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La RATP veut accélérer le digital

Élisabeth Borne a présenté la nouvelle stratégie du groupe pour les services digitaux. L’émergence de nouveaux usages et la pression induite par les nombreuses applis innovantes du marché forcent la RATP à dynamiser ce secteur, sous peine d’être dépassée.

Début novembre, lors de la présentation de la stratégie du groupe RATP en dix chantiers, Élisabeth Borne a expliqué que « la RATP doit continuer à préparer l’ouverture à la concurrence, et mettre l’accent sur le digital pour peser dans ces nouvelles mobilités ». Placés au cœur de cette stratégie, l’innovation et le numérique sont l’un des axes majeurs du travail qui attend les équipes. Le ton volontaire et l’ambition affichés sonnent comme un tocsin pour redynamiser les chantiers numériques du groupe. « Nous devons être encore plus exigeants, encore plus performants, mon ambition, c’est que le groupe RATP incarne la mobilité durable et la ville intelligente au service des voyageurs », a expliqué la présidente, nommée voilà six mois, de la RATP.

Car la rapidité des évolutions liées aux usages numériques des voyageurs implique la création d’un écosystème favorisant la culture de l’innovation en interne, mais aussi la création de passerelles vers l’extérieur, start-up et développeurs d’applis mobiles en premier lieu. C’est cette analyse de partenariat et de codéveloppement avec de petites structures souples et réactives, qu’ont menée les groupes de transport, de Transdev à Keolis en passant par la SNCF. Pour la création de nouveaux services et des modèles économiques associés, les capacités internes, aussi performantes soient-elles, ne suffisent plus à tenir le rythme des évolutions du numérique, que ce soit en termes de moyens ou de maturité de la culture numérique des équipes.

Une nouvelle direction de l’innovation

C’est ce tournant que s’apprête donc à prendre la RATP, avec un certain retard tout de même… Retard qu’elle compte combler en créant tout d’abord une direction de la stratégie, de l’innovation et du développement. Elle sera confiée à Nathalie Leboucher, invitée au Comex du groupe. Cette polytechnicienne HEC et ENSAE a été senior vice-président chez Orange, en charge du programme stratégique Smart Cities. Elle a un profil adapté aux transformations numériques qu’il est nécessaire de mettre en place dans le groupe, à l’instar de ce qu’a pu entreprendre à la SNCF Yves Tyrode, lui aussi en provenance de l’opérateur Orange.

Ces évolutions de l’organisation complètent celles de juin 2014 qui avait vu la création d’un comité digital associant la direction des systèmes d’information et celle de la communication, et chapeautant les groupes de travail opérationnels qui couvrent tous les domaines (sites web, mobiles, réseaux sociaux, éditorial et technique, etc.). Nathalie Leboucher pourra compter sur des équipes renforcées grâce au recrutement de 100 collaborateurs dédiés à ces sujets, et sur une enveloppe de 30 M€ d’investissements sur deux ans. Traduction: des rachats d’applis et de start-up sont prévus pour combler les lacunes et accélérer la présence digitale.

Un app store aux couleurs de la RATP

Pour se rapprocher de l’écosystème des start-up numériques et faciliter le repérage des pépites, rien de tel que l’organisation de sessions RATP Lab et RATP Fab. Cette démarche, classique pour l’innovation numérique, devra toutefois parvenir à séduire les jeunes pousses déjà sollicitées par de nombreux acteurs dans tous les secteurs.

Autre volet de la stratégie digitale de la RATP: la création du magasin d’applications mobiles RATP Apps. Depuis le 4 novembre, il propose une sélection d’applis, développées en interne et par des start-up, certaines utilisant des données open data de la RATP. « Elles ont été choisies selon plusieurs critères: intérêt pour le voyageur et pertinence du service, intuitivité et facilité d’utilisation, design, etc. », explique le groupe dans un communiqué. Douze applis transport ou loisirs liées à l’Ile-de-France figurent déjà dans cet app store original: Mapstr, Accessible.net, Paris-Ci la Sortie, Stopeen, etc. C’est un moyen pertinent d’occuper l’espace du très dynamique et très disputé secteur des applis transport consacrées aux grandes villes, en complément de sa propre appli mobile RATP. Car la concurrence dans ce domaine est multiple: Vianavigo du Stif, la très pertinente et efficace appli participative Moovit (dont Keolis est actionnaire), Checkmymetro, Citymapper, etc. Il faut aussi compter avec les développements ambitieux des grands noms du web comme Google et Apple, via leurs applis cartographiques augmentées de données transports.

L’appli mobile RATP s’enrichit

Utilisée quotidiennement par 1,2 million de voyageurs, l’appli mobile RATP constitue une base intéressante, à condition de bénéficier de nouvelles fonctionnalités. C’est ce qui est prévu « dans les prochains mois », avec entre autres l’ajout de « l’indication des sorties de métro liées à la recherche d’itinéraire ou la disponibilité des escaliers mécaniques et des ascenseurs ». Seront également intégrées « des données de Vélib’ et d’Autolib’ dans les recherches d’itinéraire. »

D’autres pistes sont évoquées, comme l’ajout de certains commerces et services sur la cartographie, ou encore le signalement en temps réel de problèmes de propreté et de maintenance. Ce service est lancé dès aujourd’hui sur une appli à part entière: monRERA, pour répondre au plan d’urgence décrété par Élisabeth Borne sur cette ligne transversale d’Ile-de-France, réputée pour être la plus fréquentée d’Europe. Localisation et horaires des trains en temps réel, information en cas d’incident et basculement sur le fil Twitter en cas de situation perturbée sont les fonctionnalités de cette appli 100 % consacrée au RER A.

Du côté des stations, les couvertures 3G et 4G du réseau seront terminées d’ici la fin de l’année pour les lignes A et B du RER ainsi que pour la ligne 1 du métro parisien. Des stations numériques, permettant l’accès à des réseaux wifi et des points de recharge électrique pour appareils mobiles, sont prévues, mais aucune date ni localisation n’ont été précisées.

Élisabeth Borne, présidente de la RATP.

« Mon ambition, c’est que le groupe RATP incarne la mobilité durable et la ville intelligente au service des voyageurs. »

L’ingénierie RATP

L’un des chantiers qu’Élisabeth Borne évoque sans trop de détails, c’est l’évolution des branches ingénierie du groupe. « Le modèle d’ingénierie intégrée de la RATP a largement fait ses preuves, avec des opérations majeures et uniques au monde, comme l’automatisation sans interruption de la ligne 1 du métro ou la mise en service de 60 kilomètres de tramway en 3 ans », assure la RATP dans le communiqué. Sont aussi soulignées des actions de consolidation, de réorganisation, d’amélioration des performances, des processus et des chaînes de compétences. Les raisons mises en avant par le groupe renvoient vers « les contraintes qui pèsent sur les finances publiques, un contrat Stif et des financeurs de plus en plus exigeants, le niveau exceptionnel d’investissements qui nous est confié (8,5 MD€ entre 2016 et 2020), ainsi que le contexte du Grand Paris ».

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Auteur

  • Bruno Gomes
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