L’entretien de la climatisation n’est pas une mince affaire. Pour respecter une réglementation de plus en plus stricte et garder la tête froide, une solution s’impose: savoir déléguer.
Il y a des éléments dans les autocars ou autobus pour lesquels le bidouillage en atelier est proscrit. C’est le cas de la climatisation. La démocratisation de cet équipement s’est accompagnée d’un durcissement de la réglementation concernant son entretien. “Dans la mouvance du développement durable et de la protection de l’environnement, l’Union européenne a décidé de contraindre considérablement les conditions de manipulation des fluides frigorigènes. Ce n’est désormais faisable que par des entreprises qualifiées et habilitées par la préfecture”, explique Guillaume Planques, directeur de Clim Assistance.
Il aura pourtant fallu six ans de discussions et de débats pour que le Conseil d’État approuve ce fameux règlement 2037 / 2000, qui couvre toute l’activité liée aux équipements d’air conditionné. Il concerne les systèmes de climatisation des véhicules, régule leur mise en service, leur entretien, leur contrôle d’étanchéité périodique, leur réparation, leur démantèlement et leur charge.
Désormais, pour être à même d’intervenir sur une climatisation, il faut être un opérateur agréé, titulaire d’une attestation de capacité “fluides frigorigènes”. Celle-ci est délivrée pour cinq ans par un organisme lui aussi agréé. Ces opérateurs ont diverses obligations: employer des intervenants en tout points compétents, utiliser l’outillage adéquat, produire une déclaration annuelle des quantités de fluide, subir un audit sur site dans la période de cinq ans et un audit annuel documentaire pour les déclarations de quantités. “L’entretien des systèmes de climatisation ne pourra plus s’improviser et sort définitivement des mains des ateliers intégrés. D’autant que pour acheter du fluide, il faut désormais être titulaire de l’attestation de capacité. Cela va favoriser le développement de l’externalisation de la maintenance”, assure Guillaume Planques.
La prédiction n’est pas inintéressée. L’externalisation de la maintenance de la climatisation des autocars et des autobus est le credo de Clim Assistance. Qui dispose d’une structure unique en France avec une équipe de 25 techniciens itinérants. L’entreprise a également mis en place un système de contrat de maintenance annuel affilié à un véhicule. “C’est une formule intéressante pour les transporteurs qui n’ont dès lors plus à se soucier de leur équipement. Outre les opérations préventives, nous assurons des interventions rapides en cas de panne. Nous avons même signé un contrat avec Volvo Bus France, qui prévoit que leurs véhicules neufs sont vendus avec un contrat Clim Assistance inclus.”
Concrètement, le contrat comprend toutes les opérations indispensables à la bonne santé d’un système de climatisation: la vidange du compresseur, le traçage et la recherche de fuite, le changement des déshydrateurs, les contrôles de sécurité, l’obligatoire contrôle annuel d’étanchéité, l’appoint en gaz, etc. “Nous travaillons avec tous les fabricants de climatisation. Nous avons même passé un accord avec Carrier Sutrak pour devenir leur service après-vente.”
Malgré son succès, qui lui a permis d’installer un technicien en Suisse et au Portugal, la formule de Clim Assistance n’a pas été reprise. “Je pense que nous avons pris trop d’avance pour être imité. L’investissement est important, nous l’avons fait en plusieurs années.” Le jeune chef d’entreprise estime également que la “faute” en revient aux fabricants de climatisation eux-mêmes. “Ils ont privilégié la vente sans réellement penser au SAV. Alors que la climatisation nécessite un entretien régulier et que les pannes sont très dommageables, notamment sur le plan commercial.” L’autre alternative pour entretenir sa climatisation est de se rapprocher du réseau de concessionnaires d’un constructeur ou de celui du fabricant du système. Mais dans ce cas, l’autocar s’externalise avec la maintenance.
