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Siemens France Éric Cazeaux

« Nous entrons dans une phase de croissance »

Siemens France vient d’annoncer l’implantation du siège mondial de l’activité Val à Toulouse. Éric Cazeaux, directeur de la division Mobility et directeur général de l’activité Val, répond aux questions de Connexion Transports–Territoires.

Connexion: Vous avez annoncé le 9 novembre l’implantation à Toulouse du siège mondial de votre activité de métros automatiques Val. Elle était répartie entre plusieurs sites, pourquoi ce changement?

Éric Cazeaux: Jusqu’à présent, notre activité Val de métros automatiques légers était localisée à Roubaix, Colomiers et Châtillon. Nous allons regrouper toutes les équipes sur un seul site à Toulouse. Cela permettra de rapprocher les équipes en charge du matériel roulant, de la maintenance et des services. Cela a du sens que celles qui conçoivent les matériels roulants puissent voir concrètement les activités de réparation et de maintenance.

En revanche, le centre de compétences mondial de Siemens pour les automatismes de métro, qui occupe une majorité des équipes de Châtillon, va rester là-bas, proche de nos clients clés que sont la SNCF et la RATP, et très tourné vers l’international.

Pourquoi avoir choisi Toulouse pour le siège de votre activité de métros automatiques?

E. C.: Il y a plusieurs raisons à cela. La première est que nous avons besoin de systémiers car nous fournissons des systèmes clés en main. Notre vocation n’est pas de fabriquer, mais de concevoir et de faire fabriquer. Nous avons donc besoin de compétences proches de celles que l’on trouve dans les systèmes aéronautiques et les systèmes embarqués en général. Ensuite, il existe à Toulouse un terreau d’écoles d’ingénieur et d’universités qui produisent tous les ans des collaborateurs remarquables dans le domaine. Associé à cet écosystème, on trouve un ensemble de PME très bien adaptées à nos besoins, car l’aéronautique et le spatial ont des problématiques qui ressemblent aux nôtres: des séries qui ne sont pas celles de l’automobile, des niveaux de disponibilité et de sécurité extrêmement élevés, des durées de vie très longues. Le tissu de PME, confronté à des problèmes similaires aux nôtres, a développé des savoir-faire qui nous sont très utiles. Nous travaillons déjà avec des PME toulousaines comme Nexter ou Actia, et nous souhaitons nous rapprocher de ce tissu pour en tirer le meilleur parti.

La troisième raison est que la métropole toulousaine est en forte croissance depuis plus de 20 ans, et confrontée à des défis en matière de transports publics, auxquels nous souhaitons répondre dans une démarche de partenariat. Siemens y a déjà réalisé deux lignes de métro qu’il va falloir développer pour faire face à leur fréquentation croissante. Au-delà du métro, Toulouse va avoir besoin d’électrifier ses bus, de gérer sa multimodalité, des domaines pour lesquels nous disposons de compétences significatives.

Le choix de Toulouse de développer une troisième ligne de métro plutôt qu’un tramway a-t-il joué dans votre décision?

E. C.: La perspective de faire une troisième ligne de métro à Toulouse est attractive, mais ce n’est pas cela qui a motivé notre décision. On ne déplace pas une centaine d’ingénieurs, peut-être 200 demain, pour gagner un contrat. C’est une démarche de long terme que nous entreprenons.

Ce regroupement de sites est-il dicté par le faible niveau de commande de métros en France?

E. C.: Non, ce n’est non plus pas la motivation. Nous avons passé notre creux de charge lié à la faiblesse des commandes sur les 3 à 4 années précédentes. Nous entrons plutôt dans une phase de croissance, avec une augmentation de nos carnets de commande. Au-delà de Rennes et de Toulouse, il n’y a pas d’autres projets de métro à court terme en France, en dehors du Grand Paris où nous espérons bien pouvoir concourir sur la ligne 18, avec notre nouveau système CityVal qui a été choisi par Rennes pour sa deuxième ligne.

Mais le centre de Toulouse est mondial, donc destiné à servir le marché international.

E. C.: Oui, ce centre de l’activité Val à Toulouse est destiné à servir le monde entier, avec des partenariats locaux bien sûr. Le marché français est un tremplin pour attaquer le marché mondial qui est bien plus important et commence à repartir dans le domaine des métros légers. Il existe des opportunités dans de grands aéroports qui s’agrandissent, comme à Los Angeles, Hong Kong, Dubaï ou Francfort (projet pour lequel la préqualification est en cours). Il existe aussi des opportunités très intéressantes dans les grandes métropoles chinoises qui veulent densifier le maillage de leurs lignes de transports urbains en recourant aux tramways et aux métros légers sur pneus. Dans les 10 à 15 prochaines années, je pense que la Chine va construire plusieurs centaines de kilomètres de métro léger. La reprise va aussi poindre prochainement avec les conséquences de la COP21 et la nécessaire décarbonisation des transports urbains.

L’emploi va-t-il donc grimper chez Siemens Mobility en France, alors qu’il a eu tendance à baisser ces dernières années?

E. C.: Pour les automatismes de métro, nous sommes confrontés à une compétition mondiale extrêmement virulente qui nous amène à améliorer notre compétitivité, en réalisant en France des activités à très forte valeur ajoutée. Nous avons adapté notre effectif à cette réalité.

La concurrence est moins intense sur les systèmes clés en main de métros car il y a moins d’acteurs, mais une concurrence tout aussi agressive. Le travail d’adaptation de notre force de frappe a déjà été fait, en nous centrant là aussi sur des métiers à forte valeur ajoutée. Après trois ans de contraction, notre activité Val redémarre et nous allons être amenés à créer des postes qualifiés (de techniciens et d’ingénieurs).

Le 9 novembre, nous avons ouvert nos bureaux à Toulouse avec une cinquantaine de personnes. Dans les mois qui viennent, nous allons monter progressivement à plus d’une centaine de personnes pour arriver à 150 d’ici un an. Des recrutements se feront sûrement à Toulouse pour faire face à la montée en charge de nos projets.

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Auteur

  • Catherine Sanson-Stern
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