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Technologie

2. Les RNTP à l’heure du digital

Numériques, connectés, géolocalisés ou plus économes, les nouveaux équipements et solutions SAEIV ou billettique présentés à l’occasion des RNTP accompagnent la transition digitale du transport. Revue de quelques-unes des nouveautés.

Transdev dresse le portrait du voyageur numérique

Comment les voyageurs sont-ils équipés? Quelles sont leurs pratiques, leurs attitudes et leurs attentes vis-à-vis du numérique? C’est à ces questions qu’a souhaité répondre Transdev, dans l’étude qu’il vient de présenter aux Rencontres nationales du transport public à Lyon, intitulée Transdev Explorer – Les voyageurs numériques. « Le fil rouge de notre travail est de pouvoir répondre à la question: en quoi le numérique peut-il faciliter le report modal? », a expliqué lors de la présentation Marielle Villamaux, directrice commerciale Transdev.

L’étude a été réalisée sur une année par l’agence de conseil Nova7, auprès de réseaux urbains et interurbains, Beauvais, Gironde, Marne-la-Vallée, Le Havre, Nancy, etc.). Elle s’attache à démontrer six grands enseignements concernant les voyageurs numériques en déplacement, c’est la spécificité de son approche.

Tout d’abord, ils sont plus équipés et plus connectés que la moyenne de la population française (70 % d’équipement de smartphone contre 46 %) et ce, quels que soient les profils d’âge ou les niveaux de ressources.

Ensuite, leurs pratiques sont nombreuses et variées (SMS, musique, mails) et se caractérisent par un temps utile mis à profit dans les transports. Ces usages, qui peuvent varier selon le profil du voyageur (retardataire, enthousiaste ou pragmatique), se généralisent.

Autre enseignement tiré de cette étude: les services numériques modifient la perception et l’image du transport public, grâce à l’avantage qu’il a de proposer un voyage augmenté et utile. Plus important encore, ces services sont un levier d’incitation au report modal, notamment grâce à la possibilité de l’achat de titres sur smartphone, c’est l’une des principales attentes des voyageurs qui en sont équipés.

Keolis lance une offre open data pour les collectivités

Pour accompagner les collectivités dans leur projet d’ouverture des données transport, Keolis et sa filiale Kisio Digital leur proposent une offre de services et de conseil 100 % open data, baptisée Open Data Mobilité. Elle se décompose en plusieurs volets, dont l’un est la mise à disposition d’une plateforme d’hébergement et de visualisation des données conçue par OpenDataSoft. « Leur plateforme permet de mettre facilement en relation les producteurs de données et les collectivités, avec les réutilisateurs, ces développeurs qui utiliseront les données pour créer des services », explique Nicole Louvat, directrice business development de Kisio Digital. Forum, documentation technique, support et outils d’animation communautaire des réutilisateurs sont également fournis.

Outre la plateforme, navitia.io et son contenu (services d’information voyageurs, calcul d’itinéraires réutilisables par tous via des interfaces API) sont mis à disposition. Enfin, un volet de conseil, d’audit et de formation adapté au territoire local est prévu, de même qu’un service d’accompagnement des collectivités dans leur réflexion autour de l’open data: accompagnement au changement, analyse des données, choix du type de données pouvant être ouvertes, etc.

La CATP accélère sur l’offre mobile et le TAD

Après les systèmes d’aide à l’exploitation (SAE) et la billettique allégée, la centrale d’achat du transport public élargit son catalogue d’offres de solutions logicielles et technologiques au transport à la demande (TAD) et à l’information voyageurs sur mobile et Internet. C’est XE Mobility de BST Technologies, évolution du logiciel Titus, qui a été choisi pour le TAD.

Une demande croissante a été identifiée par la CATP auprès des réseaux adhérents qui a appliqué sa méthode de simplification de l’offre pour intégrer XE Mobility dans son catalogue. « Nous avons identifié les fonctionnalités indispensables comme la saisie des demandes, la gestion des itinéraires et la planification, et celles pouvant être proposées en option », explique Julie Brunier, responsable du développement. Les modules de prises de réservation par Internet et serveur vocal interactif et une solution embarquée pour les conducteurs sont donc optionnelles. Le tarif de la solution proposée par la CATP s’élève « à 17 000 € et peut-être déployé en deux mois ».

Autre nouveauté: Scoop. Cette plateforme d’information voyageurs permet aux collectivités de s’équiper d’un site internet classique et mobile et d’une appli mobile pour un tarif supérieur.

Horaires théoriques et prochains passages, itinéraires, géolocalisation de l’usager, téléchargement de plans, infos trafic et tarifs sont proposés, avec en option: les horaires en temps réel et un module de ticket virtuel (achat, validation, contrôle sur smartphone). De 12 000 € (web et mobile) à 20 000 € (web et appli mobile), le package Scoop est personnalisable aux couleurs et au logo de chaque réseau client.

Valence Romans teste le post-paiement NFC avec Xeros

Depuis le 1er septembre et jusqu’à fin juin 2016, auprès de 150 abonnés du réseau bus de Citéa, Valence Romans Déplacement (VRD) et Xerox ont lancé un test pilote de billettique post-paiement NFC à partir de smartphones.

C’est la solution Xerox Seamless, dont le centre de recherche européen est situé à Grenoble et l’équipe de développement à Valence, qui a été choisie par VRD. « Son grand avantage est son déploiement rapide et peu coûteux, ainsi que son aspect universel, sans être liée à des opérateurs ou des systèmes de smartphones », a expliqué Mathias Serre, directeur commercial transport public de Xerox. Concrètement, ces miniboîtiers NFC se placent à bord des véhicules (bus, tramways), sur des portiques ou à l’entrée de parking relais. L’usager doit télécharger l’appli Xerox Seamless sur son smartphone, enregistrer son profil et lier une carte bancaire, puis apposer son smartphone sur le boîtier NFC pour valider son paiement.

Encore expérimentale, cette solution pourra être commercialisée début 2016, selon un modèle économique qui reste à définir. « Nous souhaitons faciliter le déplacement de nos usagers en leur proposant des solutions simples, capables de remplacer l’utilisation de la voiture », a expliqué Marylène Peyrard, présidente de VRD, à l’occasion des Rencontres nationales du transport public de Lyon. Pour Xerox, il s’agit du premier cas réel d’application de sa solution Xerox Seamless, lancée lors de l’UITP Milan.

Lumiplan introduit de nouvelles girouettes basse consommation

Proposée par Lumiplan, une nouvelle génération de LED blanches succède aux classiques diodes ambre sur les girouettes des autobus. L’entreprise française a présenté sa nouvelle gamme d’équipements plus économes en énergie, jusqu’à 4 fois moins qu’une girouette classique montée sur des diodes ambre, de quoi atténuer l’augmentation de son prix d’achat. Plus lisible, avec une durée de vie allongée de 25 %, ces girouettes équipent déjà certains réseaux comme CIF-Keolis ou les autocars LDT (Creuse). Ces girouettes bénéficient en outre du label Origine France Garantie.

Réunir livre son 100e bus connecté

Les autocars Barrière ont reçu le 100e autocar équipé du système d’information voyageurs et d’exploitation (SAEIV), développé en interne par Réunir avec Orange Application Services. Installée depuis le début de l’année auprès des adhérents Réunir, cette solution permet à chaque exploitant de concentrer dans un seul boîtier la gestion de tous ses équipements informatiques embarqués: girouette, écran d’affichage en bandeau lumineux et sonore, chronotachygraphe, éthylotest antidémarrage, module écoconduite, etc.

Ce système est basé sur un boîtier installé à bord du véhicule, un calculateur mutualisé qui relie et contrôle à l’aide de câblage IP les équipements pour assurer leur remontée d’information en temps réel, grâce à une antenne unique connectée au réseau Orange. Les données sont préparées aux formats des standards ouverts (Neptune, Siri) et peuvent dès lors être exploitées au dépôt. De même, les informations du planning pour chaque conducteur, ainsi que sa feuille d’itinéraire, sont chargées à bord. « Les conducteurs reçoivent en temps réel des informations sur leur trajet à travers un seul écran », explique Christian Rey-Renaux, responsable des affaires publiques et du pôle nouvelles technologies de Réunir Services.

De la même manière, les AOT peuvent accéder à l’ensemble des données de parcours des véhicules de leur choix à travers un extranet. « Notre volonté a été de répondre à nos besoins propres de service interurbain, de faciliter le travail de nos adhérents et de nos conducteurs, d’assurer notre indépendance sur nos équipements et d’apporter un outil technologique efficace sur le marché très concurrentiel de l’interurbain en France », a-t-il ajouté.

Ratp Dev fait évoluer les sites web de ses réseaux vers le CRM

Les sites des réseaux de RATP Dev vont prendre un coup de jeune et adopter une approche CRM (Customer Relationship Management). Une nouvelle offre web est en effet déployée par les équipes marketing pour créer une relation plus proche entre le réseau de transport, ses usagers et le tissu local, que ce soit l’autorité organisatrice, les commerçants ou les animations organisées par les services municipaux.

Pour y parvenir, le nouveau design des sites web apporte davantage d’occasions de créer des relations personnalisées avec les usagers, sur smartphone ou ordinateur: compte personnel, offres permanentes sur le réseau, vente en ligne, alerte info trafic, newsletter, messagerie, opérations commerciales, etc. L’usager ou le client pourra indiquer ses centres d’intérêts (shopping, cinéma, vie locale, etc.) et recevoir, s’il le désire, des offres ciblées.

En back-office, pour gérer toutes ces informations, une interface moderne de gestion CRM est ajoutée. Elle permet d’obtenir des statistiques sur les actions relationnelles mises en place pour stimuler le lien entre le réseau de transport et la vie locale. Cinq réseaux bénéficieront de ces nouveaux outils web d’ici le mois de novembre: Aléo à Moulins, Ondéa à Aix-les-Bains, Agglobus à Bourges, Transvilles à Valenciennes et Marinéo à Boulogne-sur-Mer. Tous les autres réseaux RATP Dev y auront accès d’ici un an.

Moviken présente un boîtier SAE léger

Basé sur une tablette Android renforcée, ce boîtier doit répondre à la demande de simplification des équipements de système d’aide à l’exploitation (SAE), notamment pour des services interurbains et scolaires.

Autonome, le boîtier assure des fonctions de géolocalisation, de calculateur d’itinéraire, d’information voyageurs en temps réel, à partir de logiciels ouverts développés sur Android. Il permet à l’autocariste de suivre ses services et d’obtenir des relevés d’heure de passage de ses véhicules aux arrêts. D’autres solutions logicielles peuvent être ajoutées, comme par exemple un module d’écoconduite. Enfin, il communique en sans-fil avec les écrans d’information voyageurs du véhicule et son seul câble est celui de l’alimentation. Autre atout de ces nouveaux matériels SAE allégés: un coût réduit de 50 % en moyenne comparé à un équipement SAE plus lourd et plus complexe, ainsi qu’un temps de déploiement beaucoup plus rapide. Moviken annonce avoir déjà installé 30 exemplaires de sa tablette à Strasbourg.

Ils en parlent
Quand l’usager participe

PAR CAPUCINE MOULAS

Et si l’usager payait 100 % des transports qu’il utilise? La question de la tarification est revenue en leitmotiv dans tous les débats, partant d’un constat unanime: le ratio recettes/dépenses dans le transport public doit évoluer.

Pour Roland Ries, vice-président du Gart et maire de Strasbourg, le problème est d’ordre philosophique. « Certains usagers se disent: ce qui est public appartient à tout le monde, et donc m’appartient ». Mais selon lui, « Il faut déployer une campagne pour leur dire: vous ne payez qu’une petite part du service qui vous est offert ».

Une des solutions le plus souvent évoquées: la tarification solidaire. À Strasbourg, Roland Ries est revenu sur la réflexion menée: « Nous avons demandé à chaque usager de payer selon sa capacité contributive, calculée par rapport au quotient familial de la caisse d’allocations familiales ».

La tarification mensuelle est ainsi comprise entre 2,60 € par mois et 48,40 € à plein tarif, soit 50 % de la charge réelle. « Nous avions prévu 600 000 € de moins-value. Finalement, il n’y en a pas eu, il y a même eu une plus-value.

La fréquentation a augmenté de 25 %, et avec elle, les recettes », se félicitait-il.

Le président de l’agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), Philippe Duron, a toutefois mis en garde: « Il y a un changement de paradigme en matière d’usage. Le voyageur fait un arbitrage par le prix, et aujourd’hui, l’offre de mobilité, y compris entre particuliers, fait qu’il a le choix ».

Ils en parlent
Faire autant avec moins

PAR CAPUCINE MOULAS

Inévitable, le mot d’ordre du salon était « l’optimisation ». Pour le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), une seule solution: le regroupement.

« Nous souhaitons mettre à disposition des cahiers des charges types, à compléter selon les besoins des collectivités », a illustré Louis Nègre, président du Gart.

Côté véhicules, il encourage notamment la centrale d’achat du transport public (CATP). Elle propose un catalogue de véhicules standardisés et adaptables aux « petits caprices de chaque collectivité ou exploitant », selon Marc Delayer, son directeur. En juin dernier, le Gart a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour les véhicules propres auprès de l’ensemble des collectivités « afin de recueillir leurs besoins, actuels et futurs ».

S’inspirant du modèle aérien, Yann Leriche, directeur de la performance chez Transdev, encourage les réseaux à suivre les véhicules après l’achat, grâce au télédiagnostic qui permet de détecter un problème en temps réel, avant qu’il ne s’aggrave et ne devienne trop coûteux.

Autre grand ressort de l’optimisation: recentrer le réseau, quitte à réduire l’offre. Bertrand Affilé, vice-président de Nantes Métropole, a expliqué que « les lignes se cannibalisaient les unes les autres ». Après un travail de restructuration, et quelques arrêts supprimés en fonction de la fréquentation, la collectivité a économisé un million de kilomètres par an. Yann Leriche suggère, dans cette situation, de « remplacer les lignes régulières par du covoiturage urbain ». Marc Delayer a quant à lui souhaité rassurer l’assistance: « Expérimentons, essayons! Il ne faut pas hésiter à remettre en cause les choses ancestrales. On pourra toujours revenir en arrière ».

Ils en parlent
Parcours sans fraude

PAR CAPUCINE MOULAS

En France, la fraude coûte chaque année 500 M€. « C’est presque devenu un sport national! », s’est scandalisé Charles-Éric Lemaignen, vice-président du Gart et président de la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire. « Il faut montrer que la fraude,ça n’est pas normal, que ce sont les autres qui la paient. »

Pour y parvenir, l’élu a déployé une campagne de communication baptisée “Les excuses à deux balles”.

Pour « déstabiliser les fraudeurs », l’agglomération se sert même de Twitter pour annoncer les opérations de contrôle.

Autre levier de lutte: la présence humaine. En Ile-de-France, Pierre Serne, vice-président du Gart et de la région, constatait que la présence de médiateurs a fait chuter le taux de récidive de plus de 50 %. En première ligne toutefois, il y a le conducteur. Sur le réseau du Rhône Express (qui relie Lyon et ses aéroports), « les conducteurs sont aussi contrôleurs », a expliqué Laurence Broseta, vice-présidente de l’UTP et directrice générale France de Transdev. « Il y a un écart de 7 points au niveau de la fraude entre les réseaux qui ont mis en place la montée par l’avant et les autres. » En plus des contrôles en civil, Guy Crost, élu référent Sécurité, sûreté, lutte contre la fraude du Gart, recommandait même de faire varier le salaire des conducteurs: « 80 % seraient fixes, et 20 % seraient variables en fonction du taux de validation des titres de transport sur la ligne où le chauffeur circule ».

Un problème de texte?

Mais le véritable enjeu pour la majorité des intervenants restait le recouvrement des amendes. L’UTP et la police nationale signeront un accord-cadre, dans les semaines suivant les Rencontres nationales du transport public, pour partager des informations permettant d’identifier les fraudeurs. Certains souhaiteraient voir la loi évoluer, et abaisser le délit d’habitude à 3 ou 5 interpellations dans l’année, augmenter le tarif des amendes et donner plus de pouvoir aux contrôleurs. Le Premier ministre Manuel Valls a rappelé qu’une proposition de loi devrait être déposée à ce sujet.

Pour l’heure, les opérateurs prônent l’usage du troc: une amende contre un abonnement. Michèle Vullien, vice-présidente de la métropole de Lyon et membre du Syndicat des transports lyonnais (Sytral), recommande également l’envoie des contraventions dans des enveloppes sans en-têtes, « pour préserver l’anonymat des fraudeurs vis-à-vis de leur entourage et les engager à ouvrir l’enveloppe ».

Ils en parlent
L’intermodalité, nouveau mot magique?

PAR CAPUCINE MOULAS

« Il y a quelques années, le transport était binaire: il y avait la voiture ou les transports en commun. Maintenant, beaucoup de modes viennent se greffer entre les deux », a résumé Yves Leriche, directeur de la performance chez Transdev. Pour intégrer correctement ces nouveaux modes et étoffer l’offre de mobilité d’un territoire, les intervenants ont insisté sur l’importance de la concertation très en amont pour s’organiser sur la répartition des recettes, en cas de mariage des titres de transport par exemple.

Pour réussir le pari de l’intermodalité, Charles-Éric Lemaignen, vice-président du Gart et président de la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire, le reconnaît: « Le digital offre des solutions rapides, peu chères à déployer et évolutives ». Cependant, « la technique n’est qu’un outil, elle vient après la réflexion », selon Patrick Vautier, directeur marketing et innovation de RATP Dev. Le danger selon lui: noyer l’usager sous la technique et oublier la « logique client ».

Par ailleurs, dans une étude parue à l’occasion des Rencontres, le Gart insiste sur l’importance de combiner les modes, y compris la voiture, dans les villes de taille moyenne. « Parfois, les transports en commun ne sont pas pertinents », a reconnu Louis Nègre, son président. Il exhorte les collectivités à encourager le covoiturage, l’autopartage ou le transport à la demande dans les zones à faible densité. Autre mode trop souvent délaissé: la marche à pied. « On a tendance à faire un maillage très fin, a constaté Nathalie Courant, administratrice de CarPostal France, mais si on fait de la marche à pied un vrai mode à part entière, on a tout gagné. »

Auteur

  • Bruno Gomes
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