Si l’appli Uber fonctionne à merveille à Paris, à Marseille, elle pèche par son manque de fluidité. Temps d’attente plus ou moins longs, véhicules indisponibles. La société américaine, qui s’appuie sur des chauffeurs indépendants, a du mal à trouver des partenaires.
Deux minutes 17 secondes. Le temps d’attente moyen d’un chauffeur Uber à Paris n’a rien de comparable avec Marseille, où la start-up a débarqué en juin 2015. « Plus de 10 000 partenaires chauffeurs utilisent notre application à Paris, et près de 12 000 en France », déclare Grégoire Kopp. Cet ancien conseiller en communication d’Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports, a quitté le service public en juin 2015 pour gérer la communication d’Uber dans l’Hexagone.
Si la start-up avance une centaine de chauffeurs actifs sur son réseau, ils seraient bien moins nombreux à circuler sur l’asphalte phocéen. « Nous avons relevé leur plaque minéralogique et nous en comptons une trentaine entre Marseille, Aix-en-Provence et l’aéroport », indique Rachid Boudjema, président de l’intersyndicale des taxis des Bouches-du-Rhône.
« Nous constatons que la demande de mobilité est très forte à Marseille, nous n’avons pas assez de partenaires chauffeurs pour y répondre », admet Grégoire Kopp. Le 23 mars, à la Cité des métiers, Uber a organisé une campagne d’information pour devenir chauffeur. La session n’a pu se tenir, l’accès a été bloqué par les taxis en colère. Depuis des mois, ils dénoncent une concurrence déloyale et mettent tout en œuvre pour la faire cesser.
Certaines personnes ont même confié avoir organisé des guets-apens à l’encontre des chauffeurs Uber, ce que nie catégoriquement le représentant syndical des taxis. « C’est plutôt l’inverse qui se produit, et il ne faudrait pas grand-chose pour que cela dégénère. Quand on balance des mesurettes, cela ne change pas le quotidien des taxis qui perdent entre 25 et 30 % de recette journalière. C’est le système qu’il faut condamner, car leurs chauffeurs sont dans une situation précaire. » Et Karim, ancien chauffeur Uber lyonnais, de préciser: « À Lyon, avec les taxis, les relations sont aussi tendues qu’à Marseille ».
Dans le sud de la France, l’entreprise est présente à Cannes, Nice, Marseille, l’aéroport de Marignane et Aix-en-Provence. Interrogé sur les parts de marchés gagnées sur les taxis en neuf mois, Grégoire Kopp avoue être dans l’incapacité de donner des chiffres précis. « Le marché du transport à la demande est en plein essor, aucune des applications ne communique ses chiffres publiquement, il est donc impossible de définir la part de marché de chacun », affirme-t-il, tout en annonçant la déclinaison à venir, UberEats, bientôt à Marseille. En France, Uber emploie 72 salariés, dont deux seulement dans la cité phocéenne.
Le 26 février, une campagne de contrôle a été organisée par la préfecture de police sur plusieurs sites. Le but était de s’assurer de l’exercice légal de l’activité de transport public de personnes à titre onéreux par les opérateurs, tous status confondus (VTC, Loti, artisans taxis, etc.), et de la régularité des pratiques. « Pour le seul mois de février, le taux d’infractions relevées s’élève à 18,2 % des taxis contrôlés, 33,3 % des VTC et 41,5 % des Loti », a indiqué la préfecture de police des Bouches-du-Rhône. Elle procède à environ 150 contrôles par mois depuis octobre 2015, date à laquelle le taux d’infraction s’élève à 10,9 % des taxis contrôlés, 28,6 % des VTC et 27,1 % des Loti.
