Située à l’est de Dusseldorf, la ville de Wuppertal a choisi de s’équiper de 20 bus A 330 Fuel Cell de Van Hool, comparables au Fébus de Pau. L’hydrogène utilisé est produit par traitement des déchets ménagers.
La compagnie des transports en commun de Wuppertal, WSW (Wuppertaler Stadtwerke), a commandé dix bus à hydrogène au constructeur belge Van Hool. Les véhicules, longs de 12 mètres et pesant 14 tonnes, peuvent transporter 75 passagers. Les premiers d’entre eux ont été mis en circulation le 20 juin, après une phase d’adaptation et de formation du personnel. Ces bus de type A 330 Fuel Cell ont un moteur de 210 kW et sont équipés d’une cellule à hydrogène de 85 kW ainsi que d’une batterie LTO. La cellule à hydrogène est installée sous la plateforme voyageurs. Les bus Van Hool affichent une autonomie de 350 à 400 km, et coûtent 650 000 euros l’unité, soit trois fois le prix d’un bus conventionnel à moteur diesel. Totalement silencieux, ils permettent d’économiser 700 tonnes de CO2 par an, selon la compagnie. Dans cette région vallonnée, la différence sur la qualité de l’air se fera tout particulièrement sentir sur les trajets en montée. « Comme beaucoup d’autres villes, nous nous sommes d’abord intéressés aux bus électriques à batterie, rappelle Andreas Meyer, responsable du projet hydrogène de la compagnie. Mais sur les parcours vallonnés, les bus électriques ont vu leur autonomie réduite à 150 km, alors que les bus en circulation doivent accomplir 300 km par jour en moyenne. »
La flotte à hydrogène de WSW doit doubler d’ici la fin de 2021 pour compter alors 20 véhicules. Wuppertal, déjà novatrice pour avoir été la première ville d’Allemagne à s’équiper d’un monorail suspendu, mise de longue date sur l’hydrogène, au point qu’on parle de « modèle de Wuppertal », dès qu’on aborde la question de l’usage de l’hydrogène dans les transports en commun. La compagnie de transports en commun de Wuppertal produit son propre hydrogène, par le biais de la compagnie de traitement des déchets locale, AWG. Depuis l’hiver dernier, un électrolyseur équipé d’une station à hydrogène se tient à l’ombre de l’usine de traitement des déchets. L’hydrogène et l’oxygène sont produits par électrolyse de l’eau grâce à l’énergie dégagée lors la combustion des déchets. « Le modèle de Wuppertal est plus qu’une solution intelligente au niveau local, souligne le ministre des Transports de la région. Le projet commun à WSW et AWG est une innovation qui développe l’économie de recyclage. » AWG entend s’équiper rapidement de bennes à ordures roulant elles aussi à l’hydrogène. Un test à cet effet a déjà été effectué l’an passé avec un prototype du constructeur Faun.
Le modèle de Wuppertal est soutenu par l’Union européenne, l’État Fédéral et le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui ont investi ensemble 6,5 millions d’euros sur les 12 millions qu’a coûté le projet.
