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L’abonnement général, savoir-faire suisse depuis 1898

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Évolution de la demande d’abonnements généraux 1970-2006

Crédit photo Shahinez Benabed

L’abonnement général, qui permet d’accéder à la quasi-totalité des réseaux de transport suisses, a été lancé en 1898 sur les lignes de chemin de fer du pays. Aujourd’hui utilisé par plus de 300 000 usagers, il a néanmoins fallu attendre près d’un siècle pour qu’il voie sa popularité exploser.

À l’heure où les réseaux européens cherchent de plus en plus à faciliter les déplacements en transport en commun, via notamment une billettique intégrée et multimodale, l’exemple de la Suisse est souvent cité. Et pour cause, elle propose à ses usagers l’abonnement général, désormais intégré au SwissPass, qui permet de circuler librement sur les lignes de train des Chemins de fer fédéraux et des entreprises privées du pays. Il est aussi utilisable sur les bateaux, les cars postaux et dans « les transports publics de proximité, tels que le tram et le bus, dans la plupart des villes et agglomérations », indiquent les CFF.

Si son prix annuel de 3 655 CHF (équivalent à 3 338 €) a de quoi faire bondir tous les acteurs du transport français, en Suisse, où le salaire médian est de 5 000 € par mois, son coût apparaît soudain bien plus abordable. D’autant plus que, comme l’avait expliqué Sébastien Munafo, assistant doctorant de l’école polytechnique fédérale de Lausanne, lors des journées de l’intermodalité de novembre 2014 à Strasbourg, « beaucoup d’abonnés bénéficient de réductions et ne paient pas le tarif plein de l’AG ».

Une histoire vieille de 117 ans

Mais de quand date ce fameux AG, envié dans la majeure partie de l’Europe? Là aussi, la suisse fait de loin partie des précurseurs en matière de mobilité durable. Selon l’Union des transports publics suisses qui a réalisé un document retraçant l’histoire de ce précieux sésame, le premier abonnement général a été introduit pour la première fois dans le pays en 1898! Soit il y a plus d’un siècle.

Développé par l’association des voyageurs de commerce et la Nordostbahn (chemins de fer du Nord-Est), il réunissait à l’époque 15 entreprises de chemin de fer et donnait accès à un réseau de 3 195 km. En dehors d’une période de crise durant la deuxième guerre mondiale (qui a vu sa vente suspendue pendant quatre mois), l’AG a dès lors continué son développement progressif pour atteindre 5 502 kilomètres dès 1929.

Mais ce n’est qu’en 1990 que « la prise en compte des entreprises du trafic local, principalement des 24 plus grandes villes, a été réalisée », indique l’UTP. Labonnement a pu alors être valable sur près de 23 500 kilomètres.

Par contre, le niveau du nombre d’abonnés a mis très longtemps à décoller, « jusque dans les années quatre-vingt, la diffusion de l’abonnement général était marginale. En 1963, il n’y en avait que 8 758 en circulation, explique le document. Jusqu’en 1970, ce nombre a baissé à moins de 8 000, pour augmenter nettement à partir de 1974 et atteindre 38 330 abonnements en 1989. Ensuite, a suivi une décennie de folie avec des taux de croissance à deux chiffres. En 1999, le nombre de 220 000 était atteint et à l’été 2006, le seuil de 300 000 abonnements a été dépassé. » Lextension du réseau couvert, notamment des réseaux urbains, n’est pas étrangère à ce boom.

Sébastien Munafo, assistant doctorant de l’école polytechnique fédérale de Lausanne

« Beaucoup d’abonnés bénéficient de réductions et ne paient pas le tarif plein de l’AG. »

L’OV-chipkaart, le SwissPass des Pays-Bas

Tout comme les suisses, les Pays-Bas font eux aussi figure de précurseurs dans le développement d’un système billettique à l’échelle nationale.

La Suisse n’est pas le seul pays européen à proposer un système de carte à puce nationale de transport. Les Pays-Bas se sont lancés dès 2005 dans la mise en place de l’OV-chipkaart (carte à puce de transport en commun). Permettant de circuler sur l’intégralité des réseaux de transport en commun du pays (bus, métro, tramway, train), la carte a été mise en place, pour un montant global de près de 1,1 Md€, par cinq entreprises de transport réunies sous la joint venture Trans Link Systems, créée en 2001 pour l’occasion. À la différence du modèle suisse qui propose un abonnement général permettant de circuler de manière illimitée sur le réseau, l’OV-chipkaart fonctionne avec une tarification qui évolue en fonction de la distance parcourue. Les usagers doivent donc valider leur pass au début et à la fin de leur trajet pour que le calcul du prix soit réalisé. Ce système est utilisé chaque semaine par près de trois millions de voyageurs.

Évolution de la demande d’abonnements généraux 1970-2006Source: Union des transports publics suisses.
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  • Shahinez Benabed
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