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Métro

3. Les projets auxquels on a (encore) échappé!

Si la plupart des prolongements qui avaient été proposés en 1928 dans les limites de l’ancien département de la Seine ont été réalisés, à quelques modifications de trajet oud’origine près, certains d’entre eux ne sont pas encore achevés,ou même, n’ont jamais été entrepris.

Ainsi, le prolongement de la ligne 4, au sud vers Mairie de Montrouge, ne sera en service qu’à la fin de 2019, tandis que celui de la ligne 13 vers Le Bourget (à l’époque aéroport principal de Paris) sera remplacé par la ligne 16 du Grand Paris Express!

De nombreux projets de prolongement du métro ont été soit abandonnés, soit transformés. Comme celui qui avait été proposé en 1931 et visait à la transformation en ligne de métro de la partie ouest de la ligne de Petite Ceinture ferroviaire entre les gares de Pont-Cardinet et de Montsouris (aujourd’hui gare Cité Universitaire du RER B). Cet itinéraire a été ultérieurement utilisé en partie par la branche nord-ouest (Invalides–Montmorency) du RER C, tandis que celui du tram T3a a été tracé sur les boulevards des Maréchaux et non sur les emprises de la Petite Ceinture abandonnée. Même oubli pour le projet de prolongement de la ligne 5 entre Place d’Italie et Cité Universitaire, et pour celui de la ligne 11 vers Romainville, transformé aujourd’hui en prolongement vers Rosny puis Noisy. Hormis le cas de la ligne 1 au-delà de la gare d’Austerlitz, d’autres prolongements restent toujours en attente, comme celui de la ligne 5 au-delà de Place d’Italie vers la place de Rungis, de la ligne 13 avec sa branche Asnières vers le port de Gennevilliers et sa branche Saint-Denis jusqu’à Stains. Trois projets qui sont toutefois inscrits au schéma directeur 2013-2020 de la région Île-de-France (SDRIF). Schéma qui comporte d’ailleurs un autre projet lié à la ligne 5, mais qui n’est pas encore entériné par la RATP, avec la création d’une station de métro qui serait en correspondance avec la nouvelle gare de Bobigny-La Folie du futur Tramway Express Nord (Sartrouville–Val de Fontenay).

Quelques aménagements obligatoires

Les nombreux remodelages du réseau de métro dans Paris intra-muros qui ont émaillé l’actualité des transports parisiens durant les années 1925-1930, et qui ont notamment abouti à la création de la ligne 10 par la récupération de tronçons d’autres lignes, ne sont plus d’actualité. Il reste toutefois celui de la fusion des antennes 3bis (Gambetta–Porte des Lilas) et 7bis (Louis Blanc–Pré Saint-Gervais), deux moignons de lignes qui résultent de l’histoire complexe du réseau.

La première (1,3 km et 4 stations) est une « retombée », au sens strict, du prolongement de la ligne 3 jusqu’à Gallieni, en 1971, quand la partie terminale de cette ligne créée en 1921 entre Porte de Champerret (prolongée à Pont de Levallois en 1937) et Porte des Lilas a été séparée de sa ligne d’origine. En même temps, la station Martin Nadaud a été supprimée et jumelée à celle de Gambetta. Cette antenne est desservie par 6 rames MF 67 réduites à 3 voitures qui sont d’ailleurs les premières rames de ce type mises en service par la RATP.

La seconde antenne, d’une longueur de trois kilomètres avec huit stations, avait été créée en 1911, un an après la mise en service la partie nord de la ligne 7 avec laquelle elle a été exploitée en branche jusqu’en 1967. Ce retard était lié aux considérables difficultés de construction de l’antenne dans un terrain de carrières (les Carrières d’Amériques, sur lesquelles a été aménagé le parc des Buttes-Chaumont). Cela a notamment obligé à construire la station Danube sur un viaduc souterrain dont les piliers reposent sur le sol des anciennes carrières. La ligne 7bis est exploitée avec 9 rames de type MF 88 composées de 3 voitures à essieux orientables et à intercirculation intégrale. Ces matériels expérimentaux dits « BOA » ont préfiguré les actuelles MF 01.

La fréquentation de ces deux antennes est la plus faible du réseau de métro, avec respectivement 1,7 et 3,6 millions de voyageurs (2003), un trafic en chute régulière depuis de nombreuses années. Aussi, afin de les revitaliser, de nombreux projets de réunification se sont succédé au cours des décennies, facilités par le fait que les deux lignes avaient été, dès 1921, reliées par la double jonction dite de la voie des Fêtes, préfiguration d’une unification à venir qui n’a jamais été réalisée. Un système de navettes sur voie unique a pourtant fonctionné de 1921 à 1939 et de 1952 à 1956 (avec le prototype MP 51 du métro sur pneus) entre les stations Porte des Lilas-Cinéma (parallèle à la station existante et, comme son nom l’indique, très utilisée pour des films et des séquences publicitaires) et Pré Saint-Gervais. La voie passe par la station fantôme Haxo, totalement réalisée, mais dont les accès à la voirie n’ont jamais été construits, comme celle de la Porte Molitor, située entre les lignes 9 et 10, qui était destinée à la desserte ponctuelle du Parc des Princes.

Un besoin derationalisation

Les deux versions du SDRIF (schéma directeur de la région Île-de-France), celle concernant la période 2007-2013 et celle couvrant les années 2014-2020, ont relancé le projet. Il vise à créer une ligne de 5 km avec 12 ou 14 stations selon les versions, la maximale achevant les accès de la station Haxo et reportant l’origine de la ligne à la station Château-Landon, plus au sud sur la ligne 7, afin de créer des installations terminus plus rationnelles que le quai à quai existant et d’offrir une correspondance intéressante avec la gare de l’Est.

Il est vrai au prix d’un fort surcoût, ce qui augure mal en faveur du choix de cette possibilité… Les deux versions du projet envisagent toutefois côté jonction l’utilisation des deux itinéraires existants à voie unique, à l’image de ceux de la boucle de la ligne 10 dans le quartier d’Auteuil.

Le premier desservirait la station Place des Fêtes pour les trains se dirigeant vers Gambetta et le second passerait par Pré Saint-Gervais pour ceux allant en sens inverse vers Château-Landon ou vers Louis Blanc en version simple. Les « mystères du métro » sont ainsi autant de raccordements oubliés, de stations déplacées, fusionnées ou fermées, de stations fantômes jamais ouvertes et d’esquisses de lignes ou de prolongements jamais réalisés!

Auteur

  • Michel Chlastacz
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