Dans une zone marquée par la croissance, tant économique que démographique, les élus franco-suisses se mobilisent pour promouvoir des solutions alternatives à la voiture individuelle.
À la frontière franco-suisse, RER, bus et covoiturage partagent au moins deux points communs: se positionner comme une alternative à la voiture en solo et participer à la baisse des émissions de CO2. En 2011, à la frontière du canton de Genève, on enregistrait 500 00 déplacements quotidiens, dont moins de 16 % étaient effectués en transport en commun, provoquant de fortes congestions du trafic routier. D’où l’idée de créer une liaison de type RER de 16 km entre Genève et Annemasse, dont 2 km de voie nouvelle côté français: le Léman Express.
Lorsqu’il entrera en service, en décembre 2019, il s’étendra sur 230 km de ligne et desservira une quarantaine de gares sur un rayon de 60 km autour de Genève, touchant près d’un million d’habitants sur deux cantons suisses et un département français. « Cette réalisation représente un point clé dans l’organisation des transports en Haute-Savoie, tant pour les déplacements domicile-travail que pour les loisirs ou l’accessibilité longue distance », assure Christian Monteil, président du conseil départemental, l’un des 13 partenaires financiers impliqués dans ce projet. Notons qu’à elles seules, la réalisation d’une double voie ferrée entre Annemasse et Genève et la modernisation du réseau ferroviaire en Haute-Savoie représenteront un investissement de 234,2 M€. Le Léman Express optimisera les temps de parcours et apportera une offre de transport supplémentaire: Annemasse–Cornavin en 20 minutes, avec un train toutes les 10 minutes en heure de pointe et une tarification simplifiée avec un seul ticket.
Un autre chantier transfrontalier vertueux est le BHNS baptisé Tango, dont les installations et les nouveaux véhicules ont été inaugurés le 19 septembre par le président d’Annemasse Agglomération, le chef de la coopération transfrontalière du département fédéral des Affaires étrangères à Berne et le vice-président du conseil départemental de Haute-Savoie. Avec cette nouvelle offre, l’enjeu est de multiplier par trois la fréquentation des transports en commun, de diminuer de 7 millions de kilomètres les trajets réalisés en voiture chaque année – soit 4 000 véhicules de moins chaque jour sur les routes – et de réduire de 3 000 t par an les émissions de CO2. Les deux lignes définies et les neuf bus qui y circulent concernent 15 000 salariés et 8 000 scolaires. Sur 7,5 km, dont 40 % sont sur voies réservées avec priorité aux carrefours, la qualité du service et la ponctualité s’en trouvent sensiblement améliorées. En effet, Tango est assuré de 5 h 30 à 22 h 30, avec une fréquence actuelle toutes les 15 minutes qui sera progressivement ramenée à 9 minutes dans la configuration finale.
L’autopartage s’est aussi mis à l’heure du développement durable des deux côtés de la frontière. Avec le concours de trois cantons suisses, Genève, Valais et Vaud, et deux départements français, l’Ain et la Haute-Savoie, le site www.covoiturage-leman.org contribue à modifier les comportements en matière de mobilité pendulaire. « Ce sont 2,8 millions de personnes qui sont concernées par le covoiturage », selon Jacques Melly, président du conseil du Léman. Car la croissance, tant démographique qu’économique, a des conséquences: « même si nous sommes très loin des densités de population de Paris ou de Shanghai, nous enregistrons en heure de pointe des congestions de circulation comparables », constate Virginie Duby-Muller, député de Haute-Savoie. « Huit frontaliers sur dix, circulent seuls à bord de leur véhicule », ajoute-t-elle.
Le site www.covoiturage-leman.org mutualise l’offre actuelle de six sites existants et bénéficiera bientôt d’une communication renforcée sur les radios locales.
« Huit frontaliers sur dix, circulent seuls à bord de leur véhicule. »
