Si la partie ferroviaire du volet mobilité du CPER Auvergne est d’un montant global somme toute modeste(1), il cible toutefois des opérations clés en faveur du réseau ferré régional.
Dans ce cadre, priorité est donnée à la partie située en Auvergne de l’axe Paris–Nevers–Clermont-Ferrand, avec des suppressions de passages à niveau, des rectifications de courbes et des modifications de signalisation qui permettront la mise à 200 km/h de sections de lignes supplémentaires. L’objectif est d’offrir le maximum de relations Clermont-Ferrand–Paris en trois heures, ou moins. Parallèlement, le CPER vise à préparer le dossier d’enquête préalable à la DUP (déclaration d’utilité publique) de la future LGV POCL, et notamment envisager son raccordement avec la ligne classique Paris–Clermont-Ferrand dans le Bourbonnais. Côté ligne Clermont–Lyon, le CPER 2016-2020 finance l’installation (à Saint-Germain-des-Fossés) d’un système de changement de mode de traction (thermique/électrique) destiné aux futures rames Regiolis bimode bicourant.
Autres chantiers importants, la modernisation des itinéraires d’accès aux nœuds ferroviaires de Clermont-Ferrand et de Riom. S’ajoutent l’allongement des quais dans les gares périurbaines clermontoises, et la poursuite de la régénération sur 33 de ses 73 kilomètres (une première phase avait été réalisée en 2014) de la ligne Firminy–Le Puy-en-Velay, « l’une des plus fréquentées d’Auvergne avec ses 28 circulations et ses 1 500 à 2 000 voyageurs quotidiens ». La même opération est prévue sur la ligne des Cévennes entre Saint-Georges-d’Aurac et Langogne (75 km).
Comme il est de règle, un volet études concerne le classique suivi du CPER. Il comporte également l’examen des possibilités de modernisation de la ligne Clermont-Ferrand–Thiers et les modalités de l’installation d’un système signalisation de contresens (IPCS) sur la section Riom–Saint-Germain-des-Fossés (51 km) de la ligne Clermont–Paris. Ce volet études comprend aussi la mise au point d’un schéma directeur pour les lignes Clermont-Ferrand–Paris, Clermont-Ferrand–Lyon et Montluçon–Bourges. Cette dernière ligne bénéficiera de travaux de régénération entrepris par SNCF Réseau durant la période du CPER, ils seront réalisés aussi bien sur sa partie Auvergne que sur celle située en région Centre.
Au-delà des grandes opérations des deux CPER additionnés (ce qui ne veut pas encore dire fusionnés), de nombreux chantiers de maintenance et de renouvellement concernent le nouveau réseau unifié, comme l’explique Guillaume Bouvier, directeur du pôle relations extérieures, communication et concertation de la direction territoriale Rhône-Alpes–Auvergne de SNCF Réseau. Il rappelle que les CPER sont surtout fonction de leur enveloppe globale, puisque « grâce à la clause dite de revoyure, les priorités de mise en œuvre des différentes opérations programmées peuvent évoluer dans la durée d’un CPER ».
En revanche, la maintenance et le renouvellement des infrastructures, qui sont à la charge de SNCF Réseau, font l’objet d’une planification multi-annuelle. En Auvergne–Rhône-Alpes, l’entreprise bénéficie du fait que son rayon d’action n’a pas changé avec la fusion interrégionale, puisque Réseau Ferré de France (RFF) gérait déjà les infrastructures ferroviaires des deux régions depuis 1997, avant que SNCF Réseau ne prenne sa suite en 2015. Si de 2008 à 2014 RFF avait renouvelé plus de 650 km de voies et remplacé 250 aiguillages, l’effort s’est intensifié en 2015. « Une année très chargée, puisque pas moins de 157 km de voies ont été renouvelées pour un montant de plus de 192 M€. En 2016, nous nous concentrerons plus encore sur les renouvellements d’appareils de voies, avec 160 aiguillages à changer, comme sur le traitement de certains tunnels », précise Guillaume Bouvier. Et d’ajouter que, toutefois, « de considérables opérations de renouvellement sont également programmées pour un montant de 325 M€ durant les trois prochaines années. Elles concerneront 169 km de voies ».
Pourtant, ces opérations dites de RVB (renouvellement voie ballast) ne représentent qu’une partie minoritaire des 2,4 Md€ (dont 81 % pour la maintenance et 19 pour des opérations de développement) qui seront investis sur le réseau ferré Auvergne–Rhône-Alpes de 2016 à 2020. Outre le chantier du Ceva, la jonction Annemasse–Genève au cœur du projet Léman Express, avec ses retombées sur la modernisation des lignes savoyardes qui seront intégrées dans le système, c’est ici aussi le complexe ferroviaire lyonnais qui mobilise les efforts les plus considérables du gestionnaire national des infrastructures ferroviaires. En dehors des opérations de renouvellement (principalement des aiguillages), ce seront 500 M€ qui seront investis d’ici 2020, dont 126 dès cette année, dans le déploiement de la commande centralisée du réseau.
L’entrée en vigueur, le 14 décembre 2015, de l’horaire TER 2015-2016, a été l’occasion d’une conférence au Club de la presse de Lyon. Le 17 décembre, elle a été tenue conjointement par Laurence Eymieu, directrice régionale SNCF Mobilités Rhône-Alpes–Auvergne, et Gilles Cheval, directeur territorial Rhône-Alpes–Auvergne de SNCF Réseau.
Alors que le second a présenté les chantiers d’infrastructures 2016 et évoqué les projets à plus long terme, la première a focalisé son intervention sur les dessertes qui, côté TGV et grandes lignes, sont marquées par la création de nouvelles relations (Lyon–Luxembourg, Ouigo Lyon–Lille–Tourcoing), l’intensification de relations existantes (Paris–Lyon–Milan) ou l’introduction de matériels plus capacitaires (Duplex Lyon–Montpellier–Toulouse).
Côté TER, outre de nouveaux trains sur Lyon–Clermont-Ferrand, Annecy–Annemasse, Grenoble–Gap et sur le tram-train de l’ouest lyonnais, les services 2016-2016 seront surtout marqués par le « déploiement des nouvelles rames Regio 2N sur Firminy–Saint-Étienne–Lyon–Ambérieu, les rames Z 2N utilisées précédemment passant désormais sur Lyon–Grenoble et sur les lignes périurbaines grenobloises », a annoncé Laurence Eymieu.
Alors que les chantiers de renouvellement se poursuivront vaille que vaille et que les nouveaux services TER se mettront en place, c’est le contenu des CPER et les formes que prendra leur harmonisation entre les deux anciennes régions qui restent encore en attente de décisions. Des choix éminemment politiques mais qui, pour le moment, ne figurent pas explicitement dans les premières déclarations du président du nouvel exécutif régional, Laurent Vauquiez.
(1) 120 M€, dont 40 % État, 50 % région et 10 % SNCF Réseau.
