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Fiat lux, EvoBus

Rassurez-vous, EvoBus ne rachète pas Fiat: il s’agit ici de faire toute la lumière sur l’éclairage appliqué aux autocars. Ce domaine n’échappe pas aux évolutions technologiques développées par les équipementiers comme Hella, Bosch, Valeo ou Sesaly. Les marques Mercedes-Benz et Setra se singularisent en proposant tout l’éventail des éclairages disponibles actuellement sur le marché.

Après Caetano, Castrosua, Irizar, Sunsundegui, VDL ou Van Hool, Mercedes-Benz et Setra proposent à leur tour des projecteurs de route à éclairage par diodes électroluminescentes (LED). Si les LED sont désormais fréquemment utilisées pour les feux de gabarit, de position ou de jour (les DRL, alias daytime running light), sans oublier l’éclairage intérieur, leur utilisation pour les feux de route et de croisement est moins fréquente. Certains équipementiers comme Sesaly s’en sont fait une spécialité.

Pour les Mercedes-Benz Citaro 2 et Setra série 500, le client peut avoir le choix entre 3 types d’éclairage: l’ampoule à incandescence halogène (ampoule H7), les lampes à décharge gazeuse (dites xénon) et les diodes électroluminescentes (LED), tous équipements fournis ici par Hella. Notez que seul le premier équipement est fourni en série, les deux autres types d’éclairage étant en option.

L’éclairage xénon est fréquemment proposé au catalogue d’options des différents constructeurs. Il impose quelques contraintes pour un usage automobile: en raison de la luminosité extrême (supérieure à 2 000 lumen) les projecteurs à ampoules xénon exigent correcteur dynamique de hauteur (les autocars à suspension pneumatique intégrale en sont dispensés) et lave-phares.

Une complexité non obligatoire pour les feux de route et de croisement LED. Pour autant, le prix de l’option communiqué par EvoBus ne reflète pas cette simplicité: on aurait le même prix d’option pour un Setra série 500. L’usine avance 2 500 € pour le montage sur Setra série 500 et 3 000 € pour le Mercedes-Benz Citaro 2.

Un kit LED de seconde monte pour ces mêmes modèles est prévu pour une disponibilité dans le réseau OmniPlus au cours du dernier trimestre 2016. Pour les autobus urbains, l’option LED se révèle utile, car les exploitants exigent souvent que leurs véhicules circulent avec les feux de croisement allumés. Or, les LED ont ici un avantage considérable: contrairement aux lampes à décharge, elles ne perdent pas en intensité d’éclairage dans le temps et ont une durée de vie allant jusqu’à 25 000 heures! Ce chiffre est à comparer aux seulement 800 heures d’un éclairage halogène à incandescence.

Pas laides, les LED!

Autre atout de l’éclairage à LED: la créativité qu’il laisse aux stylistes. Si l’émission de couleur des LED est sujette à débats (trop souvent, elles font une lumière blanche grisâtre, comme un tube à fluorescence), elle donne une grande liberté d’implantation: il suffit de voir l’avant de l’Irizar i8 ou l’arrière des Van Hool TX et autres Iveco Bus Urbanway pour voir ce que l’on peut en faire. Véhixel choisit la couleur pour signer ses intérieurs, une idée reprise par Iveco Bus et Mercedes-Benz sur leurs derniers modèles d’autobus urbains.

Quant à Van Hool, associé à Sesaly et Cleff, il sait créer des ambiances personnalisées, allant de l’atmosphère la plus relaxante à une ambiance digne d’une boîte de nuit! ConnexionTT s’est aussi fait l’écho d’un Irisbus Magelys à l’éclairage intérieur revu par Sesaly à la demande d’un client.

Bref: certains constructeurs ont pleinement pris conscience que l’éclairage intérieur était un élément contribuant à la qualité de vie à bord. Pour en revenir à EvoBus, il suffit de voir la différence d’ambiance lumineuse entre un Setra S517 HDH TopClass et un Mercedes-Benz Travego pour mesurer le chemin parcouru. Ceci est davantage une affaire de style que de budget, car Véhixel parvient, grâce à la couleur, à rendre attrayant l’intérieur pourtant basique d’un véhicule scolaire comme le Mobi!

Petites lampes et gros sous

Ultime atout des LED: leur très faible consommation électrique, un argument décisif pour un autocar de tourisme doté d’une profusion d’éclairages: emmarchements, porte-bagages, liseuses, plafonniers, éclairage des compartiments à bagages, plus tous les feux réglementaires extérieurs… elles se comptent en plusieurs dizaines!

La très faible consommation des LED et leur longue durée de vie contribuent à leur généralisation. Reste le problème de leur aspect artificiel. Sesaly dispose de ses structures de test et de ses outils de production, ce qui permet de développer des teintes chaudes appréciées des clients. Car, trop souvent, les LED standard montées à bord des autocars pour les liseuses émettent une lumière blafarde ou grisâtre, aussi gaie qu’une salle d’interrogatoire de la police chinoise. Les spécialistes mesurent cela en kelvin (K), afin de déterminer le spectre chromatique de la lumière émise.

Les éclairages halogènes, émettant autour de 3 200 K, sont dits chauds, car la lumière tend vers le jaune. Les lampes à décharges émettent un spectre autour de 4 000 K dit neutre (en fait il est perçu comme légèrement bleuté), tandis que les LED en feux de route sont autour de 5 500 K (soit, selon les spécialistes, un halo proche de la lumière du jour).

Sesaly réalise pour Van Hool des éclairages latéraux permettant aux passagers et aux conducteurs de se déplacer de nuit autour de l’autocar sans risques de chutes ou d’oubli de bagages. Vignal Systems propose également des LED pour signalisation latérale. Setra propose en option, sur les Séries 500 (toujours avec Hella), des LED haute puissance pour repérer l’extrémité arrière de l’autocar et éclairer l’essieu pivot. Une idée que ferait bien de reprendre à son compte Iveco Bus sur le Magelys dont les passages de roues, aux galbes très prononcés, limitent la vision des feux latéraux de gabarit, en particulier ceux du porte-à-faux arrière.

Encore plus loin?

L’aide à la vision nocturne par infrarouge pourrait être la prochaine étape. Mais si EvoBus étudie la question, les représentants du groupe demeurent encore perplexes en raison de l’obligation de monter au tableau de bord un deuxième écran où afficher l’image ainsi amplifiée. Cette technologie serait un progrès considérable pour la conduite nocturne par temps de pluie ou de brouillard. D’après l’office fédéral allemand de la statistique, pour l’année 2014, 20 % des accidents avec blessés ou tués ont lieu la nuit. Sur autoroute, ce sont 40 % des accidents graves enregistrés en Allemagne qui ont lieu la nuit!

Pleins phares sur l’éclairage: des résultats surprenants

Pour ce petit test, EvoBus a mis côte à côte des Mercedes-Benz Citaro 2 et la gamme Setra Série 500. Le parcours, à faire de nuit (et sous la neige) était sinueux et vallonné. Les journalistes « cobayes » le découvraient en conduisant.

À l’issue du test, voici nos ressentis:

ÉCLAIRAGE LED:

(OK) Puissance d’éclairage élevée

(OK) Éclairage homogène (pas de trou noir)

(OK) Feux de route assurés par ajout de lumière

→ Aspect grisâtre de la lumière projetée

ÉCLAIRAGE BI-XÉNON

(OK) Puissance d’éclairage élevée

→ Faisceau à la délimitation artificielle (trou noir)

→ Temps de réponse à l’allumage et lors du passage code/phare perceptible

ÉCLAIRAGE HALOGÈNE:

(OK) Lumière agréable, bon contraste

(OK) Absence de trou noir

(OK) Feux de route par addition de lumière

→ Puissance d’éclairage limitée

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Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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