplication (rapport de pont du véhicule essayé 5,222/1). Elle contribue de plus à l’excellente insonorisation mécanique.
Autre bénéfice de la boîte automatique: on a une grande place pour poser le pied gauche, tout bénéfice pour l’ergonomie et l’espace dévolu au conducteur!
La direction est tout aussi réussie: bon rayon de braquage, assistance bien tarée, bon filtrage et démultiplication bien choisie. On regrettera juste un volant un peu grand.
Côté déceptions, l’équipement de série est pauvre et la finition a montré quelques faisceaux électriques au niveau de la colonne de direction: une négligence qui choque pour un véhicule badgé Setra. Sur les Intouro et les UL Business, Hösdere souffre de quelques dispersions dans les finitions! De même, on regrettera les radineries d’équipement (rétroviseurs à réglage électrique et miroir d’accostage en option).
Ce véhicule a le potentiel, une fois correctement équipé, pour multiplier les missions, de la ligne à l’excursion. Sa polyvalence est proprement stupéfiante, plus encore avec la boîte automatique ZF EcoLife 6 rapports!
• Agrément de la boîte de vitesses automatique ZF optionnelle.
• Maniabilité.
• Polyvalence d’utilisation étonnante.
• Visibilité directe. appréciable
• efficacité du ralentisseur intégré (sur les premiers rapports)
• ergonomie et volume habitable bien pensés
• Détails de finition perfectibles.
• Ralentisseur intégré paresseux (5e et 6e rapports).
• Équipement standard pauvre.
• manque d’espaces de rangements
Bonne nouvelle: la boîte automatique ZF EcoLife exige la vidange de son huile (avec échange de la cartouche filtrante) tous les 2 ans (ou 180 000 km selon Setra). Un petit coût comparé au changement d’embrayage! L’accessibilité au compartiment moteur est très bonne. Dommage que les menus au tableau de bord pour accéder aux jauges soient si compliqués, lecture rendue encore plus ardue par l’effacement trop rapide de l’affichage. L’entretien courant bénéficie d’un plan de maintenance large: une visite annuelle ou tous les 90 000 km.
Le filtre à particules devra être échangé tous les 2 ans ou tous les 180 000 km (échange standard à environ 1000 € HT dans le réseau de la marque).
Tous les contrôles usuels sont parfaitement lisibles et accessibles, les niveaux de fluides (liquide de refroidissement, huile moteur, fluide hydraulique) comme le filtre à air.
Le capot offre un bon dégagement en hauteur, ce que les conducteurs de grande taille apprécieront. Idem pour les courroies d’entraînement dont l’accès n’est pas entravé par de quelconques supports et traverses. C’est un copié-collé du Mercedes-Benz Intouro, ce qui signifie que l’approvisionnement en pièces et l’entretien courant sont largement familiers du réseau.
Au quotidien, on appréciera aussi la proximité des orifices de remplissage gazole et AdBlue.
La jauge à huile manuelle est en option, mais Setra France l’inclut d’office dans ses définitions de véhicules. Une telle radinerie demeure inexplicable de la part de l’usine!
Notez une originalité par rapport au Mercedes-Benz Intouro: les optiques choisies sont en parfaite standardisation avec d’autres modèles de la gamme Setra série 400.
• Accessibilité soignée aux contrôles usuels.
• Grand dégagement du capot moteur.
• Pas d’embrayage à changer (option ZF EcoLife).
• Bon agencement des organes en salle des machines.
• Intervalles de maintenance du filtre à particules serrés.
• Contrôle des jauges via l’ordinateur de bord fastidieux.
• Jauge à huile manuelle en option!
