Le projet d’une troisième ligne de métro à Toulouse, priorité du mandat du maire UMP Jean-Luc Moudenc, devrait voir le jour en 2024. Raillé lors de la campagne électorale car jugé pharaonique face au réseau de tramway soutenu par le maire socialiste sortant Pierre Cohen, mais porté avec pragmatisme depuis 2014 par l’adjoint au maire et président de Tisséo-SMTC Jean-Michel Lattes, il arrive aujourd’hui à une phase plus concrète. Son nom: Toulouse Aerospace Express.
« Nous avons lancé une idée, cela devient un projet », s’est réjoui le maire de Toulouse lors de la présentation à mi-parcours de la deuxième étude au comité de pilotage partenarial. Comité qui réunit les quatre intercommunalités membres du SMTC (Toulouse Métropole, Sicoval, Muretain et SITPRT), l’État, la région, le département, la SNCF et des acteurs du monde économique (CCI, l’aéroport et Airbus).
Cette étude, menée conjointement par les ingénieurs et les techniciens de Tisséo, de la SMAT (société de la mobilité de l’agglomération) et de l’AUAT (Agence d’urbanisme et d’aménagement de Toulouse aire urbaine), sera terminée fin 2015. Elle a étudié les différents fuseaux possibles au sein d’un corridor est-ouest reliant les pôles économiques aéronautiques, spatiaux et numériques majeurs de la région toulousaine, et concentrant 48 % des emplois. La ligne TAE (Toulouse Aerospace Express) pourrait ainsi transporter 200 000 voyageurs par jour.
Le tracé de la future ligne, de 20 à 25 km, devrait relier Colomiers, la zone aéroportuaire de Blagnac et les sites d’Airbus, à l’ouest, à la zone commerciale et économique tournée vers le numérique de Labège, au sud-est. Deux points sont déjà fixés: la gare Matabiau avec le quartier Toulouse Euro-Sud-Ouest qui doit être aménagé pour l’arrivée de la LGV, et le campus Montaudran Aerospace avec le site d’Airbus Defence and Space, ex-Astrium (au sud-est).
Les élus devront choisir d’ici fin 2015 entre des solutions donnant la priorité aux emplois, à l’habitat (en zone dense ou sur des territoires en mutation) ou aux connexions (avec les deux autres lignes de métro). Le début des travaux est annoncé pour 2019 pour une mise en service prévue en 2024.
Le budget envisagé va de 1,5 à 1,7 milliard d’euros, contre 1,4 milliard pour les 15 km de la ligne B. Évitant le centre-ville, TAE pourrait en effet bénéficier de nombreuses portions aériennes ou en tranchées couvertes, bien moins coûteuses. « Le montage financier s’affinera d’ici deux ans, a indiqué Jean-Michel Lattes, avec des montages originaux pouvant inclure des partenariats publics-privés ». Les élus comptent aussi sur le dynamisme du versement transport (en hausse de 4 % à Toulouse cette année, alors qu’il est en forte baisse dans de nombreuses agglomérations), des outils facilitateurs promis par le ministre de l’Économie Emmanuel Macron et des crédits européens liés au plan Juncker.
Le projet de prolongement de la ligne B du métro vers Labège, dont l’enquête publique s’est déroulée du 2 avril au 18 mai et dont les conclusions sont attendues le 7 septembre, pourrait en pâtir. Bien plus avancé et porté depuis de nombreuses années par la communauté urbaine du Sicoval, avec un financement (bouclé) de 362 millions d’euros, il a été remis en cause par le président de Toulouse Métropole. « Je milite depuis 15 ans pour que le métro arrive à Labège, a affirmé Jean-Luc Moudenc. Mais le mieux que le Sicoval ait à faire aujourd’hui, c’est de s’embarquer dans TAE. » Réponse d’ici fin 2015.
