La conférence des Nations unies sur le climat s’ouvrira dans quelques semaines à Paris. Pour les acteurs du transport, c’est l’occasion rêvée de mettre certaines de leurs initiatives sous le feu des projecteurs.
En quelques années, le transport routier de voyageurs est parvenu à s’imposer dans la cour des modes de transport les plus vertueux. S’articulant autour du nombre de rejets d’émissions de CO2 par usager, son argumentaire marketing tend aujourd’hui à glisser vers l’idée que le secteur devient moteur en matière d’innovations vertes. Alors, pas question pour la profession de passer à côté du formidable coup de pub impulsé par la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Après l’échec du précédent opus, qui s’était déroulé à Copenhague en 2009, l’enjeu de cette édition est de parvenir à un accord international visant à maintenir le réchauffement climatique mondial en deçà de 2 °C. Pour y parvenir, le transport a des idées.
Alors que les transports participent à hauteur de 25 % à l’émission totale de CO2, le poids du secteur n’est pas neutre et les efforts entrepris par les acteurs concernés sont susceptibles de peser sensiblement dans la balance à moyen terme. De la ville intelligente, et surtout hyperconnectée, au développement de systèmes de covoiturage transfrontalier, en passant par le BHNS restructurant une ville, les autorités organisatrices de transports (AOT) ne manquent parfois pas d’audace pour mettre en place des politiques de mobilité qui encouragent l’accélération du report modal ou l’enrichissement du volet climat de leurs plans de transport.
Du côté des grands groupes de transport, il s’agit de communiquer sur certaines de leurs démarches. Avec son plan Bus 2025, la RATP veut remplacer (d’ici 2025) les motorisations diesel de son parc de 4 500 véhicules selon la répartition suivante: 80 % de bus électriques et 20 % de bus roulant au biogaz. Objectif: réduire ses consommations d’énergie de 15 % et ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. En parallèle, la SNCF mise sur son concept d’économie circulaire. Elle le développe via ses centres de démantèlement des matériels, ses processus de recyclage des sièges de train ou de retraitement de l’eau, des huiles et des graisses.
Alors que CarPostal organisait mi-octobre un roadshow aux quatre coins de la France pour faire découvrir son bus électrique à pile hydrogène développé depuis 2011, Transdev mettait en avant le dispositif WATT. Il s’agit de la première expérimentation de bus 100 % électrique à recharge ultrarapide, en exploitation à l’aéroport de Nice depuis le mois de février et qui permet d’économiser 30 000 litres de diesel par an pour un coût d’exploitation de 25 € par jour contre 75 à 100 € pour un bus classique.
Enfin, début octobre, 11 compagnies de taxis s’engageaient à veiller à ce que 33 %, 50 % ou 100 % des nouveaux véhicules qui entrent dans leur flotte émettent moins de 60 g de CO2 par kilomètre d’ici à 2020.
