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3. Le scolaire s’ouvre au numérique

Réputé parent pauvre du transport public, le transport scolaire bénéficie pourtant lui aussi de l’arrivée de solutions numériques. Billettique, ceinture connectée, carte sans contact, etc. Le scolaire rattrape son retard à condition de rester dans de petits budgets.

Le transport scolaire, mauvais élève de l’équipement numérique? Peut mieux faire en tout cas. Doté de faibles budgets, il bénéficie aujourd’hui de l’arrivée de nouvelles solutions économiquement et techniquement abordables.

Un contexte budgétaire contraint

Comme le transport interurbain, le scolaire ne bénéficiait pas de solutions connectées correspondant à ses budgets d’exploitation réduits. Mais le développement de solutions légères, basées sur les smartphones et des services cloud, lui ouvre de nouvelles perspectives d’équipement et d’optimisation de son exploitation.

C’est notamment le créneau emprunté par Ubi Transports avec ses solutions SAE et billettiques légères. « Nous cherchons à transformer les réseaux de transport en leur apportant des outils faciles à mettre en place, capables de remonter des statistiques pour optimiser leur réseau, et apportant un service aux usagers », expliquait Jean-Paul Medioni, Pdg d’Ubi Transports lors du salon RNTP de Lyon. Temps d’arrivée, géolocalisation, fréquentation de la ligne, profil des voyageurs, ponctualité des services, etc. Ces services classiques d’une billettique et d’un SAE, Ubi Transports cherche avant tout à les proposer aux transports interurbains et scolaires, « deux territoires vierges de technologies, où les budgets à consacrer aux solutions billettiques et SAE ne sont pas suffisants pour s’équiper avec les offres existantes sur le marché ».

D’un côté, de la technologie efficace, facile et innovante basée sur des smartphones, des équipements légers sans contact et le cloud. De l’autre, des budgets d’achat et de maintenance réduits. Entre les deux, on trouve des acteurs désireux de populariser ces solutions abordables auprès des réseaux de toute taille, à commencer par les petits ou les moyens. C’est le cas de la centrale d’achat du transport public (CATP) qui a été la première à référencer l’offre modulaire de produits (2School, 2Place, 2Clock, 2SMS, 2Stop) mise en place par Ubi Transports, dès 2014.

Depuis, d’autres offres ont émergé. Navocap dévoile en ce moment sa nouvelle solution dédiée au scolaire, baptisée EasyGo Free et opérationnelle début 2017. Centrée autour de la géolocalisation des véhicules, un service central qui permet ensuite la création de nombreux services (régulation, information voyageurs, etc.), EasyGo Free souhaite répondre « au besoin fondamental des intervenants de la chaîne de transport: les AOMD [autorités organisatrices de la mobilité durable, N.D.L.R.], les exploitants, les parents, les établissements scolaires et les mairies, de connaître la position des élèves, essentiellement pour des raisons de sécurité et d’optimisation de la gestion », explique le fournisseur de SAIEV dans un communiqué. Son offre comprend ainsi la géolocalisation et un premier niveau d’information voyageur, établie à partir du smartphone du conducteur. Les données sont envoyées vers le back-office de la solution qui les retransmet ensuite sur une appli gratuite destinée aux élèves et aux parents, les exploitants pouvant personnaliser leur interface et récupérer d’autres données d’aide à l’exploitation.

Autre fournisseur de solutions SAE et billetterie léger: Okina. Son offre se base également sur le nouveau sésame que représente le smartphone (mais aussi la tablette), ainsi que sur des cartes dotées de QR codes destinés aux élèves. À la montée dans le véhicule, le boitier B-iti proposé par Okina assure la lecture de la carte et le contrôle validité du titre du voyageur. Relié au smartphone, il se connecte de manière sécurisée à une plate-forme sur laquelle l’exploitant ou l’AOM (autorité organisatrice de la mobilité) gère les droits des abonnements de chaque élève (identifié par sa carte QR code unique), basée sur la technologie maison d’Okina, Flash-iti. Dans un second temps, des données d’exploitation sur la fréquentation sont remontées pour être analysées par l’exploitant. Okina met en avant l’indépendance du fonctionnement de son système quant au conducteur dont l’intervention n’est pas requise lors de la montée des voyageurs.

La ceinture connectée pour plus de sécurité

Outre l’exploitation et la billettique, la sécurité est également un domaine dans lequel le transport scolaire innove. Et la ceinture connectée en est le meilleur exemple. Le port de la ceinture dans les autocars, et plus particulièrement les autocars scolaires, fait l’objet de nombreuses campagnes d’information et reste un sujet majeur de la réglementation du transport de voyageurs. Preuve en est avec l’obligation depuis le 1er septembre 2015 d’équiper les véhicules de transport de voyageurs de ceintures de sécurité, et l’obligation pour les voyageurs de les attacher. Pour s’assurer de ce dernier point, des équipementiers ont planché sur la ceinture connectée: un capteur active un signal lumineux si la ceinture n’est pas bouclée. Un procédé simple qui profite de la démocratisation et de la baisse des coûts des technologies liées aux capteurs. Le constructeur de sièges Compin-Fainsa propose ce dispositif dans son produit, la ceinture universelle 3P dont la principale fonctionnalité est de pouvoir adapter la longueur de la partie haute de la sangle à la taille du voyageur.

Autre innovation, récompensée aux Trophées des objets connectés 2016 par le prix de la Sécurité dans la catégorie Transport et mobilité: la ceinture connectée développée par Atos en partenariat avec la start-up Aguila Technologies. La solution agit lors des phases de crise ou d’accident sur un véhicule nécessitant son évacuation rapide. Elle se comporte comme un « système coupe ceinture automatique qui permet de libérer l’ensemble des ceintures de sécurité en quelques secondes et faciliter ainsi l’évacuation du véhicule ». Des innovations que l’Association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public (Anateep) se félicite de voir apparaître, même « s’il aura fallu attendre près de 14 années pour que cette demande, formulée officiellement par l’Anateep lors des discussions préalables à l’adoption de la transposition en droit français de la directive européenne sur le port obligatoire de la ceinture, puisse être transcrite dans les faits ».

Auteur

  • Bruno Gomes
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