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Jean-Sébastien Barrault, président d’Optile

Concurrence: « Il doit y avoir équité de traitement entre Optile et la RATP »

Optile rassemble l’ensemble des entreprises privées de transport de voyageurs d’Île-de-France, qui desservent 90 % des communes de la région, représentant 6 millions de Franciliens. Elles regroupent plus de 10 000 salariés, dont 7 874 conducteurs et plus de 5 200 autobus et autocars. Optile compte parmi ses membres aussi bien des grands groupes comme Transdev, Keolis ou RATP Dev, que des entreprises familiales. Président d’Optile depuis 2015, Jean-Sébastien Barrault est président du groupe Lacroix, situé dans le Val-d’Oise. Il est également président de la Fédération nationale du transport de voyageurs (FNTV) depuis décembre 2017.

Bus&Car Connexion. L’ouverture à la concurrence se prépare pour les entreprises adhérentes d’Optile. Avez-vous obtenu des garanties concernant le calendrier, les transferts de personnels, et la mise à disposition des dépôts?

Jean-Sébastien Barrault. Je suis tout à fait favorable à l’ouverture à la concurrence, si cette dernière se fait de manière équitable entre les différents opérateurs. C’est pourquoi les entreprises adhérentes d’Optile affirment n’avoir pas renoncé à leur droit de transport de façon anticipée. Selon la loi ORTF, votée en 2009, l’ouverture à la concurrence est prévue au 31 décembre 2024 pour les bus et cars d’Île-de-France et nous n’avons jamais accepté d’être mis en concurrence avant cette échéance.

Optile a donc effectué en janvier un recours gracieux auprès de la présidente d’IDFM, Madame Valérie Pécresse. Nous lui avons adressé ce recours, resté sans réponse à ce jour.

Depuis, Île-de-France Mobilités a adopté lors de son conseil d’administration du 14 février une délibération visant à lancer l’ouverture à la concurrence sur quatre premiers réseaux de grande couronne. Nous allons naturellement attaquer cette décision. De plus, ce calendrier ne nous semble pas raisonnable car il est absolument indispensable de traiter en amont les problématiques du rachat par Île-de-France Mobilités des dépôts de bus, et des conditions de transfert des personnels.

BCC. Comment les transporteurs adhérents d’Optile se préparent-ils aux contraintes liées à la loi sur la transition énergétique? Rencontrent-ils tous les mêmes problématiques? Les procédures d’accompagnement sont-elles suffisantes?

J.-S. B. L’ensemble des entreprises Optile travaillent étroitement avec Île-de-France Mobilités afin d’expérimenter les nouvelles solutions, électriques ou au gaz. Des carburants alternatifs au diesel comme le GTL et le HVO vont être également testés prochainement. Grâce aux retours d’expériences sur les différentes technologies, les travaux se poursuivent concernant l’aménagement des dépôts.

Enfin, Île-de-France Mobilités projette d’acquérir plusieurs centaines de véhicules via la Centrale d’achat du transport public, qui seront ensuite mis à la disposition des opérateurs.

BCC. Comment travaillez-vous avec Île-de-France Mobilités sur l’évolution de la billettique? Comment vont évoluer les systèmes de collecte et de valorisation des données voyageurs?

J.-S. B. Optile participe à l’équipe de projet mise en place par Île-de-France Mobilités pour travailler sur ce sujet. Un appel d’offres a été lancé par le GIE Comutitres, qui exploite le système actuel pour le compte de ses membres. Le futur système de valorisation des données sera lui aussi exploité par le GIE Comutitres. Ces données sont particulièrement importantes puisque les entreprises sont rémunérées sur la base des validations effectives depuis les nouveaux contrats établis début 2017 avec l’autorité organisatrice.

BCC. En matière de sécurité, Île-de-France Mobilités prépare la mise en place d’un centre unique de coordination pour 2019. Optile n’y sera pas intégré. Quelles sont les dispositions de sécurité mises en œuvre sur les lignes exploitées par les adhérents Optile?

J.-S. B. Optile est déjà présent au centre de coordination actuel et sera naturellement présent dans le nouveau centre de coordination. Optile travaille, au sein de ce centre, avec les PC des entreprises adhérentes. Beaucoup a déjà été fait grâce au soutien de l’autorité organisatrice. Aujourd’hui, plus de 90 % des véhicules du réseau Optile sont équipés de vidéoprotection, et ce chiffre passera à 100 % courant 2018. Nous employons également plus de 400 agents d’ambiance et de médiation, déployés sur les lignes et dans les stations. Enfin, les entreprises adhérentes d’Optile procèdent aux recrutements de leurs premiers agents de sécurité, conformément aux dispositions de la loi Savary. Les retours d’expérience et les échanges sont nombreux sur ce sujet au sein même d’Optile. 50 agents ont déjà été recrutés, et ils seront 200 d’ici à la fin 2020.

Billettique: une gestion commune

Créé en 2000, le Groupement d’intérêt économique (GIE) Comutitres assure la gestion opérationnelle des titres de transport Navigo en région Île-de-France, pour le compte des transporteurs RATP, SNCF et Optile. Il effectue diverses missions liées à la relation client, au travers de contrats de prestations: souscription aux forfaits imagine R et Navigo Annuel, personnalisation des passes Navigo sans contact, service après-vente, traitement des réclamations, gestion financière des forfaits de transport. Le nombre de clients gérés par Comutitres est passé de 350 000 en 2001 à plus de 3 millions aujourd’hui.

Quatre réseaux ouverts à la concurrence

Après le prolongement obtenu en 2017 par les entreprises adhérentes d’Optile, il semble donc que l’Autorité organisatrice régionale, Île-de-France Mobilités, ait décidé d’ouvrir à la concurrence un certain nombre de réseaux de bus à partir de 2021.

Le 14 février dernier, le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités se prononçait en faveur d’une ouverture à la concurrence pour trois réseaux de bus de grande couronne: Sénart, Mantes et les Lignes Express Grand Ouest. En outre, l’Autorité organisatrice a décidé de lancer un appel d’offres en vue d’une délégation de service public pour l’exploitation du futur tramway T9, qui reliera Paris à Orly en 2020, ainsi que pour le réseau de bus Bord de l’eau. Ce réseau de bus, jusqu’ici opéré par Keolis, dessert neuf communes situées à la frontière de l’Essonne et du Val-de-Marne.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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