Le plus frustrant peut-être, dans cette période troublée que nous vivons, c’est que les élections régionales à venir et la COP21 qui se tient en ce moment au Bourget, près de Paris, auraient dû nous amener à vanter continuellement les mérites du transport public – quel qu’il soit – comme parangon de vertu dans la lutte pour la préservation de l’environnement. Nous aurions dû, car ces treize régions qui composent désormais l’Hexagone seront bien demain les maîtresses du jeu en matière de transports collectifs. Un pouvoir qu’elles partageront avec les autres grandes gagnantes des réformes en cours: les métropoles, nouvelles venues aussi à compter de janvier. Nous aurions dû, parce que ce secteur est sans conteste un de ceux qui portent le plus d’espoirs dans la lutte contre le réchauffement climatique, tant il est désormais notoire que les avancées technologiques dont il est capable sont parfaitement en phase avec les objectifs que l’humanité devra se fixer en termes de déplacements si elle ne veut pas tout faire un jour en barque, lorsque les glaces auront fondu…
Dans un monde idéal, ou presque, voilà sur quelle tonalité nous aurions dû commenter cette période. Pas de chance, cette possibilité nous a été volée. Tout le discours politico-médiatique du moment est désormais coincé entre ceux qui, dans le sang, sont bien décidés à faire régresser l’humanité jusqu’aux âges les plus sombres de son histoire, et ceux qui, par calcul politique, jouent de la surenchère comme caisse de résonance électorale. Plus question aujourd’hui d’expliquer comment une bonne stratégie de croissance des transports collectifs, pensée sur le long terme et financée correctement, serait à même de participer activement à l’harmonie et au développement de notre société tout en restant vertueuse écologiquement. C’est bel et bien sous le seul aspect sécuritaire que ce domaine est désormais abordé.
Plus question non plus de mettre en lumière les progrès technologiques qui naissent chaque jour dans les bureaux d’études des plus grandes firmes du secteur, ou au sein des start-up qui foisonnent maintenant dans tous les recoins de cet univers. Le 13 novembre nous a ramenés à une bien triste réalité, que notre classe politique semble avoir du mal à transcender. Il va falloir être patient, et tenace.
