Promesse tenue. Comme il l’avait annoncé le 11 décembre 2014, au lendemain de la présentation du projet de loi Macron au Conseil des ministres, Réunir, le premier réseau de PME de transport de voyageurs, s’est lancé dans la course aux lignes d’autocars nationales.
Le 4 août, Starshipper, le réseau de lignes régulières créé en 2012 par Réunir, déjà fort de 10 lignes internationales desservant 18 villes françaises, ouvrait une toute nouvelle liaison entre Bordeaux, Dax et la côte basque.
Et ce lancement ne devrait pas être le dernier: « Nous prévoyons déjà de créer 15 lignes entre le 7 août et fin 2015 », indique Joël Arcondeguy, responsable du projet des lignes nationales/Starshipper chez Réunir. Avec ces créations, si le réseau fonctionne aujourd’hui avec 12 véhicules, « d’ici fin 2015, ce chiffre aura au moins doublé. Nous espérons avoir rapidement entre 30 et 35 véhicules si les constructeurs arrivent à nous livrer », ajoute le responsable.
La compagnie a aussi une stratégie à moyen terme déjà toute définie: « Si le marché répond et si les clients sont là, l’objectif serait de développer encore de nouvelles lignes et de faire monter en puissance les lignes existantes, explique Joël Arcondeguy. Ainsi, certaines d’entre elles, qui proposent quatre allers-retours par jour, passeront à six, huit, etc. » Et ce développement, précise-t-il, devrait logiquement permettre la création d’emplois: « Si la libéralisation a déjà permis de créer une quarantaine d’emplois directs sur notre réseau, une fois que tout sera mis en place, c’est-à-dire d’ici deux ou trois ans, nous espérons 700 à 750 créations. Il s’agira principalement de postes de conducteurs bien sûr, mais il faudra aussi du personnel pour l’entretien mécanique, la réservation, le nettoyage des véhicules, etc. »
Pour atteindre cet objectif, Starshipper compte bien se démarquer de certains de ses concurrents. D’abord au niveau des tarifs: « Nous ne voulons pas forcément avoir une politique de voyages low cost, contrairement à des groupes tels que le Britannique Megabus. Nos prix oscilleront entre 7 et 10 centimes du kilomètre (soit des tarifs avoisinant ceux du covoiturage). Il n’est pas question de faire du bas prix, il ne faut pas dévaloriser le produit autocar, ne pas donner une image bon marché, surtout que nous sommes déjà bien moins chers que le train ou l’avion. Bien sûr, cette politique tarifaire sera assortie de la qualité de service qui va avec », explique Starshipper.
En effet, avec un cahier des charges très strict, les adhérents du réseau devront forcément circuler avec des véhicules neufs (euro VI pour les futurs cars). En termes de confort, les clients bénéficieront d’un espacement des sièges de 83 centimètres, du wifi, de l’air conditionné, de la vidéo, et se verront recevoir une bouteille d’eau lors de leur trajet. Reste maintenant à savoir si le réseau saura imposer son modèle face à ses concurrents.
