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Alsace: dix réseaux sur la même ligne

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Alsace: dix réseaux sur la même ligne

Crédit photo David Reibenberg, Nathalie Arensonas, Hubert Heulot, Conrad Freeling

Les Alsaciens aiment prendre leur temps. Si le projet d’un billet unique pour la région date de 2004, la Carte Orange alsacienne n’est pas encore là. Mais dix AO planchent désormais ensemble pour intégrer les offres multimodales qui existent déjà et résoudre le délicat problème des tarifs.

Et de dix. Le ralliement de trois collectivités locales (Sélestat, Haguenau-Schweighouse et Obernai) au Comité de coordination des autorités organisatrices de transport, rapproche un peu plus l’Alsace de son objectif: un billet unique pour tous les transports de la région.

Pour autant, ce n’est pas encore demain que les Alsaciens circuleront dans les transports publics avec une Carte Orange en poche. Hubert Haenel, président de la commission transports du conseil régional ne se décourage pas: “Le projet de billet unique pour tous les modes de transport public remonte à 2004 avec le lancement d’une étude de faisabilité pour fixer une tarification acceptable par tous, et la répartition des recettes entre les transporteurs. Tout ceci est complexe à mettre en œuvre”. À Mulhouse, la tarification est zonale, à Strasbourg, elle est unique, et sur les lignes SNCF, elle est kilométrique!

Le sujet de la tarification intégrée est sensible: les autorités organisatrices ont des approches différentes, et les incidences financières sont énormes. Le ticket multimodal est un bon levier de développement des transports publics, mais il ne représente que 15 % des déplacements TER, et quelques pourcentages des déplacements urbains. Un tarif multimodal ne doit pas léser tous ceux qui n’empruntent qu’un seul mode de transport. Nous devons être attentifs à ne pas désavantager ces voyageurs-là”, explique Didier Dieudonné, directeur des transports et des déplacements à la région Alsace.

Le casse-tête des tarifs intégrés

Un exemple: un billet de la CTS (Compagnie des transports strasbourgeois) coûte aujourd’hui 1,30 euro et permet de circuler en bus et en tram pendant une heure. Imaginons un trajet identique où il serait possible d’emprunter un TER et un bus de la CTS. “Avec un titre unique dont le prix serait fixé à 1,40 euro, la SNCF comme les usagers pourraient se sentir lésés”. Depuis 2001, le ticket multimodal existait déjà pour les abonnés avec le tarif combiné “Alsa +”. Il associe un abonnement TER (travail ou étudiant) à un déplacement sur les réseaux urbains de Strasbourg, de Colmar et de Mulhouse. Alsa + est moins cher que l’addition de deux abonnements. “Le supplément de trafic généré par cette mesure incitative compense une éventuelle perte de recette pour chaque AO”, insiste Didier Dieudonné. Cette offre tarifaire a été étendue à Colmar, Saint-Louis et aux réseaux interurbains en 2004 et 2006. Et depuis le 10 mai dernier, tous les réseaux de transport alsaciens y adhèrent, les dix AO ayant finalement décidé de travailler ensemble. “Alsa + est une combinaison de tarifs qui ne remet pas en cause la façon dont chaque tarif est déterminé. Il répond aux besoins des abonnés du TER qui représentent 75 % des déplacements. C’est le premier volet concret de la Carte Orange à l’alsacienne associant toutes les collectivités locales concernées”, poursuit Didier Dieudonné. Bravant les obstacles, la région affirme ses ambitions: “Nous voulons introduire de l’audace collective, simplifier les tarifs, tout en nous assurant que la clientèle suit”.

Et les voyageurs occasionnels?

Avec l’arrivée du TGV, les élus alsaciens veulent offrir aux voyageurs occasionnels un tarif combiné sur les lignes de transport locales. Dès 2008, cela pourrait se concrétiser par un billet unique valable pendant 24 h sur la ligne Strasbourg / Molsheim qui sera alors cadencée. Depuis l’aéroport de Strasbourg par exemple, un visiteur pourra prendre un train TER, puis un bus et filer jusqu’en Allemagne via le réseau de l’Ortenau, avec un seul et même billet! À Mulhouse, le premier tram-train français, prévu en 2010, permettra de franchir une étape supplémentaire. “Nous travaillons avec le syndicat des transports mulhousiens et le conseil général du Haut-Rhin pour mettre en place une intégration tarifaire multimodale sur ce bassin de déplacements”, explique le responsable des transports de la région.

L’Alsace s’enorgueillit aussi d’avoir introduit des tarifications transfrontalières avec des AO allemandes et suisses. L’abonnement de travail Alsa + permet déjà aux frontaliers alsaciens travaillant en Suisse d’emprunter le réseau urbain de Bâle. Didier Dieudonné est confiant:

La Carte Orange suivra tout naturellement”.

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  • David Reibenberg, Nathalie Arensonas, Hubert Heulot, Conrad Freeling
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