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SPÉCIAL ITS.

500 km de routes connectées opérationnelles dans l’ouest de la France

Partie intégrante du projet Scoop, de grands axes de la région Bretagne viennent d’être équipés d’antennes communicantes afin de permettre de diffuser l’information routière entre véhicules et infrastructures.

Les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire disposent, depuis décembre 2019, de 500 km de routes bardées d’une centaine d’antennes, prêtes à accueillir les véhicules communicants. Ces « routes connectées » font partie du projet Scoop, lancé en 2014 et achevé en 2019, cofinancé par la Commission européenne et couvrant cinq zones tests en France. En région Ouest, des antennes spéciales, à un millier d’euros pièce, permettent désormais aux conducteurs de voitures équipées d’envoyer des alertes ou de les recevoir. Ces informations récoltées et traitées doivent permettre, entre autres, de réguler les flux de circulation. Les constructeurs automobiles commencent à annoncer des équipements de ce type de système en série même si, pour l’instant, peu de voitures en sont équipées. Renault et PSA ont commencé la commercialisation de véhicules Scoop, des Mégane et des C4 ou DS4, munis de boîtiers dédiés.

Préalable aux véhicules autonomes

Le site de l’ouest comprend le périphérique de Nantes et des axes reliant Nantes/Saint-Nazaire à Saint-Brieuc/Saint-Malo, en passant par Rennes. « Le dispositif a été validé par la CNIL pour garantir l’anonymat des différents usagers: on n’aura même pas l’information de la plaque », indique Katell Kerdudo, chef du service mobilité-trafic à la Direction interdépartementale des routes (DIR) Ouest. Elle souligne que les routes connectées sont « un préalable au déploiement des véhicules autonomes à grande échelle », qui pourrait intervenir dans une quinzaine d’années. Les véhicules sont ainsi équipés de capteurs qui détectent des événements (chaussée glissante, choc, freinage brusque…) grâce aux données transmises par l’ABS, les pneus connectés ou le déclenchement d’un airbag, et captées par les unités embarquées qui transmettent l’information aux autres véhicules en amont (V2V, véhicule à véhicule) ainsi qu’au gestionnaire d’infrastructure (V2I) via des unités bord de route.

Le gestionnaire peut aussi transmettre des informations (chantiers en cours, par exemple) aux unités embarquées dans les véhicules (I2V). La gendarmerie se montre également intéressée pour la diffusion de messages d’alertes, type enlèvement. Pour sa part la SNCF compte sur le dispositif pour prévenir de la proximité d’un passage à niveau. Chaque année, on déplore entre 25 et 35 tués lors de 110 à 140 collisions.

Système coopératif

Scoop vise à déployer un pilote de systèmes de transport intelligents coopératifs, c’est-à-dire basés sur l’échange d’informations entre des véhicules connectés entre eux et entre le véhicule et l’infrastructure routière. Il s’agit du seul projet de déploiement de C-ITS (Systèmes de transports intelligents coopératifs) en Europe construit sur une coopération entre gestionnaires routiers et constructeurs automobile (Renault et PSA), qui s’est confronté à tous les défis de la vie réelle: respect de la vie privée, cybersécurité, processus industriels, appels d’offres, vérification de la conformité et interopérabilité. Même si Scoop s’achève, ses travaux se poursuivent et se développent dans les autres projets C-ITS français en cours: C-Roads France, InterCor, InDiD. Des nouveaux services, notamment des services logistiques, urbains et pour le véhicule autonome, seront développés.

Cinq sites pilotes en France

Outre la région Ouest, le projet Scoop s’appuie sur quatre autres sites pilotes de déploiement caractérisés par des types de routes, des niveaux de trafic et des topographies différentes. On retrouve ainsi l’Île-de-France, avec une grande partie des équipements déployés sur l’A86 et la Francilienne, la rocade de Bordeaux, le réseau secondaire d’Isère (territoire de montagnes) et le « Corridor Est », l’autoroute concédée entre Paris et Strasbourg.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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