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Temps réel, nouvel impératif de l’info voyageur

Hyper connecté et devenu exigeant, le voyageur attend une information sur ses transports, actualisée en temps réel. La large palette des supports disponibles impose des choix selon les objectifs visés. Mais le temps réel peut aussi être le meilleur outil de promotion du transport public face à la voiture.

À quelle heure est le prochain bus? Mon train est-il en approche? Ai-je le temps de rejoindre l’arrêt pour prendre le prochain car prévu dans 5 minutes? Toutes ces questions font partie du quotidien des voyageurs, et pour y répondre, la fiche horaire papier ou numérique n’est plus le support préféré. Car l’information temps réel fait maintenant partie des services de base attendus par le voyageur, quel que soit le support d’information, un écran en gare ou un smartphone.

La technologie de la géolocalisation et les services qui en découlent ont été adoptés à une telle vitesse, que ne pas disposer d’une information mise à jour en temps réel, tenant compte d’éventuels retards, incidents ou changements d’exploitation, est même devenu incompréhensible pour l’usager. Plus exigeant, le voyageur dispose avec son smartphone d’un outil technologique de pointe. Pour faciliter son voyage, il attend de son réseau de transport la même réactivité et les mêmes possibilités de personnalisation que celles offertes par ses applis favorites.

Le contexte induit le support de diffusion

Dans une présentation réalisée par le Cerema (centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), Arnaud Gorin et Laurent Chevereau donnent les clés pour dresser l’état des lieux de l’information et du temps réel dans les transports collectifs.

Tout d’abord, ils rappellent que la nature des informations varie selon le mode de transport ou le service recherché: itinéraires, temps de parcours et charge du trafic pour le mode routier, disponibilité et nombre de places restantes pour le stationnement et les vélos libre-service, tandis que le transport collectif se concentre sur les horaires de passage, le temps de parcours et les itinéraires. « Chaque contenu sera adapté au média ou support, selon qu’il s’agit des horaires, des perturbations ou des actualités, mais leur diffusion implique de distinguer le support de lecture et le média de diffusion », rappellent les deux auteurs.

D’un côté, le support de lecture permet une interaction avec l’usager, comme les smartphones ou les bornes d’information voyageurs, ou ne le permet pas, à l’instar d’un écran d’information. De l’autre, le média de diffusion peut être multisupport, ou à l’inverse spécifique à un support particulier, comme une appli mobile ou un SMS, utilisable uniquement à partir d’un téléphone portable.

Selon leur typologie, certains médias auront donc un public ciblé plus ou moins large et une réactivité de l’information plus ou moins forte: une appli mobile implique la possession d’un smartphone connecté (certes de plus en plus répandu), tandis qu’un écran fixe en station ou un écran embarqué dans un véhicule ou un train profitera à tous les voyageurs. À l’autre bout de la chaîne, un fil twitter dédié à une ligne de transport touchera une audience plus restreinte et plus connectée.

Entre ces deux extrêmes, l’alerte trafic par SMS s’ouvre aux possesseurs d’un simple mobile et profite d’une grande réactivité et d’une personnalisation très appréciée par ligne ou arrêt. De plus, les étiquettes QR Code, ou infos SMS, affichées aux arrêts, autorisent un accès large de l’information grâce à la simplicité de l’équipement requis, sans compter le coût peu onéreux pour l’exploitant.

L’appli, championne de l’info enrichie

On trouvera donc « une cible spécifique à chaque support: écrans et panneaux d’information aux arrêts pour les voyageurs en attente, écrans embarqués pour les voyageurs pendant leur déplacement, supports connectés pour tous les voyageurs équipés, et enfin, les écrans déportés dans les locaux d’une entreprise, dédiés à ses salariés et visiteurs ».

D’autres curseurs pourront varier selon les services attendus par les utilisateurs, entre simplicité d’accès à une information moins étoffée (SMS) ou accès direct à une information enrichie (applis mobiles). Dans l’écosystème de l’info temps réel, l’appli mobile et son fidèle compagnon, le smartphone, apparaissent comme les champions toute catégorie. Le frein représenté par la nécessité d’un équipement supplémentaire pour utiliser ce service n’est plus à considérer: 58 % des Français disposent d’un smartphone, dont 90 % parmi les 18-24 ans et 79 % pour les 25-39 ans, d’après les chiffres publiés par le cabinet d’études Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Ses avantages en ressortent alors décuplés: personnalisation maximale par horaires, itinéraires, coût faible, fonctionnalités nombreuses et évolutives, ergonomie, image de modernité, etc. De plus, il répond à la demande croissante des usagers « d’un accès à l’information en mobilité ».

Le temps réel multimodal, complexe et prometteur

Devenu un service en tant que tel, au même titre que le transport lui-même, l’information voyageurs est même considérée comme le meilleur outil de promotion du transport public face aux transports individuels, et notamment la voiture particulière. Habitué depuis une vingtaine d’années aux informations GPS d’itinéraires, de temps de parcours estimé et de réactualisation de ses données de localisation, le conducteur est un voyageur en transport en commun plus exigeant encore. L’info temps réel comme outil de persuasion au report modal? Oui, à condition de faire bénéficier les usagers d’une information fiable, qui leur donne les moyens de faire les bons arbitrages entre les différents modes pour effectuer leur déplacement.

L’information multimodale temps réel au sens large, c’est-à-dire n’incluant pas uniquement les différents modes des transports en commun, est l’étape suivante à atteindre. Plus complexe, l’intégration de l’info temps réel dans des portails urbains multimodaux, ou systèmes d’information multimodale (SIM), est confrontée à des « difficultés techniques, organisationnelles, économiques et financières, et réglementaires », détaillait Sylvain Belloche du Cerema, dans un exposé au congrès ATEC-ITS l’an dernier. « Le contexte est pourtant favorable à l’émergence de ces services, grâce à la montée en puissance des technologies, des moyens de recueil et des dispositifs de géolocalisation des véhicules et des personnes, et grâce à la diversification des entités délivrant de l’information. »

Car en plus des « fournisseurs historiques que sont les gestionnaires, les autorités et les opérateurs », les communautés d’usagers rejoignent le cercle des sources d’information, avec le double statut de récepteur et d’émetteur. Le succès des applis participatives, Waze pour la circulation routière et Moovit pour les transports en commun, en témoignent.

Si les réalisations concrètes de SIM multimodaux temps réel sont peu nombreuses, celle d’Optimod’Lyon est une réussite. Son calculateur d’itinéraires de l’agglomération est décliné pour le grand public dans l’application Smart Moov. Succès aussi pour son mode de pilotage du projet centré autour du Grand Lyon, ainsi que pour son objectif de rendre plus visibles les atouts du transport public et de favoriser le report modal. Un succès qui servira d’exemple dans le cadre du projet européen Opticities pour les six villes participantes.

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Auteur

  • Bruno Gomes
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