Première coopérative ferroviaire à voir le jour en France, Railcoop prévoit désormais de démarrer ses dessertes voyageurs en juin 2022. Le point d’équilibre de son exploitation pourrait être atteint dès l’année suivante.
Contrairement à d’autres projets ferroviaires, celui de Railcoop n’est pas impacté par la crise sanitaire. Le démarrage des services voyageurs sur la transversale Bordeaux-Lyon interviendra donc bien en juin 2022, conformément au calendrier initialement fixé.
Comptant désormais dans ses rangs plus de 2 300 sociétés ainsi que des collectivités dont la communauté de communes du bassin de Gannat, la coopérative ferroviaire a été autorisée de facto, le 25 juillet 2020, à assurer l’exploitation des lignes Bordeaux-Lyon, Toulouse-Rennes et Lyon-Thionville. La notification de ces lignes auprès de l’ART (Autorité de Régulation des Transports) n’ayant fait l’objet d’aucune saisine.
C’est donc l’ouverture de la liaison transversale Bordeaux-Lyon qui cristallise à présent toutes les attentions. Si les rencontres avec les sociétaires, les acteurs institutionnels, économiques, de la société civile et des habitants des territoires desservis ont été provisoirement ajournées pour cause de second confinement, le travail se poursuit autour du futur service. Il comprendra trois allers-retours quotidiens, dont un de nuit. L’objectif est de parvenir à un temps de parcours inférieur à 7 heures, les derniers services assurés par la SNCF en 2014 l’ayant été en 7 h 20. Le nombre de voyageurs transportés pourrait, ainsi, atteindre 690 000 en 2023, ce qui permettrait d’atteindre le point d’équilibre d’exploitation.
Les rames automotrices bimode qui seront utilisées devront nécessairement comporter une partie fourgon. Railcoop entend répondre à une demande très forte des utilisateurs des trains Intercités voyageant avec des vélos. Ces mêmes voyageurs disposeront également d’une restauration à bord.
Les tickets seront disponibles dans chacune des gares du parcours, et leur prix devra être concurrentiel par rapport à celui du covoiturage. Car l’objectif est bien de prendre des parts de marché à la route, y compris aux SLO, dont les temps de parcours sont supérieurs de plusieurs heures.
Pour l’heure, Railcoop qui a prévu de roder ses organisations avec le lancement d’une première desserte fret en septembre 2021, se mobilise pour augmenter son capital. D’un montant actuel de 720 000 euros, il devrait atteindre 1,5 M€ d’ici à la fin 2020. Ainsi, la nouvelle entreprise pourrait être en mesure de se voir délivrer la licence ferroviaire avant l’été 2021, et son certificat de sécurité peu de temps après. La confirmation des sillons voyageurs devrait intervenir en septembre de la même année. Enfin, le recrutement des conducteurs des neuf rames automotrices, dont trois pourraient être utilisées sur une seconde liaison à partir de 2023, sera réalisé au début de l’année 2022.
Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, ne cache pas ses ambitions pour l’avenir: « Le modèle de coopérative ferroviaire, qui fonctionne sans aucune subvention, suscite l’intérêt des métropoles. Nous sommes, en effet, une société privée dans laquelle les pouvoirs publics peuvent intervenir. Aussi, nous n’excluons pas d’assurer des dessertes locales, qui ne seront pas couvertes par les services régionaux. »
