À l’occasion des vœux du Stif, Valérie Pécresse, nouvelle présidente de la région Île-de-France, a détaillé sa feuille de route en matière de transports publics. Le financement du passe Navigo à tarif unique, la modernisation du matériel roulant et le déploiement d’un bouclier sécurité sont au cœur des priorités.
Cette fois, c’est avec la casquette de présidente du Stif (syndicat des transports d’Île-de-France), face aux présidents de la SNCF et de la RATP, que Valérie Pécresse, nouvellement élue à la tête de la région Île-de-France, a présenté, lors de la traditionnelle cérémonie des vœux, sa révolution transports. « C’est une nouvelle ère qui s’ouvre dans les rapports entre le Stif et les opérateurs de transports », a-t-elle annoncé. « Ma volonté est d’abord de replacer l’usager au cœur de toutes les décisions. »
Valérie Pécresse, qui ne veut pas « jouer au yo-yo avec le pouvoir d’achat des Franciliens », maintiendra donc le passe Navigo à tarif unique.
Mais, pour régler l’ardoise de 300 M€ laissée par ses prédécesseurs de gauche, elle a annoncé un certain nombre de mesures. Au premier rang de ses priorités, la lutte contre la fraude devrait générer 100 M€. Autre décision, adoptée le 21 janvier lors du premier conseil régional d’Île-de-France, la suppression de la réduction de 75 % sur les transports accordés aux étrangers en situation irrégulière, titulaires de l’AME (aide médicale d’État). Le montant de cette réduction « est estimé de 40 à 50 M€. Pour combler l’autre moitié, la balle est dans le camp du gouvernement qui doit assumer ses responsabilités ».
À Matignon, la piste à l’étude serait une augmentation de la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, payée par certains établissements.
Toujours dans l’intérêt des Franciliens, et afin de ne pas leur faire « vivre un second Brétigny », la patronne de l’Ile-de-France a réaffirmé devant le Stif sa volonté de renouveler et de moderniser, d’ici 2021, la totalité du parc des matériels roulants des transports ferroviaires régionaux, RER et Transilien. Concrètement, il s’agira de passer à 700 rames « nouvelles ou rénovées » au lieu des 280 rames nouvelles des contrats Stif-RATP et Stif-SNCF conclus avant les élections régionales. L’objectif pour la fin du mandat, en 2021, est de faire descendre la moyenne d’âge des trains de 26 à 10 ans, avec 40 % de rames de moins de 5 ans.
La rénovation du réseau est également d’actualité: SNCF Réseau doit maintenir un investissement de 800 M€ par an jusqu’en 2023.
Concernant le métro, Valérie Pécresse a évoqué l’automatisation des lignes 4, 11 et 13, afin d’améliorer leur régularité et de lutter contre leur saturation. Pour pouvoir se concrétiser, ces mesures devront être inscrites dans des clauses de revoyure des contrats signés en décembre dernier avec la RATP et la SNCF. D’autre part, une réflexion sera menée sur l’ouverture du métro la nuit. Pour ne pas perturber les travaux, « nous nous focaliserons sur l’offre du week-end, le vendredi et le samedi, et sur les lignes automatiques du métro ».
La présidente de région n’oublie pas les automobilistes, et tout particulièrement les banlieusards. Pour ces derniers, elle veut aménager, en partenariat avec la SNCF, 10 000 nouvelles places de parking aux abords des gares, et travaille déjà avec le réseau Optile sur un plan baptisé « Mille bus en Grande Couronne ».
Comme annoncé pendant sa campagne, Valérie Pécresse mettra en place un bouclier de sécurité. Ce dispositif, adopté en conseil régional, comprend notamment des caméras de vidéoprotection dans les transports et dans les gares, ainsi que des systèmes de vidéosurveillance permettant de détecter des comportements anormaux ou suspects.
La création d’une police régionale des transports est également à l’ordre du jour. Une réflexion sera menée sur la fusion des trois services de sécurité intervenant dans les transports franciliens: la Suge pour la SNCF, le GPSR pour la RATP, et le SRPT pour la police nationale. Afin d’améliorer leur efficacité, il sera nécessaire d’augmenter leurs effectifs (250 agents supplémentaires), de rapprocher ces services au sein d’une police unique, et d’étendre leur compétence à l’ensemble du territoire francilien (y compris les bus de Grande Couronne). Il faudra aussi renforcer leurs pouvoirs: fouille des sacs, contrôle d’identité, patrouilles et interventions en civil, application de la loi anti-burqa. etc. Un groupe de travail État-région sera mis en place pour travailler en ce sens.
