À partir de cet été, 1000 scooters électriques en libre accès seront progressivement déployés sur l’ensemble de la capitale. Ce nouveau service, Cityscoot, s’inscrit dans la lignée des Autolib’ et des Vélib,’ mais il bénéficie d’un fonctionnement plus souple.
Après l’Autolib’ et le Vélib, les Parisiens auront bientôt la possibilité de s’adonner aux joies du scooter électrique en libre-service. Ainsi, d’ici la fin de l’année, pas moins de 1 000 scooters (dont 500 dès cet été) du constructeur allemand Govecs, pure player du secteur, circuleront sur les avenues de la capitale. Le dispositif, déployé en accord avec la mairie de Paris, est à l’initiative de la jeune entreprise Cityscoot, spécialiste de la location de scooters en accès libre.
Contrairement aux voitures électriques de Bolloré et aux vélos de JC Decaux, gourmands en espace public puisqu’attachés à des bornes de recharge, elles-mêmes implantées sur des zones de stationnement dédiées, le Cityscoot ne nécessite pas de places de parking supplémentaires. Comme l’explique Vincent Bustarret, responsable marketing de Cityscoot, « le service fonctionne selon le principe du free floating ». Une zone de restitution est définie électroniquement. Il suffit de garer le véhicule sur un emplacement public réservé aux deux-roues. Un système GPS géolocalise le véhicule. Ces données sont ensuite envoyées sur une application mobile qui permet aux utilisateurs, via un smartphone, d’identifier en temps réel les points de disponibilité des cyclomoteurs ainsi que leur autonomie restante en nombre de kilomètres. « Nos scooters peuvent parcourir une distance de 70 kilomètres. S’ils sont déchargés à plus de 85 %, ils disparaissent automatiquement de l’application, le temps que l’équipe de maintenance recharge leurs batteries amovibles », précise Vincent Bustarret.
En plus de fonctionner sans bornes de recharge fixe, ces scooters seront accessibles sans abonnement 7 jours sur 7, de 7 heures à une heure du matin. Le service sera facturé en fonction du temps d’utilisation, entre 20 et 25 centimes la minute ou entre 3 et 4 € le quart d’heure. L’équipe de Cityscoot parie sur cette souplesse d’utilisation pour faire décoller le concept et atteindre les 100 000 “cityscooteristes” à l’horizon 2020.
Les premiers tests, réalisés depuis juin 2015, sont concluants. Sur les 1 200 personnes sélectionnées pour expérimenter le service, 70 % le recommandent à leur entourage, 65 % pensent l’utiliser en complément de leur moyen de transport habituel, et 21 % de ceux qui possèdent un scooter à essence envisagent même d’y renoncer pour utiliser exclusivement Cityscoot.
Pour garantir des conditions de sécurité optimales à une large cible d’utilisateurs, Cityscoot n’a négligé aucun détail dans la sélection du matériel. « Nos scooters sont équipés de pneus Michelin. Ils sont agréables à conduire, agiles et bien équilibrés », commente le porte-parole de la start-up. Pour réduire au maximum les risques d’accidents, Cityscoot a opté pour des 50 cm3 dont la vitesse est limitée à 45 km/h, tandis que les accès aux tunnels, quais et autres boulevards périphériques et les zones les plus accidentogènes de la capitale leur sont interdits.
En outre, toujours pour éviter les sinistres, Cityscoot coupe son service pendant la nuit, entre une heure et 7 heures du matin, tranche horaire la plus risquée, et n’autorise pas la location des scooters aux plus jeunes. Ainsi, bien qu’il soit possible, en théorie, de conduire un scooter à partir de 14 ans, le loueur préfère réserver le service aux personnes de plus de 20 ans. La société exige également un permis B ou AM (anciennement brevet de sécurité routière (BSR) pour les individus nés après 1988).
Enfin, Cityscoot privilégie la conduite individuelle. « Le cyclomoteur est homologué et assuré pour deux personnes, mais nous ne souhaitons pas pousser les déplacements à deux. D’ailleurs, nous ne mettons à disposition qu’un seul casque avec la location de chaque scooter. » Avec toutes ces précautions, Cityscoot n’a recensé, durant la période de test, qu’un seul accrochage, qui s’est soldé par un poignet cassé. « Un sur 4900, c’est très faible! », note Vincent Bustarret. De son côté, la mairie de Paris se « réjouit des perspectives encourageantes » de cette solution. « En incitant à renoncer aux scooters thermiques, ce nouveau service contribuera également à la lutte contre la pollution atmosphérique », a souligné Christophe Najdovski, adjoint en charge des Transports, de la voirie, des déplacements et de l’espace public.
En plus de 1 000 Cityscoot prochainement proposés en libre-service dans les rues de la capitale, la ville de Paris va équiper ses agents de scooters électriques Artelec 670.
La municipalité vient en effet de signer un appel d’offres avec le constructeur français Eccity Motocycles, qui fabrique (à Grasse, Alpes-Maritimes) ce deux-roues, équivalent électrique du 125 cm3 à essence. Ainsi, le parc de 400 scooters sera progressivement remplacé par ce modèle tout électrique qui peut rouler jusqu’à 100 km/h.
Équipé d’un système breveté d’optimisation de la température interne des batteries lithium-ion embarquées, il a une autonomie de 100 km.
