Début 2015, le conseil général de l’Isère décide de réduire de plus de 30 % sa participation au syndicat mixte des transports en commun (SMTC) de Grenoble. Surpris par cette annonce, le principal intéressé hiérarchise son réseau, quitte à changer de métier.
2015 Sera une année historique pour le syndicat mixte des transports (SMTC) de Grenoble. En effet, dès le mois de janvier, le conseil général de l’Isère annonce son intention d’abaisser sa contribution aux transports de 31 %, soit 23 M€ de moins par rapport à 2014. « Cette décision est un choix politique qui nous échappe », confie Yann Mongaburu, président du SMTC de Grenoble. Conclusion, le gestionnaire doit tenir la barre avec 173 M€.
Une situation d’autant plus compliquée à gérer que cette subvention représente 43 % de ses recettes et que le SMTC est l’un des plus gros pourvoyeurs d’investissement local. « Lorsque nous investissons 300 M€ sur une ligne de tramway, c’est 500 entreprises qui travailleront sur le chantier », revendique Yann Mongaburu.
Dans un premier temps, l’AO a commencé par faire un état des lieux de ses marges de manœuvre en interne. Efforts sur les frais de gestion, attention accrue sur les coûts de fonctionnement et réductions sur les dépenses “accessoires”, l’heure est à la rationalisation. En parallèle, de nouvelles formes de coopération entre les autorités organisatrices sont envisagées pour mutualiser certaines études, franges de personnel ou agences commerciales.
Dans un second temps, l’AO réoriente sa stratégie de développement avec une préoccupation: préserver l’offre. Pour cela, elle commence par hiérarchiser ses différents niveaux d’offres de transport du réseau pour le rendre plus lisible et assurer une meilleure complémentarité. En clair, optimiser les moyens pour aboutir à des coûts d’exploitation maîtrisés. « Cette baisse de subventions faisant planer un risque sur nos investissements, nous avons priorisé nos projets en favorisant ceux qui étaient susceptibles de générer des économies de fonctionnement, comme le renouvellement de la flotte, le développement de nos lignes Chrono, la finalisation de la ligne E du tramway ou les créations de pôles d’échanges multimodaux », explique Yann Mongaburu.
Concrètement, l’AO a dégagé trois niveaux de services: le réseau magistral composé des lignes de tramway et d’autobus Chrono ayant la même fréquence et couvrant 75 % de la population locale, les lignes Proximo constituées d’autobus de quartier, les lignes de proximité Flexo, régulières et à la demande, destinées aux zones denses. Au final, « 99 % de la population vit aujourd’hui à moins de 25 mètres d’une ligne de bus », plaide le président du SMTC de Grenoble.
Pour parvenir à ce résultat, le syndicat a dû revoir, ligne par ligne, les horaires, les dessertes, les correspondances, les fréquences, les itinéraires, les temps de parcours, etc. « À notre niveau, cela a impliqué un changement de métier. Organiser la complémentarité des modes est un travail d’orfèvre », confie Yann Mongaburu.
« Lorsque nous investissons 300 M€ sur une ligne de tramway, c’est 500 entreprises qui travailleront sur le chantier. »
• 5 lignes de tramway
• 46 lignes de bus
• 18 parkings relais
• Fréquentation: 80 millions de voyages par an
