Cachez ce diesel que je ne saurais voir! Tel aurait pu être le mot d’ordre du salon RNTP 2015. On a donc assisté à une déferlante de présentations autour de l’autobus électrique sans fil, sans oublier le retour en grâce, au moins chez les constructeurs, des motorisations au méthane.
Après les déclarations d’intention, lors du congrès 2013 de l’UITP à Genève, voici donc, lentement mais sûrement, l’apparition d’autobus électriques. Ainsi, Yutong, via son importateur Dietrich Carebus Group (DCG), a-t-il présenté sa vision de l’autobus électrique standard de 12 m. Lors du salon, DCG a révélé un accord avec Foresee Power. L’électricien établi en Ile-de-France assurera pour son compte l’équipement des batteries et de l’électronique de puissance pour tous les autobus Yutong livrés en Europe de l’Ouest. Le constructeur a confirmé que ses ateliers d’Ingwiller (Bas-Rhin) seront adaptés pour ce montage final, ce qui permettra de revendiquer une valeur ajoutée alsacienne et française non négligeable, pour chaque bus Yutong électrique livré en France. Les premiers autobus à bénéficier de cette association seront livrés en 2016, le modèle exposé aux Rencontres nationales du transport public étant un modèle 100 % chinois. Dommage que Temsa n’ait pas jugé utile de faire venir le petit MD9 LE électrique.
Les autres constructeurs spécialistes de l’électrique tels que PVI ou Bolloré n’ont pas révélé de surprise, ce dernier se contentant d’exposer le Bluebus compact issu de son accord avec Gruau, mais toujours rien concernant son fameux 12 m standard électrique.
Safra, avec son Businova, reste fidèle à une hybridation complète, mais cette fois dans une déclinaison hybride rechargeable de son bus urbain de 10,50 m. Le modèle d’Eurexpo sera testé sur le réseau RTM de Marseille, sachant que Gaillac teste déjà depuis avril 2015 le Businova hybride rechargeable sur sa Navette. Le constructeur avance une consommation électrique de 1,1 kW par kilomètre, un résultat qui s’explique par la multi-hybridation du véhicule qui exploite la motorisation hydraulique (d’origine Parker) lors des phases de démarrage et de ralentissement, le moteur électrique ne travaillant qu’en palier. Autre actualité pour Safra: le développement d’une version standard 12 m de son Businova, notamment à la demande de la RTM.
La surprise vient d’Heuliez Bus qui a présenté son projet d’autobus électrique standard 12 m, l’Heuliez GX 337 Elec. Cela ne changera rien au marché conclu entre la RATP et Bolloré, mais permet au constructeur de ne pas se laisser distancer et de participer aux tests mis en place à partir de décembre 2015 par la régie parisienne autour des autobus électriques. Il rejoindra ainsi Irizar, Solaris, Yutong et Golden Dragon E-Busco. Discrètement (et sans le montrer sur le stand, le diesel étant honni par certains élus), Heuliez Bus a annoncé la commercialisation de l’autobus GX 437 à moteur Cursor 9 de 360 ch. Il conserve, hélas, le gros et disgracieux “sac à dos” connu sur les Iveco Bus Urbanway de même motorisation. Ce montage de l’échappement condamne la lunette arrière, privant l’habitacle d’une source de lumière, un paradoxe chez ce constructeur si soucieux de l’agrément de vie à bord.
Surprise aux RNTP 2015, la motorisation au méthane, malgré quelques pertes dans certains réseaux (Dijon, Grenoble), suscite toujours l’intérêt des constructeurs: ainsi EvoBus France a-t-il présenté en avant-première le Mercedes-Benz Citaro NGT. Un autobus motorisé par un 6 cylindres de 7,7 litres développant 302 ch et 1 200 Nm de couple qui sera livrable en versions 12 m (96 passagers) et 18 m (153 passagers). Notez les valeurs de puissance et couple spécifiques qui sont parmi les meilleures du marché. Mercedes-Benz met en avant les bénéfices environnementaux autour de ce modèle, que ce soit en termes de bruit (-4 dB) ou d’émissions de CO2 (le moteur M936 G est totalement compatible avec le biométhane). Seul le capot de toit (hauteur hors tout du Citaro NGT: 3,389 m pour 227 litres de méthane stockés) trahit de l’extérieur sa motorisation. Pour Mercedes-Benz, cette nouveauté correspond à une refonte totale de la motorisation au méthane, désormais en mélange stœchiométrique et avec allumage commandé. Le résultat: une baisse des consommations de 15 à 20 % par rapport au précédent Citaro gaz.
Le méthane est mis en avant chez Iveco Bus sur le Crealis Euro VI, construit sur la base de l’Urbanway. Les changements pour ce bus portent sur la porte avant agrandie, l’amélioration du rayon de braquage et une face avant conçue pour réduire les coûts de réparation. Le modèle exposé était aux couleurs du réseau de l’agglomération du Mans.
MAN exposait le moteur E2879 LUH Euro VI qui anime les Lion’s City. Ce moteur développe 272 ou 310 ch et un couple de 1 250 Nm pour une cylindrée assez considérable de 12,8 litres.
Scania reste, pour le moment, le seul constructeur à proposer une motorisation au méthane sur des autocars de ligne (Scania OmniExpress), mais MAN pourrait bien révéler quelques surprises en la matière en 2016. On sait également qu’Iveco Bus a récemment mis le sujet du GNV en priorité de ses développements autour du Crossway. Affaires à suivre.
Surprise aux Rencontres 2015, l’arrivée en force des Turcs sur le marché de l’urbain. Karsan via Hervouet Corporate Industry (HCI) et Isuzu Bus via Fast Concept Car (FCC) ont présenté leurs véhicules dédiés au marché du transport public urbain. HCI expose le petit Jest (21 passagers) à moteur Iveco Daily et le classe Midi Atak, toujours à moteur Iveco, mais ici de la famille Tector (190 ch). Karsan est peu connu en France, mais c’est un carrossier très puissant en Turquie et un partenaire industriel bien connu de l’industrie automobile (de Peugeot à Breda Menarini). L’accord de distribution en France entre HCI et Karsan a été officialisé au mois de juin 2015. Une actualité qui conforte l’offensive turque en France, puisque FCC distribue toute la gamme dédiée aux autobus urbains d’Isuzu Anadolu. Tous reposent sur des chaînes cinématiques Isuzu ou Cummins et peuvent recevoir une boîte robotisée à coupleur hydraulique Isuzu. Sur le stand, on pouvait découvrir l’Isuzu Citibus de 9,5 m de long. La lutte turque (on recense Temsa, Isuzu Bus, Karsan ou Otokar rien que sur le marché français) autour des classe Midi promet d’être passionnante à suivre!
Vehixel est venu avec plusieurs véhicules de la nouvelle gamme Cityos 4, tous sur base Iveco Daily 70C. On note en particulier le Cityos RLF à plancher surbaissé… arrière!
L’astuce permet d’éviter un coûteux décaissement dans l’empattement et préserve la transmission d’origine, au grand bénéfice des coûts et des délais! Sur la base Mercedes-Benz Sprinter 513 ou 516, Dietrich Véhicules a développé une version urbaine City 23 (motorisée uniquement avec le 4 cylindres OM651LA) qui porte clairement la signature stylistique caractéristique du constructeur, déjà popularisée sur les City 21 construits sur base Fiat Ducato. Le City 23 bénéficie de la vraie boîte automatique d’origine Mercedes-Benz et d’un décaissement spécifique permettant l’accueil de passagers en fauteuil roulant. Ce modèle est immédiatement disponible.
Durisotti est aussi venu à Eurexpo avec ses réalisations sur base Renault Master.
Le modèle exposé, construit sur la base du fourgon tôlé, bénéficie de vitrages spécifiques et d’un encadrement arrière remplaçant les portes battantes d’origine, ce qui change singulièrement l’aspect du Renault Master pour un investissement minime.
Le modèle exposé disposait d’une boîte robotisée d’origine Renault. Une réalisation directement concurrente du M City réalisé par Vehixel.
