Michelin constate que ses clients du segment Coach plébiscitent les pneumatiques polyvalents, adaptables à plusieurs missions dans la même journée. Pour les opérateurs disposant d’un atelier intégré, le manufacturier propose un outil de diagnostic prédictif, Michelin Tire Care, permettant d’économiser plus de 10 % du budget carburant et pneumatique. Le marché des « cars Macron » a-t-il fait décoller les ventes sur le segment Coach? Chez Michelin, on sait raison garder, d’autant plus que ce segment relève plutôt de la niche si l’on se fie aux chiffres avancés par Hélène Creskens, responsable du marketing poids lourds, bus et cars pour la zone France et Benelux de Michelin. « On considère que 30 % du marché des pneumatiques Coach est attribué à la longue distance, avec 20 % dédié au tourisme classique et 10 % aux lignes régulières, pour lesquelles nous avons effectivement observé une hausse avec l’arrivée des lignes Macron. Mais l’essentiel de ce marché reste régional, avec 40 % de transport scolaire, 20 % de transport de personnel et 10 % pour des lignes régulières courtes », explique-t-elle.
Pour répondre aux attentes du marché, là encore, le manufacturier clermontois opère une distinction en fonction des usages. « Pour le marché longue distance, nous proposons un pneumatique en 315/80 R 22,5, notamment pour les cars positionnés sur le haut de gamme. C’est une demande en provenance des constructeurs, pour laquelle nous notons une légère augmentation. Mais cela ne représente pas plus de 10 % du marché. Le cœur de cible plébiscité par nos clients reste la dimension 295/80 R 22,5, qui offre une forte polyvalence avec un rayon de braquage optimisé. Nos clients utilisent en effet souvent un même car pour différents usages, passant du ramassage scolaire au transport moyenne distance », fait remarquer Hélène Creskens. Dans cette dimension, le manufacturier propose le Michelin XZA2 Energie, adapté à la longue distance. Arrivé plus récemment, le Michelin X Coach HLZ dispose de l’InfiniCoil, une technologie utilisée dans le poids lourd et qui consiste en un fil d’acier continu sur l’ensemble de la circonférence de roulement qui offre plus de rigidité. « Le poids des nouveaux équipements et l’augmentation des puissances moteur nous ont conduit à proposer l’InfiniCoil afin d’offrir une plus forte charge par essieu, qui passe maintenant à 7,5 t contre 7,1 t auparavant. Avec le Michelin X Coach HLZ, nos clients n’ont pas besoin de changer de dimension de pneumatique, ils bénéficient également d’une forme d’empreinte au sol très plate qui crée une usure très régulière », commente Juan Perez Casar, responsable produit.
En ce qui concerne les services, Michelin propose aux gros rouleurs, comme Ouibus et Transdev pour revenir aux cars Macron, mais également à Keolis, son offre Effitires, qui prend en charge la gestion du poste pneumatique. « Le client paye une redevance kilométrique en fonction du nombre de kilomètres parcourus et nous rendons ce poste variable », souligne Hélène Creskens. Plus récemment, le manufacturier a lancé, début 2017, son offre Michelin Tire Care, destinée aux opérateurs disposant d’un atelier intégré. Il s’agit d’un diagnostic prédictif, qui croise les informations en provenant de capteurs TPMS avec les données RFID de chaque pneumatique. « Ce service a été testé en Italie et en Angleterre. Ainsi, nous avons équipé une société de transport municipale comptant 1 200 véhicules, avec un budget pneumatique de 700 000 euros annuels et un budget carburant de 20 millions. Le contrôle régulier de la pression des pneus a révélé que 20 % du parc était sous-gonflé de 15 %. Avec une bonne pression, la durée de vie des pneumatiques s’est accrue de 10 % (soit 70 000 euros économisés), la rechapabilité a augmenté (gain de 15 000 euros), tandis que la consommation a baissé de 1 % (gain de 200 000 euros). De plus, le contrôle prédictif a évité 30 pannes (coût estimé de 1 000 euros par panne), en surveillant, par exemple, des crevaisons lentes ou des pannes potentielles sur d’autres organes, comme les freins avec un échauffement anormal. De plus, la société a pu réduire le temps des inspections de 12 minutes (gain de 17 000 euros), soit un profit total de 332 000 euros (276 euros par véhicule) », détaille Hélène Creskens.
