Le pitch était le suivant: « imaginer en deux jours le métro de 2030, en proposant une mobilité connectée révolutionnant l’expérience voyageur ».
Rien de moins que 95 jeunes développeurs informatiques ont participé à ce défi lancé par Alstom les 17 et 18 mars, à l’occasion du premier hackathon organisé par le constructeur ferroviaire dans les locaux de l’école 42, à Paris.
Un hackathon, une première pour l’industriel ferroviaire qui a été précédé dans cet exercice par la SNCF et la RATP. Ce format d’événement, issu de la culture web, est un concours d’innovation et de création de nouveaux produits ou de solutions en un temps record (deux jours et une nuit la plupart du temps), auquel sont invités à participer des développeurs, étudiants ou en activité, et qui récompense un à deux projets sélectionnés par l’organisateur.
Pour Henri Poupart-Lafarge, Pdg d’Alstom, les nouveaux enjeux d’innovation que doit relever l’industriel justifie sa présence dans un hackathon. « Nos ingénieurs travaillent beaucoup sur l’efficacité énergétique, l’exploitation, la régulation du trafic, ce sont des sujets dans nos gênes d’ingénieurs. Mais nous avons réalisé que nous vendions des trains pour les passagers, en plus des opérateurs, et que cela impliquait de nouveaux champs d’innovation, notre concept aujourd’hui est de rendre le voyage le plus fluide et le plus connecté possible à nos passagers », a-t-il expliqué devant le parterre d’une centaine d’étudiants.
Deux des 25 projets présentés après 40 heures de travail ont été récompensés avec 5 000 € de prix par Alstom France.
Le meilleur projet a été remporté par Lineo: « les utilisateurs du métro seront en possession de lunettes intelligentes et connectées, et pourront recevoir, grâce à leur application, les données liées au trafic, au taux de remplissage des rames, au réseau, etc. L’opérateur pourrait ainsi récupérer les données liées aux déplacements du voyageur et adapter les flux ».
Le deuxième prix est à mettre à l’actif de Navoxi, c’est celui du meilleur code. Il permet, grâce aux beacons (petits émetteurs bluetooth) présents dans les couloirs du métro, d’optimiser les déplacements des passagers et d’avoir un guidage lors des échanges en station, le voyageur pourrait ainsi profiter d’une navigation pas à pas, sans GPS.
Enfin, trois prix coup de cœur ont été décernés: Auto Wash (des robots nettoyeurs de rames en bout de ligne), Save my Place (réservation et déblocage de places pour voyageurs PMR) et Liv’In Travel (projection d’informations sur tout support, vitre ou murs).
Pour Benoît Stéphan, directeur marketing et commercial France d’Alstom, « les projets gagnants incarnent bien l’évolution des technologies qui seront utilisées dans le métro à l’horizon 2030, avec la réalité augmentée, l’ajout de données issues des réseaux sociaux ou des matériels techniques, ou bien encore le nettoyage automatique des rames par des robots ». Des innovations futuristes mais crédibles, imaginées par « une génération qui sera la clientèle de voyageurs de nos rames de métro en 2030 ».
