En juin dernier, l’autorité de sécurité ferroviaire du Luxembourg confirmait l’interdiction de circulation pour les trains de voyageurs non équipés du système de sécurité européen ERTMS à partir du 1er janvier 2020. Une décision immédiatement dénoncée par Jean Rottner, président de la région Grand-Est, estimant dans un communiqué, que cette échéance « va conduire à au moins six mois de galère pour les travailleurs frontaliers ». Lesquels sont plus de 12 000 à emprunter cette ligne chaque jour.
L’installation du système européen de gestion du trafic ferroviaire ERTMS (European Rail Traffic Management System), déjà effective sur tous les trains CFL, avait été reportée à 2021. En effet, le président de la région Lorraine, Jean-Pierre Masseret, avait refusé de financer les 28 millions d’euros nécessaires au déploiement de l’ERTMS sur les rames Métrolor. Après la loi NOTRe, Philippe Richert, alors président de la région Grand-Est, parvient à débloquer la situation. Mais les délais d’équipement des rames sont incompressibles. En février 2017, la collision frontale entre un train de fret belge et un train de passagers des CFL, survenue à Dudelange, pousse le Grand-Duché à raccourcir les délais. La date butoir est avancée au 31 décembre 2019. Problème: l’ensemble des rames françaises ne seront pas prêtes avant juin 2020. La moitié seulement a pu être mise à niveau. « La région Grand-Est, depuis sa création en 2016, accomplit ses meilleurs efforts pour équiper au plus vite ses 25 rames du système ERTMS », plaide Jean Rottner. En attendant, une partie des usagers seront obligés de changer de train pour prendre la correspondance affrétée par les CFL (Chemins de fer luxembourgeois) en gare de Thionville.
« La région Grand-Est et la SNCF avaient pourtant formulé une proposition de compromis consistant à accorder une dérogation réduite au 1er trimestre 2020. Cela aurait permis de disposer en permanence de 20 rames aptes à traverser la frontière, avec un impact très limité sur les usagers, rappelle le président de la région Grand-Est. Cette décision apparaît d’autant plus incompréhensible que l’autorité de sécurité accorde une dérogation d’un an supplémentaire aux trains de fret. » François Bausch rappelle que ce compromis a été possible car le flux de fret est dévié vers Longwy, Esch et Bettange. « Le rapport fait après l’accident de Dudelange nous dit que sur le tronçon surchargé entre Bettembourg [À la frontière, NDLR] et Luxembourg, il y a un risque », précise le Premier ministre luxembourgeois. L’accident avait causé la mort du conducteur de train luxembourgeois.
