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Transrades

Le réseau maritime de la RTM se modernise

Outre les 103 lignes de bus, les trois lignes de tramway et les deux lignes de métro, depuis 2012, la régie des transports de Marseille (RTM) exploite des navettes maritimes reliant le sud et le nord de la ville au Vieux-Port. Le GIE* Transrades, chargé de l’exploitation de ce service, vient de prendre livraison du Ratonneau, vedette passagers construite à Martigues.

Afin de désengorger une des villes les plus embouteillées de France, la RTM propose depuis quatre ans une alternative maritime.

Ces liaisons, plébiscitées par les Marseillais (5 € la traversée), allient le charme de la promenade en mer à la traversée utile pour gagner l’hypercentre sans les bouchons. Cette année, le service se modernise, avec l’entrée en flotte du Ratonneau. Ce bateau, comme le Pomègues, construit en 2014, porte le nom de l’une des îles de l’archipel du Frioul, et peut transporter 123 passagers. Il a été livré le 12 avril à son armateur, le GIE Transrades, pour un voyage inaugural le 23 avril entre le Vieux-Port et la Pointe-Rouge à Marseille.

Le Ratonneau et le Pomègues, à la livrée bleue, sont inspirés du bateau originel de la liaison, le San Antonio, construit en 2010, auxquel le GIE a apporté des améliorations techniques pour le confort des passagers.

Deux armateurs pour un GIE

La construction du Ratonneau a duré huit mois au chantier naval Gatto. Elle a représenté un investissement de 1 M€ pour le GIE Transrades qui regroupe deux sociétés: la Méditerranéenne de Services Maritimes (MSM, filiale de la coopérative de lamanage) et Icard Maritime.

« Nous exploitons quatre vedettes: trois en propriété et une affrétée, la Marilou. Le Ratonneau remplacera l’Alizée que nous avions également en affrètement. Cet investissement stratégique permet de proposer des bateaux neufs à notre clientèle, avec des vedettes particulièrement adaptées à la ligne », détaille Arnoux Mayoli, contrôleur de gestion du GIE.

Les deux sociétés partenaires envisagent même la construction d’une quatrième unité, s’ils sont retenus par la nouvelle autorité organisatrice Aix Marseille Métropole (qui succède à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole). Cette dernière doit relancer un appel d’offres sur la ligne Vieux Port–Pointe-Rouge. «  L’investissement dépendra de la durée du marché », précisent Jean-Michel Icard et Franck Rossi, tous deux administrateurs de Transrades.

Ce service de navettes maritimes a vu le jour en 2012, après l’échec de tentatives isolées. « En 2010, l’armement MSC nous avait confié la navette Vieux-Port–L’Estaque pour le compte des salariés de la compagnie », confient les dirigeants de MSM. De son côté, Icard Maritime a multiplié les services de 2007 à 2010 (desserte de Cassis, des Goudes et départs de l’Estaque vers le parc Borély durant la coupe du monde de rugby). À l’époque, « il n’y avait pas assez de monde », admet Jean-Michel Icard.

Le GIE Transrades l’emporte face à Veolia

En 2012, la communauté urbaine retient le groupe Transdev pour relier le cœur de ville au petit port de Pointe-Rouge pour une phase de tests. S’avérant concluants, ces tests s’élargissent aux quartiers nord de Marseille, et finalement, le GIE Transrades rafle la mise à Veolia sur l’ensemble du réseau maritime RTM. En 2014, l’exploitation de la navette est alors confiée au GIE pour une durée de trois ans. « En 2016, nous opérons trois lignes, vers la Pointe-Rouge et les Goudes côté sud, et l’Estaque au nord », précise Arnoux Mayoli.

Ce service maritime fonctionne du 23 avril au 25 septembre, à raison de 13 départs quotidiens dans chaque sens pendant la basse saison et 16 rotations par jour en juillet et août (les derniers départs étant fixés à 23 h 30). La ligne prolongée de la Pointe-Rouge aux Goudes fonctionne de juillet à septembre, afin de désengorger la route qui mène aux calanques.

Le GIE Transrades, rémunéré au voyage par la RTM, a réalisé un chiffre d’affaires de 2,4 M€ en 2015. La compagnie emploie une cinquantaine de salariés dont 46 marins.

Icard Maritime, sur la route des calanques

Installé au pied du Fort Ganteaume, à l’entrée du Vieux-Port de Marseille, Icard Maritime transporte les plongeurs depuis 1984. En 2004, la jeune société se diversifie en proposant l’acheminement de véhicules et de fret vers le Frioul avec l’éCUM, navette dont le nom fait référence à l’autorité organisatrice (la communauté urbaine de Marseille Provence). À cette époque, le transport de passagers entre le Vieux-Port et les îles du Frioul est trusté par les familles Pipolo et Crescioni, sous l’acronyme du GACM (Groupement des armateurs côtiers de Marseille).

« Ils avaient un monopole de fait et empêchaient quiconque d’ouvrir une ligne. Mes bateaux prenaient régulièrement feu, je subissais des menaces car je leur ôtais du fret », raconte Jean-Michel Icard. En 2006, la famille Pipolo est rattrapée par la justice. Quelque 16 M€ auraient été détournés entre 1996 et 2005. Le patriarche, André Pipolo, écope de trois ans de prison ferme. Les six vedettes sont saisies et cédées au centre d’animation les Domaines.

Depuis cette affaire, la ville a confié la desserte du Frioul à Transdev et a sélectionné Icard Maritime en 2007 (pour cinq ans, renouvelé en 2012) pour les promenades en mer vers les calanques. Aujourd’hui, Icard Maritime partage le marché de la découverte des somptueux paysages de Sormiou, Morgiou et Sugiton avec Croisières Marseille Calanques.

« Les conditions d’accès sont de plus en plus restreintes, les calanques ayant été classées parc national en 2013, avec une nouvelle réglementation sur l’accès nautique. Pour proposer des promenades en mer, il faut désormais exploiter un bateau hybride ou tout électrique », explique Jean-Michel Icard, propriétaire d’une flotte de cinq unités. Icard Maritime fait voyager 65 000 passagers annuellement, entre les calanques et le château d’If.

330 000 utilisateurs

En 2015, toutes lignes confondues, 335 117 passagers ont voyagé sur les navettes de Transrades. Un trafic en légère baisse depuis l’effet Marseille, capitale de la culture 2013.

«  150 471 passagers ont voyagé entre la Pointe-Rouge et le Vieux-Port, 132 154 voyageurs ont été comptabilisés en provenance ou à destination

de l’Estaque et 16 094 passagers en provenance ou à destination des Goudes », détaille la RTM qui table sur 325 000 à 330 000 passagers en 2016.

Si 54 % des déplacements sont effectués par des Marseillais, 46 % sont des voyageurs ne résidant pas dans la ville, dont 35 % hors du département.

Ces déplacements sont réalisés essentiellement dans le cadre des loisirs (88 %).

Qui emprunte la navette maritime?

Principalement des femmes (62 %), Marseillaises (54 %), âgées de 25 à 54 ans (42 %). Cette proportion grimpe à 51 % le samedi.

31 % des personnes utilisent la navette maritime en complément de l’offre globale RTM, 27 % de la clientèle navette est abonnée Transpass. Interrogée sur la création de nouvelles lignes maritimes, la RTM indique « avoir des idées, mais rien de concret à ce jour ». Il faudra attendre probablement l’installation définitive de la nouvelle autorité organisatrice: la métropole d’Aix-Marseille-Provence.

MSM: de l’équipage aux passagers

Filiale de la coopérative de lamanage, la Méditerranéenne de Services Maritimes (MSM) a vu le jour en 2001. La compagnie est centrée sur les services de relève d’équipage des navires de commerce, ancrés dans le Grand port maritime de Marseille. En 2007, elle se diversifie avec l’exploitation de vedettes à passagers.

MSM s’est positionnée auprès des opérateurs de croisière pour effectuer la navette entre le terminal croisière et l’entrée de la ville. La compagnie propose également la visite des calanques de Marseille et effectue des visites en mer sur la Côte Bleue pour le compte de l’office du tourisme. Elle emploie une vingtaine de salariés.

* Groupement d’intérêt économique.

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Auteur

  • Nathalie Bureau du Colombier
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