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Euro VI-c par le détail

Euro VI a imposé des normes d’émissions extrêmement basses pour les véhicules neufs immatriculés à partir du 1er janvier 2014: oxydes d’azote: 0,4 g/kWh [gaz irritant, légère odeur piquante], monoxyde de carbone: 1,5 g/kWh [gaz mortel, inodore, incolore], hydrocarbures imbrûlés: 0,13 g/kWh, particules dites PM10: 0,01 g/kWh (une division par 6 de leur nombre par rapport à Euro V), fumées: 0,15 g/kWh. Cependant, la Commission européenne ne s’est pas arrêtée là. En effet, à partir de 2018, avec Euro VI-c, seront aussi prises en compte les émissions d’ammoniac en sortie de catalyse SCR et la communication des valeurs estimées de rejets de CO2/km pour les véhicules industriels. Comme pour la sonde DeNOx déjà appliquée depuis Euro V phase 2, un détecteur déclenchera une alerte moteur (via l’On-Board Diagnostics, OBD) en cas d’émission d’ammoniac trop élevée. La qualité de l’AdBlue sera également contrôlée! Le tout, devra fonctionner, comme pour l’Euro VI actuel, 7 ans et 700 000 km (pour un camion de plus de 16 t) et être conforme aussi bien au banc que sur route (là est la grande différence avec les normes Euro automobiles préexistantes qui ont permis à Volkswagen, et probablement à d’autres, de leurrer les services d’homologation).

La société AVL, bureau d’études bien connu pour ses analyseurs de gaz, estime qu’en 2020, apparaîtront des sévérisations comme la prise en compte des particules fines (<PM10) ou la limitation des émissions de dioxyde d’azote à 45 % des volumes de NOx produits.

En ce qui concerne les émissions CO2 des véhicules industriels, elles seraient estimées via un programme de simulation appelé Vecto, prenant en compte les émissions du moteur de sa chaîne cinématique, mais aussi, par calcul, la résistance aérodynamique et la résistance au roulement. Purement déclaratif à l’horizon 2018, ce système d’évaluation des consommations ferait l’objet de plafonds après 2020-2023.

Le grand CIRC autour du diesel

La phobie du diesel est née en 2012. Le point de départ est une réunion du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui classe les gaz d’échappement des moteurs diesel comme cancérigène pour l’homme, associant cette exposition à un risque accru du cancer du poumon. Un avis est rendu public dans un communiqué de presse le 12 juin 2012, faisant suite à deux décisions: en 1988, le CIRC classe les gaz d’échappement du moteur diesel comme probablement cancérigène, et en 1998, il estime les études sur ce thème prioritaire.

L’avis de juin se fonde sur une étude publiée en mars 2012 sur les expositions professionnelles à de telles émissions chez les mineurs de fond, étude menée par le National Cancer Institute aux États-Unis. On peut toutefois se demander dans quelle mesure les émissions de moteurs diesel industriels non routiers, dans un espace clos en environnement minier, sont comparables avec celles des véhicules routiers européens utilisant des gazoles sans soufre? De plus, le CIRC admet en conclusion de son communiqué que des progrès sur les émissions ont été accomplis et que « la recherche doit travailler sur la question ». Mais peu importe la fin du texte, les militants Verts lancèrent immédiatement leur fatwa anti-diesel et initièrent une véritable guerre sainte contre cette motorisation. Lors du salon RNTP, les réactions de Pierre Serne, élu EELV, vice-président du Gart et 2e vice-président région du Stif et du réseau Fil Bleu à Tours, qui exigeait l’examen des bus Euro VI en parc, confirment l’état de psychose, alimenté et accentué par les tricheries de Volkswagen sur ses automobiles.

Faut-il rappeler que les normes antipollution automobiles et industrielles n’ont pas les mêmes critères de contrôle et d’évaluation? Clairement, les Verts se sont accaparés le sujet au nez et à la barbe des ingénieurs motoristes, lesquels sont devenus inaudibles.

Quant aux techniciens et exploitants, ils se sont inclinés devant les ayatollahs anti-diesel et on en voit les conséquences aujourd’hui: tous les élus se tournent vers l’électrique, sans réfléchir aux conséquences financières ou environnementales de ce choix technique.

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Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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