Alors que dans son discours d’investiture Laurent Wauquiez, nouveau président de la région, n’a évoqué les problèmes de transport qu’en insistant sur les questions de sécurité, ses réponses à l’enquête de l’association TDIE, organisée durant la campagne des régionales en octobre 2015(1), étaient beaucoup plus précises.
En effet, le nouveau président de région n’a que brièvement évoqué la sécurité (voire la « peur » qui règnerait dans les transports régionaux, même « en pleine journée » affirmait-il), pour passer aux négociations de la convention Région-SNCF qui nécessiterait de passer d’une « logique de moyens » à une « logique de résultats ». Aussi, il s’agit de « mieux contrôler et de faire respecter les termes du partenariat, […] redéfinir les obligations de chacun avec des objectifs précis et quantifiés. La région doit s’affirmer comme AOT pour les TER, ce qui n’est pas véritablement le cas aujourd’hui ».
La démarche est d’autant plus importante que « la politique des transports est un élément clé de la cohésion de notre future grande région », ajoutait-il en estimant « qu’il faudra harmoniser au mieux les conventions Rhône-Alpes et Auvergne »(2). Répondant à la question de l’enquête TDIE concernant les liens entre les anciennes capitales régionales, il affirmait qu’il faudra « améliorer le temps de parcours qui est très long, [mais il] ne souhaite pas que les TER se contentent de relier telle ou telle ville à Lyon, mais [qu’ils] aillent au-delà, en permettant d’aller d’ouest en est dans la grande région, sans rupture de charge à Lyon ».
Laurent Wauquiez affirmait également qu’il « se battrait en faveur de la réalisation de la ligne POCL, pour laquelle les exécutifs régionaux ont été trop passifs et en retrait, [alors qu’elle] constituera un véritable atout pour l’ouest de notre future région, permettra d’accroître encore plus les échanges entre notre région et la région parisienne, tout en allégeant la LGV Paris–Lyon historique arrivée à saturation ». Il estime donc qu’il faut poursuivre la politique d’investissements en faveur des infrastructures et des matériels en « s’appuyant sur les CPER et les fonds européens ». Cependant, le président de la nouvelle région s’oppose aux exécutifs précédents qui, dans les CPER, ont refusé de financer les routes (Auvergne) ou n’ont financé que celles de l’Ardèche (Rhône-Alpes), « où les cars TER circulent du fait que ce département n’est pas desservi par des trains voyageurs ».
S’il ne montre guère d’enthousiasme pour l’ouverture à la concurrence des TER (« ce sera une possibilité »), Laurent Wauquiez estime que côté intermodalité, la région est chef de file, il faut « saisir cette opportunité pour accélérer la réalisation des pôles intermodaux [et] les plans de mobilité rurale [avec la] combinaison des différents modes de transport ». Développer une billettique commune, associant les TER et les transports urbains dans le cadre du SMT (syndicat mixte des transports) réunissant la métropole lyonnaise, Saint-Étienne et Vienne, fait partie des priorités.
(1) « Le transport en tête de liste. Les candidats aux élections régionales s’emparent des transports. Les réponses des candidats tête de liste », enquête TDIE, 24 octobre 2015.
(2) Fin 2015, Rhône-Alpes a refusé les propositions SNCF et signé un avenant jusqu’au 31 décembre 2016 (voir Connexions n° 992), tandis que l’Auvergne a reporté la négociation à l’après-fusion.
