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Cars de 10 mètres: du haut de gamme, compact et cosy

Entre 10 et 11 m, on trouve finalement peu de cars clairement positionnés « tourisme ». Pénalisés par leur coût à la place, ces cars sont pourtant parfaitement adaptés aux prestations à forte valeur ajoutée, en aménagement VIP pour une vingtaine de personnes, ou en aménagement tourisme en se limitant volontairement à 37 passagers.

Alors que le groupe standard de 50 personnes est volontiers remplacé par des groupes plus réduits ou plus importants, être transporté dans un car à moitié vide donne à certains l’impression désagréable de participer à un voyage qui est un échec commercial. Proposer un car de tourisme de 10 m évite ce phénomène et participe à l’aspect qualitatif de la prestation tout en proposant un « véritable autocar » et non un châssis de VUL soigneusement carrossé. Setra et VDL encadrent leurs gammes tourisme, d’une part, avec un « 10 m » pour offrir une bonne expérience aux groupes de 25 à 37 personnes, et d’autre part, avec un « double-étage » afin d’éviter l’engagement de deux véhicules lorsque 80 sièges ou davantage sont nécessaires.

Une offre réduite

En excluant les minicars (sur base Mercedes Sprinter et Iveco Daily), les midicars (Indcar Next) et les véhicules d’usage mixte (Iveco Crossway, Van Hool EX11L, Scania Interlink), l’offre purement tourisme dans la catégorie « moins de 11 m » est aujourd’hui réduite. Volvo ne propose pas son nouveau 9700 dans cette longueur, mais prend toujours les commandes pour son ancien 9700 en catégorie « 10 m ». Il n’est produit qu’à la demande. Van Hool a délaissé sa gamme Alicron qui comprenait le TX11 de 10,5 m et l’a remplacée par l’EX11H. Comme le Scania Interlink, l’EX11H est issu d’une famille typée ligne plus que tourisme. Nous l’avons abordé dans Bus&Car Connexion nos 1062-1063. Contractée, l’offre tourisme en moins de 11 m comprend essentiellement les Setra S511HD (10,465 m) et VDL FHD2-106 (10,605 m). Le marché total de la catégorie serait de 40 à 50 véhicules par an en France, Setra réalisant environ la moitié des ventes sur cette niche. Et s’il s’agit d’une niche, c’est parce qu’un car de tourisme de 10 m n’est généralement pas utilisé pour assurer des services de ligne en complément de ses prestations touristiques.

Setra leader, VDL challenger

Entre Setra et VDL, le choix est souvent fait d’avance par les autocaristes. Setra fournit des véhicules statutaires, une excellente image ainsi qu’une finition haut de gamme garante d’une bonne tenue dans le temps et d’une valeur de revente élevée, le tout étant proposé à un prix en rapport. Les véhicules Setra sont désormais connectés et profitent à la fois d’une maintenance prédictive et de services favorisant une exploitation optimisée, réunis sous la marque OMNIplus ON. Bref, Setra, c’est top, mais c’est cher, bien que le prix ait ses justifications. Constructeur néerlandais utilisant des moteurs Paccar-DAF et des boîtes ZF, VDL apporte un rapport prestation-prix intéressant.

Dans le détail, on constate que la capacité de mutualisation des développements au sein du groupe Daimler lui permet d’être le premier à intégrer les derniers systèmes de sécurité à ses cars, allant nettement au-delà des exigences réglementaires. Un exemple? Après avoir lancé en juillet 2017 le Sideguard Assist (radar surveillant le côté droit du car) et l’ABA4 (radar anti-collision nettement plus performant que les exigences réglementaires) sur le S531DT, le groupe Daimler a généralisé ces dispositifs sur la série 500 de Setra depuis l’IAA 2018.

Agilité, mais sensibilité au vent latéral

Évidemment, l’atout d’un car compact est sa manœuvrabilité. Le FHD2-106 se distingue du reste de la famille Futura 2 par son porte-à-faux avant ramené à 2,20 m au lieu de 2,70 m sur les autres modèles. Ceci réduit les possibilités d’installation de grands réservoirs. Sa capacité standard est donc de 400 l de gazole. Son environnement de conduite rappelle que VDL achète ses composants chez DAF Components (volant, comodos) et chez ZF (bouton rotatif de la boîte de vitesses). À bord du Setra S511HD, le siège du conducteur pivote vers l’escalier avant. Ainsi, il facilite l’installation au poste de conduite en évitant de dérégler la colonne de direction par relèvement du volant. La rotation du siège limite par ailleurs l’usure de l’assise et participe à la tenue dans le temps de la sellerie. Quant aux individus de forte corpulence, ils apprécieront évidemment de pouvoir s’installer facilement. L’environnement de conduite est « typiquement Daimler » avec un comodo réunissant le contrôle de la boîte Powershift et celui du ralentisseur. Même copieusement lesté pour notre essai, le S511HD se montre agile grâce aux 394 ch de son moteur OM470 de 10,7 l relayé par la boîte automatisée Mercedes GO250-8MPS (Powershift) à 8 rapports, spécialement adaptée aux autocars. La suspension avant est évidemment à roues indépendantes et participe tant au confort vibratoire qu’à la précision de la direction.

Comparé à un car de 13 m, un « 10 m » paraît incroyablement apte à se faufiler partout. Il efface la petite appréhension toujours ressentie lors d’un premier passage par un itinéraire ou par un centre-ville réputé inadapté aux autocars. Pour le chauffeur, le seul bémol est la sensibilité au vent latéral qui peut rendre la conduite fatigante. Sur ce point, nous avons été servis lors de notre essai à grande vitesse sur l’autoroute A13 du S511HD. Daimler dispose déjà de technologies de compensation du vent latéral qui arriveront sur les camions Mercedes Actros en avril prochain, et probablement deux ans plus tard sur la série 500 de Setra. Grâce au régulateur prédictif et malgré le vent, notre essai du S511HD sur autoroute à 100 km/h, sous la pluie et à pleine charge a été sanctionné par une consommation limitée à 19,9 l/100 km malgré le relief de l’itinéraire et les péages intermédiaires.

Le plus petit des Futura 2 se dote d’un régulateur prédictif

Le VDL FHD2-106 est apparu chez les autocaristes en 2016 et est le plus court des Futura 2. Il succède aux précédents VDL-Bova de 10 m après une éclipse de trois ans pendant laquelle le constructeur s’est temporairement désengagé du segment des 10 m. L’étroitesse de celui-ci explique que la réintroduction d’un « 10 m » n’ait pas été prioritaire dans le cadre du déploiement des gammes Euro VI. Chez VDL, la mise à jour en 2018 de la gamme Futura 2 a vu l’introduction de la nouvelle boîte ZF TraXon, plus rapide que l’AS-Tronic et, surtout, compatible avec le régulateur prédictif. Celui-ci est proposé en option par VDL et réduit la consommation de 2 à 3 %. Un autre dispositif maintenant généralisé sur les cars de tourisme est l’abaissement de leurs suspensions à grande vitesse (au-delà de 70 ou de 80 km/h, selon les constructeurs) afin de réduire la consommation. L’évolution 2018 de la gamme VDL a également été marquée par l’arrivée de la nouvelle génération des moteurs Paccar-DAF. Dans le cas du FHD2-106, il s’agit du MX11 en versions 370 ch/1900 Nm, 410 ch/2100 Nm voire 450 ch/2300 Nm. À moins de rouler fréquemment dans des régions à relief prononcé, le bloc de 370 ch est suffisant. En complément du ralentisseur hydraulique ZF Intarder, les Futura 2 actualisés en 2018 reçoivent le frein moteur MX Engine Brake (ou DEB, DAF Engine Brake) dont la puissance de retenue atteint 340 kW entre 1 000 et 1 500 tr/min avec le MX11.

Offrons une expérience haut de gamme à nos passagers

Au maximum, le Setra S511HD accueille 41 passagers et deux guides avec un aménagement incluant des wc. De même, le VDL FHD2-106 peut recevoir 41 passagers, mais seulement un guide. Toutefois, choisir un car de 10 m avec une optique purement capacitaire ne peut se justifier qu’en cas d’utilisation fréquente sur des itinéraires qui imposent un car compact. Et si c’est pour faire de la ligne, autant prendre un Crossway, un EX11 ou un Interlink. Il convient donc de ne pas aménager un S511HD ou un FHD2-106 avec plus de 37 places. Le marché du S511HD, c’est le petit groupe, volontiers VIP. Ce car fait voyager un comité de direction dans une ambiance conviviale, intime, cosy. Les autocaristes clients de ce modèle l’ont bien compris et demandent un haut niveau d’équipement qu’ils valoriseront en proposant un service différenciant. Parmi les caractéristiques exclusives des cars Setra, on trouve le décalage des sièges sur un même rang afin d’améliorer le confort et la vue des passagers installés le long de l’allée centrale. Cet aménagement est disponible sur les modèles des familles ComfortClass (HD) et TopClass (HDH).

Un prix à la place élevé qu’il faudra valoriser par une prestation de qualité

Nos conditions de roulage avec le S511HD ont été défavorables. Malgré cela, le plus petit des Setra ne s’est signalé par aucun sifflement désagréable pour le conducteur ou ses passagers. L’étanchéité des portes est bel et bien un facteur de confort! Sans surprise, un S511HD se négocie aux alentours de 300 000 euros selon sa configuration (sièges en cuir, découpes de peinture, etc.). Son coût au siège est donc élevé, mais ce n’est pas le fond du problème pour la catégorie d’utilisation visée.

Chez VDL, le tarif du FHD2-106 est de l’ordre de 250 000 euros. Un compromis intéressant est obtenu en configuration 35+1+1 avec wc, avec deux tables (donc deux groupes de quatre places en vis-à-vis) et une finition VIP (surcoussinage, etc.). Les wc réduisent le volume de la soute à 5,1 m3 sur le FHD2-106 dont la seconde porte se trouve toujours dans l’empattement. La liberté d’aménagement est plus grande chez Setra. La seconde porte du S511HD peut être placée, au choix, dans le porte-à-faux arrière ou dans l’empattement. Cela détermine la capacité de la soute, comprise entre 6,5 m3 et 8 m3.

Alors, le « 10 m » est-il incontournable?

À celui qui cherche un « petit car », rappelons qu’aujourd’hui un car de 12 m, c’est presque un petit car! Il peut donc être pertinent de choisir un car de 12 m pour transporter des petits groupes avec un niveau de prestation enviable (sellerie de luxe, espacement important entre les sièges, etc.). Cette démarche contribue à bonifier l’image du voyage en autocar qui souffre souvent, et notamment en France, d’une volonté de tout miser sur la capacité au détriment d’une certaine qualité perçue. Le segment 12 m se caractérise par un choix abondant puisque tous les acteurs du marché y sont représentés. Considérant cela, il faut justifier son choix d’un car de 10 m. Et cette justification est la volonté de proposer du haut de gamme à de petits groupes. La rareté des « 10 m » permettra également à un transporteur de se distinguer face à ses concurrents sur sa zone de chalandise.

Et finalement, un « 10 m » dans votre flotte, oui ou non?

Comme un double-étage, un car de 10 m ne se justifie que si l’on dispose déjà de la clientèle adaptée ou si l’on sent qu’il pourrait susciter une demande nouvelle. Tout ceci nécessite une certaine capacité à prévoir l’activité future. Au contact des autocaristes, on constate le décalage entre la région parisienne et la province. À Paris, les professionnels du tourisme ne savent pas ce qu’ils feront le lendemain alors qu’en province, la visibilité sur l’activité est bien meilleure.

Le car compact, une tradition chez Setra

Depuis le S6 de la « série zéro » suivi par le S80 de la « série 100 », la tradition du car compact se perpétue aujourd’hui chez Setra avec le S511HD de la « série 500 ».

Basée à Ulm, la Kässbohrer Fahrzeugwerke fondée en 1893 par Karl Kässbohrer (1864-1922) a pour activité la construction de véhicules hippomobiles, puis de wagons à partir de 1897. Son activité de carrosserie automobile démarre en 1907 et s’applique aux cars et bus depuis 1910. L’entreprise réalise sa première caisse autoportante en 1928. Concernant d’abord les voitures, cette technique novatrice est transposée aux autocars à partir de 1951. Cette année-là Kässbohrer présente le S8 au salon de Francfort et crée pour ce modèle la marque Setra, contraction de « Selbsttragend », c’est-à-dire « autoportant ». Ceci étant, Kässbohrer n’est pas l’inventeur de l’autocar autoportant. Celui-ci trouve son origine chez Gar Wood aux États-Unis dans les années 1930.

En mars 1955, Kässbohrer révèle au salon de Genève un car compact, le Setra S6. Son innovation la plus marquante est invisible, mais rompt avec la tradition: ses roues avant et arrière sont à suspensions indépendantes!

À cela s’ajoutent une carrosserie extérieure en aluminium et des voussoirs en plexiglas. Successeur du S6, le S80 fait partie de la « série 100 » apparue en 1967. Les séries 200, 300, 400 et 500 sont lancées respectivement en 1976, 1991, 2001 et 2012 avec des périodes de transition qui voient la cohabitation au catalogue de deux familles successives. Au sein de celles-ci, la tradition du car compact est entretenue par les S208HM (S208HA en version étroite), S309HD, S411HD et aujourd’hui, S511HD. Ce dernier fit sa première apparition publique lors de l’IAA 2014.

Auteur

  • Loïc Fieux
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