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Congrès

ATEC ITS prêche pour la concertation

Voiture autonome, télépéages, stationnement, billettique… tous les sujets technologiques de la mobilité étaient au cœur des 43es Rencontres de la mobilité intelligente. Enjeu économique et industriel, la convergence imposée par les ITS et ses usages imposent le travail en commun de toutes les filières.

Les artisans de la révolution technologique dans les transports avaient rendez-vous à Montrouge les 26 et 27 janvier. Le Beffroi, centre de congrès de cette ville des Hauts-de-Seine, accueillait pendant deux jours les 43es Rencontres de la mobilité intelligente. Organisées par ATEC ITS France*, ces rencontres donnent un aperçu des problématiques technologiques du moment dans la mobilité, de leurs enjeux industriels et économiques, la nécessité pour y répondre de trouver un chef d’orchestre étant à l’ordre du jour.

« La France est à la pointe dans les transports. Notre pays compte […] des acteurs importants du monde automobile et ferroviaire, des opérateurs de transport et de télécoms, mais l’émergence de la mobilité intelligente appelle à une meilleure structuration des initiatives », a soutenu Denis Aubron, président d’ATEC ITS, lors de la séance inaugurale. « Nous souhaitons être le point de rencontre et de fédération des initiatives émergentes des transports intelligents en France pour les structurer », a poursuivi le responsable, par ailleurs directeur de l’offre transport de Vinci Energies.

Des enjeux industriels et structurels

Un premier pas allant dans ce sens avait déjà été réalisé l’an dernier, avec la rédaction par ATEC ITS du livre vert Mobilité 3.0, présenté et remis à l’automne 2015 au secrétaire d’État en charge des transports Alain Vidalies. « Devant les nombreux défis, il est important de ne pas perdre de temps et de structurer l’écosystème et les filières, c’est pour cela que sous l’impulsion du gouvernement, nous avons entrepris ce travail de synthèse », a rappelé Denis Aubron.

Car le sujet dépasse la simple question de la mobilité et devient un enjeu industriel national. Un point partagé par le représentant de l’État et du ministère, François Poupard, directeur de la DGITM (direction générale des infrastructures, des transports et de la mer), service dépendant du ministère de l’Économie, du développement durable et des transports. Il a rappelé la réussite du congrès mondial des transports intelligents ITS de Bordeaux, en octobre dernier: « La France a tenu son rang et montré que les start-up et les grands groupes français avaient un réel savoir-faire, nous avons des objectifs ambitieux pour la filière ITS et celle de l’environnement, car ce congrès de Bordeaux a été la démonstration que les ITS sont l’une des solutions pour une mobilité intelligente écologique ». Cependant, « nous avons des compétiteurs européens plus influents que nous dans le domaine de la normalisation, alors que nous perdons en efficacité à cause d’un mille-feuille dans les financements de recherche », regrette, en guise de réponse, le président d’ATEC ITS.

Rassembler tous les secteurs

C’est pour apporter une méthode et un début de solution à ces enjeux que le livre vert Mobilité 3.0 a été conçu. « Il s’agit de rassembler des mondes différents autour de ces sujets, les mondes de la route, du transport public, des constructeurs, de l’enseignement et de la recherche, du privé et du public », a souligné Denis Aubron. Il faisait écho à la variété des secteurs représentés dans le hall d’exposition en marge du Congrès et des thèmes abordés lors des conférences de ces deux journées de rencontre.

La liste des tâches à accomplir demande de la méthode pour être traitée efficacement: « produire ensemble, sélectionner les sujets stratégiques, élaborer des diagnostics sur l’offre actuelle et celle de demain, identifier les verrous à lever dans un délai de 3 à 10 ans selon les domaines […] ». Un comité stratégique installé prochainement, auquel participeront la DGITM et le secrétariat d’État aux Transports, prendra le relais des travaux compilés avant l’été, lors de réunions et d’un séminaire organisé par l’association. Il permettra d’enclencher la concrétisation des projets identifiés. « Il faut coordonner les projets innovants pour leur permettre de se déployer et d’attirer les investisseurs, la Caisse des dépôts a déjà manifesté son intérêt pour ce travail de détection des projets par territoire, d’autant que les perspectives de développement à l’international sont également importantes », a expliqué à l’auditoire le président d’ATEC ITS.

Les succès à l’export sont en jeu

Ce potentiel industriel et commercial à l’export apparaît tout particulièrement dans le sujet de la voiture autonome. François Poupard a annoncé une réflexion de la part du ministère pour éviter « la dispersion et la concurrence des acteurs français. Nous pensons que l’ensemble des forces doivent travailler en cohérence, notamment sur la normalisation, la sécurité, la construction d’infrastructures adaptées et aller au-delà de la pure technologie pour anticiper les stratégies nationales comme le font d’autres pays ». Le travail de coordination demeure décidément la priorité de l’agenda des transports intelligents. Car le rythme imposé par les évolutions technologiques laisse peu de place à l’improvisation. « Le numérique est venu bousculer les usages, un voyageur peut préparer l’intégralité de son itinéraire en quelques clics, avoir de l’information en temps réel, sélectionner son parcours selon plusieurs critères de durée, de prix, de temps d’attente, d’impact environnemental ou de nombre de correspondances, sans compter qu’il peut désormais être contributeur et influencer les processus qui jusqu’à présent étaient entièrement maîtrisés et déterminés par les opérateurs », énumère Denis Aubron, avant de conclure, enthousiaste: « les progrès technologiques ouvrent des horizons rêvés ».

Le digital, menace ou opportunité?

En séance plénière d’ouverture du congrès, le directeur marketing, innovation et services de Keolis, Laurent Kocher, a été invité à aborder la révolution digitale en tant qu’opérateur de mobilité et à répondre à la question: menace ou opportunité?

Dans son exposé, il a rappelé les cinq leviers clés pour comprendre la révolution numérique: l’explosion des usages numériques; les besoins variés, immédiats et personnalisés de mobilité; la monétisation des stocks et des invendus comme c’est le cas dans l’hôtellerie; l’apparition des échanges communautaires; et enfin, la création de nouveaux actifs ou produits de valeur, à l’instar des voitures sans conducteurs.

« La question est de savoir comment cette menace se constitue », s’est interrogé Laurent Kocher pour répondre à la question initiale de la séance plénière. « Internet est devenu l’ami du consommateur. Des acteurs sont devenus puissants grâce à une dynamique basée sur le couple audience-contenus, où plus les gens consomment le produit, plus leur valeur augmente. Et la menace est grande qu’après le conseil au consommateur, la production de contenus et la maitrise de l’audience, ils ne reconstituent une chaîne complète » du produit sans l’intervention de tiers extérieurs. Pour retourner la situation à son avantage, le transport public doit miser sur ses atouts: « mieux valoriser son audience et ses utilisateurs, maîtriser la donnée juste en temps réel, créer des algorithmes pertinents capables de mettre en relation l’offre et la demande, et enfin, être en mesure d’assurer des transactions après la mise en contact ». Le digital sera donc à la fois une menace et une opportunité.

*Association pour le développement des techniques de transport, d’environnement et de circulation. Cette association de promotion des nouvelles technologies dans les transports réunit tous les professionnels du secteur, à la fois publics, privés et académiques.

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Auteur

  • Bruno Gomes
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